Soumi après la marche de l’opposition contre la réélection d’IBK: ‘’la Communauté internationale est en grande partie complice de la situation’’

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L’opposition a déclaré ne plus reconnaître le président Ibrahim Boubacar Keita, à partir du 4 septembre et ce, malgré l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui valide son ticket pour les cinq ans à venir. C’était en marge de sa marche pacifique de protestation des résultats définitifs.

La manifestation, 3e du genre après la proclamation des résultats définitifs, est partie de la Place de la Liberté à la Bourse du travail. En plus du rejet de ce résultats, les marcheurs, avec à leur tête les principaux leaders de la contestation Soumaïla Cissé, Mountaga Tall, Choguel Kokalla Maiga, Dramane Dembélé, Mohamed Ali Bathily, réclamaient la libération de Moussa Kimbiri et de Paul Ismaël Boro. Il pèse contre ces deux individus de forts soupçons d’avoir armé des jeunes. L’un des messages forts de la manifestation est la non-reconnaissance du président Ibrahim Boubacar Kéita à partir de demain. Constitutionnellement, son premier mandat prend fin à cette date. Et pour l’opposition, le Mali sera plongé dans un vide constitutionnel à partir de ce 4 septembre, date à laquelle le président IBK doit prêter serment.
Après plus de trente minutes de marche, des responsables politiques, des membres de la société civile affichés aux côtés de l’opposition malienne ont, à tour de rôle, donné leur impression sur la présidentielle et l’arrestation de Moussa Kimbiri et de Paul Ismaël Boro qui sont détenus au Camp I de Bamako. La femme de Paul Boro, qui était également de la manifestation tenant une photo de son époux, a remercié la forte mobilisation des marcheurs, estimés à des milliers de personnes, pour soutenir son époux. Mme Boro Fatoumata Tall, la fille du candidat Mountaga Tall, les larmes aux yeux, a affirmé qu’aucune « arme n’a été trouvée dans leur domicile ». Selon elle, «l’arrestation de mon mari est un complot et un mensonge grotesque pour ternir son image et de se venger de lui».
A sa suite, tous les intervenants ont déploré l’arrestation extrajudiciaire des deux hommes qui est une violation, qualifient-ils, très grave des textes de la république et du fonctionnement de la démocratie.
« Les Maliens ont payé le prix fort de leur vie pour que le droit de chaque citoyen soit respecté. Hélas le régime d’IBK est en train de fouler au pied ce principe de la démocratie chèrement acquis », a déploré Mountaga Tall debout près de sa fille.
Toujours sur le sujet, le candidat Soumaïla Cissé a expliqué que Paul et Moussa sont détenus après le délai légal de garde à vue. Selon lui, cela est une violation qu’un régime soucieux du respect de ses textes ne saurait commettre.
« Paul Boro et Moussa Kimbiri ont entamé aujourd’hui (NDLR avant-hier 1er septembre) une grève de la faim pour exiger le respect de leurs droits. Après le délai légal de la garde à vue, ils doivent être relâchés ou déférés à la prison pour l’ouverture d’un procès », a indiqué le chef de l’opposition, toujours convaincu qu’il est président de la république.
Ensuite, il a souligné que la forte mobilisation des Maliens à Bamako, à l’intérieur du pays et à l’étranger est la preuve que l’élection a été truquée, en soutenant que « tout un peuple ne peut pas se tromper en même temps ». C’est pourquoi, il invite la Communauté internationale à faire « attention à la colère du peuple ». A entendre Soumaïla Cissé, la Communauté internationale est en grande partie complice de la situation.
De son côté, l’ancien ministre de la justice, Mohamed Ali Bathily, a affirmé porter plainte contre les membres de la Cour constitutionnelle auprès de la Cour suprême pour avoir violé et torpillé les textes du pays, en faveur du candidat Ibrahim Boubacar Kéita. Avocat et candidat malheureux du 1er tour, M. Bathily accuse également l’Institution d’être complice du régime en autorisant notamment « le vote illimité par procuration ». Cette décision jure avec la loi électorale qui règlemente le vote par procuration, soutient-il.
« C’est pourquoi avant cette action, j’avais demandé la démission de la présidente de la Cour afin qu’elle puisse sortir par la grande porte. J’espère que le président de la Cour suprême ne va commettre les mêmes erreurs en examinant ma plainte », a indiqué le candidat Mohamed Ali Bathily.
Auparavant, en langue bambara, il a traité la présidente de la Cour de tous les noms, avant de lancer la possibilité d’observer de la désobéissance civile.
« On obéit à une institution qui respecte la loi. On se soumet à la décision d’une institution qui est en phase avec la loi. Les textes nous permettent de faire de la désobéissance civile si des institutions n’agissent pas convenablement », a soutenu M. Bathily.
Pour beaucoup, à l’instar de Ras Bath, IBK a été nommé et non élu. Aussi, est-il le président de la Communauté internationale et non celui choisi par le peuple malien dans sa majorité.
« IBK est un président mal élu. Son élection a été une mascarade électorale et a déçu tout le peuple malien. La Communauté internationale a été complice de ce complot électoral, de ce coup d’état électoral. Elle a déçu pour avoir accepté la violation des principes de la démocratie », a déclaré le porte-parole du Collectif pour la défense de la république (CDR).

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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