Mali: la valse des hors-la-loi

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La plupart de ceux qui se sont battus pour le maintien de la Constitution de 1992 sont en train de la violer allègrement sous nos yeux. Malgré le vote sans équivoque du peuple malien, Soumaïla Cissé a fait le choix de devenir rebelle à la Constitution et aux lois du Mali en s’autoproclamant président, manifestant ainsi son mépris profond pour la démocratie et le suffrage universel. Cette défiance doit- elle rester impunie ?

Jamais de mémoire de maliens, ni même d’africains, une élection n’a été autant suivie et observée ! Les observateurs nationaux et internationaux ont reconnu de façon unanime que, nonobstant quelques erreurs de procédure, il n’y a pas eu de fraudes massives pouvant mettre en doute la crédibilité du scrutin ; mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre. Après avoir d’abord misé sur le report de l’élection présidentielle et l’instauration d’une transition politique, première étape d’un putsch savamment conçu pour écarter IBK du pouvoir, Soumaïla Cissé a dû se résoudre à aller au charbon devant la détermination et le professionnalisme du Gouvernement. Entouré d’opportunistes et de va- t- en guerre, il a fêté sa victoire avant l’heure, les yeux rivés sur les activistes, les réseaux sociaux et la science de ses « experts en technologie électorale » qu’il considère comme une arme fatale. Naturellement, tout le monde voyait clair dans le jeu à part lui et il a été contré sèchement. A présent dépité et désorienté, il veut créer le chaos, soutenu par les « missi dominici » d’anciens politiciens en perte de vitesse, qui annoncent sous IBK des troubles qu’ils n’ont pas su éteindre lorsqu’ils étaient aux affaires. Personne ne reprendra le Mali et ses populations en otages.

Les autorités coutumières et religieuses, les associations de la société civile sont montées au créneau pour appeler au calme, des chefs d’Etat étrangers et des institutions internationales ont félicité le président élu qui en a profité pour tendre la main au perdant mais, celui-ci aveuglé par sa folie du pouvoir n’en a cure. Comment lui qui n’a pas réussi à unir l’opposition pour la conduire au second tour, peut-il espérer manipuler la majorité des maliens contre IBK ? Et c’est fuir le débat et se dédouaner à bon compte que de parler de bras de fer car IBK et lui ne boxent plus dans la même catégorie. En effet, il ne saurait y avoir de bras de fer après la décision définitive rendue par la Cour Constitutionnelle. Soumaïla Cissé a choisi le camp de la rébellion contre l’ordre établi et il faut le remettre à sa place. Ce n’est pas IBK qu’il est en train de défier mais le peuple malien et les institutions que ce peuple s’est librement données. Force doit rester à la loi ! S’il ne recouvre pas ses esprits rapidement après une défaite qui a pu être traumatisante pour lui, il devra affronter la loi dans toute sa rigueur. Dura lex sed lex. I

Ceux qui ne respectent pas l’ordre établi sont des hors-la-loi qui doivent être traités comme tels. Il est inacceptable qu’un parlementaire du rang de Soumaïla Cissé jette l’anathème sur les institutions du pays. On a attendu en vain ses propositions pour sortir le Mali de la crise, qu’il ne vienne donc pas en rajouter. Les maliens sont fatigués de la violence. La patience humaine a des limites. A bon entendeur !

Mahamadou Camara
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Source : aBamako

aBamako

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