Nord du Mali : MSF fournit des soins médicaux immédiats aux personnes épuisées et traumatisées après l’attaque du village de Tindinbawen

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Les populations civiles au nord du Mali subissent des actes de violence depuis le début de la crise en 2012. Les habitants de Tidinbawen ont fui les violences pour trouver refuge dans le village de Tina Hama dans le cercle d’Ansongo. Des familles entières, notamment les enfants et les femmes enceintes, se trouvent dans un besoin sanitaire important. Sur place, l’équipe de Médecins Sans Frontières (MSF) a apporté les premiers secours aux personnes déplacées.

27 juillet dernier dans le cercle d’Ansongo, 347 personnes ont été obligées de fuir le village Tidinbawen, suite aux attaques des groupes armées dont elles ont été victimes. Plusieurs personnes sont tuées et 80 familles se sont déplacées principalement dans le village de Tin Hama. «Les personnes avec qui nous avons échangé nous ont rapporté que les assaillants ont fait irruption dans le village, qu’ils ont brûlé les maisons et rassemblé un nombre d’hommes pour les exécuter de suite. La population n’avait plus le choix que de fuir pour se mettre à l’abri dans les villages environnants » explique Rodrigue Nganaboy, coordinateur terrain de MSF à Ansongo.

Selon lui, les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées ont dû marcher 80 km à pied. « Ils étaient épuisés et ont manqué d’eau, de nourriture et ont subi de forte tempête au cours de leur déplacement ».

MSF a envoyé une équipe sur place pour évaluer les besoins des populations. Nos hommes ont été très touchés par ce qu’ils ont constaté. «Les conditions de vie des familles étaient déplorables : l’accès à l’eau et la nourriture est limité, elles n’ont aucun matériel de ménage et d’hygiène, pas de dortoir, ni de moustiquaire. Aucun enfant n’a été vacciné auparavant et les femmes enceintes n’ont bénéficié d’aucune prise en charge.» raconte Rodrigue Nganaboy.

A part quelques donations en vivres des populations locales, les personnes déplacées à Tina Hama sont privées de toute aide.

30 juillet dernier, après une évaluation de la situation, MSF a décidé d’intervenir en offrant un paquet de soins de santé aux personnes déplacées. 80 ménages et 347 personnes ont été recensés par nos équipes. Avec le support du ministère de la Santé, MSF a vacciné, le 8 août dernier, 97 enfants contre la rougeole et les maladies infantiles les plus mortelles : 32 enfants de moins de 5 ans et 65 enfants âgés de plus de 5 ans ont été immunisés. « Pour éviter que les cas d’épidémie puissent surgir parmi ces populations, nous avons priorisé, en collaboration avec le ministère de la santé, une campagne de vaccination pour immuniser les enfants contre les maladies les plus dangereuses.» déclare Rodrigue.

103 personnes ont bénéficié d’une prise en charge en santé mentale à travers les activités psycho-éducatives aminées par nos équipes. Les personnes ont été très marquées par ce qui leur est arrivé et ne veulent plus retourner dans leur village «Trois veuves qui ont bénéficié d’une consultation individuelle nous ont raconté comment leurs maris ont été exécutés sommairement par les assaillants. Ils ont été interpelés, rassemblés et tués sur le champ.» rapporte Rodrigue.

MSF a aussi procédé à la distribution des kits non-alimentaires composés de plusieurs articles dont des moustiquaires, des nattes, des assiettes, des pagnes, des casseroles et plein d’autres articles aux familles déplacées.

Cependant, les besoins en vivres de ces déplacés demeurent préoccupants. Un risque de malnutrition n’est pas à écarter si ces populations n’ont pas accès à l’aide alimentaire dans les prochains jours. « Ces déplacés vivent grâce aux soutiens en vivres des populations locales. Mais nous pensons que ces soutiens ne vont pas durer, car elles ont aussi des limites. Nous craignons un risque de malnutrition dans les jours à venir » s’inquiète Rodrigue.

Depuis 2012, à Ansongo, MSF soutient les différents services de l’hôpital de référence: consultations ambulatoires, soins d’urgences et hospitalisation, chirurgie, santé maternelle, traitement des maladies chroniques, nutrition, néonatologie et pédiatrie. Par ailleurs, les victimes de violences, dont les victimes de violences sexuelles, sont prises en charge et bénéficient d’un soutien psychologique. L’organisation assure les références des patients de la communauté vers les centres de santés communautaires ainsi que les évacuations des cas graves vers l´hôpital de Gao.

Médecins Sans Frontières est une organisation humanitaire médicale neutre, impartiale et indépendante qui apporte son aide aux populations en situation d’urgence sans discrimination de race, de religions, d’origine ou d’appartenance politique.

Source : aBamako

aBamako

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