Présidentielles maliennes : Les raisons du revirement de la France et alliés

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Des messages de félicitations émanant de la France et alliés ont commencé à pleuvoir avant la proclamation définitive des résultats par la Cour Constitutionnelle. Une attitude jugée attentatoire à la démocratie et au Peuple malien. Mais que s’est-il réellement passé ? A l’origine se trouve…A une vidéo !

Soit-dit en passant, la défenseure auto-proclamée de la souveraineté, à savoir la Présidente de la Cour Constitutionnelle n’a pas daigné évoquer ici l’indépendance et la souveraineté de son Institution face aux messages de félicitation avant l’heure. La preuve qu’il s’agit d’une justice à deux vitesses !

En tout état de cause, la France et toute la Communauté internationale étaient, quelques heures auparavant, profondément attachées à la transparence et à la moralité du scrutin présidentiel malien. Elles ont été, à la surprise générale, les premiers à fouler les principes de justice et d’équité en confirmant avant l’heure les résultats provisoires de l’Administration et annihilant du coup, les éventuelles requêtes de l’autre candidat. Pour tout dire, elles ont proclamé les résultats définitifs avant la Cour Constitutionnelle du Mali et la présidente Manassa Danioko a gardé un silence plutôt impudique, elle qui, pourtant…, enfin, passons !

Une vidéo
Derrière cette proclamation, que dis-je, cette consécration, se cache l’affaire Sophie Pétronin, la dernière et seule otage française du monde détenue actuellement par la principale alliance Jihadiste au Sahel alliée à Al-Qaïda, le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans d’Iyad Ag Ghaly. Il s’agit de Sophie Pétronin présidente de l’Association d’aide à Gao enlevée en 2016.

Une affaire qui fait en ce moment grand bruit en France et coupe le sommeil au Président Emmanuel Macron. La famille de l’otage et son comité de soutien mènent en effet des actions d’envergure contraignant le gouvernement français visant selon eux, à «sensibiliser le grand public ».

C’est dans ce contexte que le 14 Aout, soit 48 heures après le scrutin malien, le «Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans» qui détient l’otage en question a diffusé une vidéo dans laquelle elle apparait. Dans cet enregistrement d’environ sept minutes, Sophie Pétronin s’adresse au gouvernement français, puis au président Emmanuel Macron, en indiquant que la date d’enregistrement de cette vidéo est le 7 juin 2018.

Il n’en fallait pas plus pour les clubs de soutien de relancer le débat. Et quelques jours plus tard, à la veille du voyage du président malien à Nouakchott, Agnès Von der Muhli, porte-parole du Quai d’Orsay, affirmait «la détermination des autorités françaises à obtenir une solution favorable qui doit aboutir à la libération de l’otage». En clair, les dés étaient déjà pipés.

Tant pis pour la morale : la carte IBK permettait à la France de faire d’une pierre, deux, voire trois coups. Et pour cause.

Ce n’est un secret pour personne : Nouakchott abrite les derniers lieutenants de Ben Laden autant les barons de la CMA. Aussi, Al Qaïda est affilié au groupe d’Iyad Ag Aghaly qui détient l’otage. Enfin, Nouakchott est très proche d’Alger. Bref, les raisons d’une visite en Mauritanie pour un Président malien ne manquent pas. Et dans ce contexte précis, IBK était l’homme de la situation pour la France surtout pour Emmanuel Macron lequel, prépare dès à présent sa réélection tout comme le président mauritanien aspire à un 3ème mandat dans son pays. Pour ces deux présidents, IBK est véritablement l’homme de la situation.

Il faudra donc s’attendre à voir libre dans les jours à venir, le dernier otage français du Monde. Mais à quel prix pour le Mali ?

B.S. Diarra

Source : aBamako

aBamako

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