Mali: arrestation d’un ancien cadre du pouvoir accusé d’avoir armé des membres de l’opposition

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Bamako, 27 août 2018 (AFP) - Un ancien cadre de la majorité au Mali
soupçonné d'avoir "armé des jeunes" avant une manifestation de l'opposition a
été interpellé dimanche soir à son domicile de Bamako, a-t-on appris lundi de
source sécuritaire et auprès de l'opposition, qui dénonce un "règlement de
comptes" post-électoral.
"Il est reproché à Paul Boro d'avoir armé un groupe de jeunes qui devaient
tirer sur les forces de l'ordre lors de la marche organisée par l'opposition
samedi", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire. "C'est pour cela qu'il a
été arrêté, pour les besoins de l'enquête", a ajouté cette source sans
préciser quel service avait procédé à son interpellation.
La manifestation de l'opposition, qui a rassemblé samedi plusieurs milliers
de personnes, s'est déroulée sans incident, selon les autorités.
Paul Boro, ancien secrétaire-général de section du Rassemblement pour le
Mali (RPM) du président réélu Ibrahim Boubacar Keïta et ex-directeur du palais
des Congrès de Bamako, est le vice-président du Mouvement Mali Kanu dirigé par
le haut fonctionnaire international Modibo Koné. Celui-ci, après s'être
présenté au premier tour, a ensuite rallié le camp de M. Keïta tandis que M.
Boro soutenait son adversaire, Soumaïla Cissé.
Une "dizaine de véhicules banalisés" ont surgi dimanche soir et des gens
"encagoulés" ont "défoncé la porte de sa maison au prétexte que des armes y
seraient cachées", lui ont passé les menottes devant sa femme et ses enfants
et l'ont emmené vers une destination inconnue, a expliqué à l'AFP un membre de
son entourage.
"C'est un enlèvement. Leur manière de faire, sans le mandat d'un procureur,
est une violation (du droit). Nous avons fait le tour des commissariats et des
prisons mais c'est après que nous avons appris qu'il était en détention dans
un lieu secret aux environs de Bamako", a déclaré à l'AFP une conseillère de
Soumaïla Cissé, Diakité Kadidia Fofana, en qualifiant de "mensonges" les
accusations portées contre M. Boro.
"C'est un règlement de compte politique. Il a démissionné du RPM. On veut
lui faire payer le fait qu'il n'a pas suivi Modibo Koné dans son soutien à
IBK", a ajouté Mme Fofana.
La cour constitutionnelle malienne a confirmé le 20 août la victoire de M.
Keïta mais M. Cissé, qui accuse le pouvoir d'avoir organisé une fraude
massive, n'a pas reconnu sa défaite et continue appeler à la "mobilisation".
str-siu/mrb/jh

Source : aBamako

aBamako

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