Tiébilé Dramé, porte-parole de “Ensemble restaurons l’espoir” «Notre combat s’arrêtera lorsque Soumaïla sera président de la République »

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Election-gouvernance
Des marcheurs dénoncent un recul de la démocratie malienne
Des arrestations extrajudiciaires aux résultats de la présidentielle, les marcheurs ont dénoncé les atteintes aux valeurs démocratiques. Partis politiques, leaders religieux ont exprimé leur détermination à porter un coup d’arrêt à ce qu’ils considèrent comme un recul de la démocratie et des droits de l’Homme.
Tiébilé Dramé, porte-parole de “Ensemble restaurons l’espoir”
«Notre combat s’arrêtera lorsque Soumaïla sera président de la République »
« Vous avez dit non, vous avez rejeté que votre vote soit transformé. Ce que nous demandons aux autorités est d’écouter cette foule qui est sortie, la même foule qui est à Nioro, à Ségou, qui est partout au Mali et à l’extérieur. Vu la nature des personnalités présentes, il est évident que ce n’est plus la cause de la coalition seule, ce n’est pas non plus la cause de la plateforme. Il ne s’agit plus de Soumaïla seul. C’est pour notre démocratie. Si nous disons qu’il ne s’agit plus de Soumaila seul, cela veut dire que notre base s’est élargie, beaucoup de personnes nous ont rejoint. Notre combat s’arrêtera lorsque Soumaïla sera président de la République. C’est ce que nous voulons. Vous n’êtes plus seuls à mener ce combat. Le Cherif de Nioro, Mohamed Ould Cheickna a son envoyé spécial ici. Choguel Maïga est ici, Moutaga Tall est ici, Mohamed Aly Bathily est là, Konimba Sidibé est ici, Dramane Dembelé est ici. Nos leaders d’opinion sont là, Mohamed Youssouf Bathily- Ras Bath) est là »
Représentant de Bouyé Haïdara
« Bouyé n’accepte pas que l’élection soit truquée au Mali »
« Hommes et femmes du Mali, jeunes et vieux. Bouyé est content de vous aujourd’hui. Il est content puisque vous avez marché samedi passé sans briser une seule brindille. Aujourd’hui samedi le nombre des marcheurs a augmenté, il n’a pas diminué. Cela prouve que vous êtes des bons citoyens, que ceux que vous suivez sont des bâtisseurs et non des destructeurs. Ce qu’il vous dit est que même demain matin il ne supporte pas IBK parce qu’il n’est pas élu conformément au droit. En 2013, les gens ont voté IBK et il n’y a pas eu de contestations. Cette fois-ci les gens contestent, cela prouve qu’ils ne l’ont pas voté. S’ils l’avaient voté ils n’allaient pas contester. Ils ne l’ont pas voté, il n’est pas sur le droit chemin. Restez mobilisés ; il vous soutient. L’élection n’a pas été bien organisée ; on n’accepte pas que l’élection soit truquée au Mali. Bouyé remercie les forces de sécurité qui nous ont escortés de Nioro à ici la semaine passée. Ils nous ont escortés aussi en venant cette fois-ci. Il rappelle que les forces de sécurité sont des fils du Mali. Il s’agit de l’intérêt du Mali, que chacun fasse de son mieux ! Il s’agit du Mali et non d’une personne que chacun fasse de son mieux !».
Foutoumata Tall dite Mah, l’épouse de Paul Ismaël Boro
« Mon mari est entre leurs mains, il n’a rien fait »
«Mon mari est entre leurs mains, il n’a rien fait. Tout le monde a su sur les réseaux sociaux la façon dont il a été arrêté. Il n’a rien fait ; il n’y a eu aucune arme dans notre domicile. Le jeune qu’ils ont soudoyé a été amené à la police. Il a déclaré que Paul ne lui a pas donné un fusil, que c’est une autre personne qui lui a donné l’arme à feu pour accuser Paul. Mais ce qui m’étonne dans tout ça, le jeune homme circule librement alors que Paul et Kimbiri sont en détention. Comment comprendre cela dans ce pays ? Je demande à tout le monde de prier pour que mon mari soit libéré, il n’a rien fait…»

Mountaga Tall, candidat à la présidentielle
« S’il n’avait pas été enlevé, le journaliste Birama Touré serait parmi nous aujourd’hui »
« Je fais un rappel. La démocratie n’est pas venue au Mali par hasard. On obtient la démocratie dans la difficulté. Et l’arbre de la démocratie a été planté ici avec des gens comme vous. La démocratie, c’est un arbre qu’il faut arroser et il faut couper les branches qui ont tendance à s’assécher. La démocratie, c’est comme un enfant ; lorsque cet enfant dévie tu l’orientes. Cette démocratie a deux grands piliers. Le premier est qu’on ne choisit pas par force un dirigeant, c’est celui que le peuple aime qui est choisi. Le second principe de la démocratie est que tous les citoyens, riches et pauvres, jeunes et vieux que l’on respecte les droits de tout le monde. Aujourd’hui, que constatons-nous ? Récemment, qu’est-ce qui n’a pas été fait ? Je fais un petit rappel. S’il n’avait pas été enlevé- je ne sais pas s’il est en vie ou pas- le journaliste Birama Touré serait parmi nous aujourd’hui. Devons-nous accepter que dans ce pays un journaliste soit enlevé et porté disparu sans que les autorités n’agissent? Si le pays était gouverné selon le droit, la radio Renouveau a été fermée récemment. On ne demande pas de calomnier, on ne demande pas de dire ce qu’on veut au sujet d’une autre personne, mais tout ce qu’on fait dans un pays doit être fait dans les règles. Avec quelle règle ils l’ont fermé ? Nous sommes dans ce combat pour la démocratie. Aller au quartier général d’un candidat pour enlever ses proches, casser leurs biens et dire que vous êtes démocrate. Où est la démocratie ? Après cela, celle qui a parlé tantôt, la femme de Paul Boro, c’est ma fille. Aujourd’hui, c’est la première fois que je dis. Comment pouvez-vous aller au domicile d’une personne pour l’arrêter, défoncer les portes comme dans un film. Peut-on gouverner comme ça un pays? On gouverne un pays selon le droit. Comment arrêter une personne, cela est écrit ; si tu arrêtes une personne où doit-on le garder, cela est écrit. Mais partir enlever quelqu’un dans la nuit étant cagoulé, l’amener à une destination inconnue pendant deux ou trois jours avant de le conduire à un endroit connu… Cela peut-il nous intimider ? On ne doit pas faire tout ce que l’on veut ! Dans tout cela, les juges sont en grève il y a plus d’un mois et rien n’a été fait pour résoudre cela. Aujourd’hui, les assassinats sont nombreux dans notre pays. La démocratie a deux piliers, le premier c’est le peuple et le second c’est la gouvernance.
Ras Bath, président du CDR
« Nous sommes là pour rappeler au peuple malien que l’heure est grave»
« Après avoir remercié Dieu, nous rendons grâce à notre leader Bouyé. Nous ne nous lasserons pas de le dire, et ce n’est pas pour provoquer d’autres. Nous sommes jeunes, nous cherchons un repère : là où on dit la vérité, là où on parle de Dieu. Nous voulons prendre exemple sur celui qui cherche à gouverner selon la vérité. Nous avons écouté beaucoup de leaders religieux, nombre d’entre eux nous ont désorientés dans leurs prêches. Nous avons grandi en écoutant leurs paroles, nous avons constaté que beaucoup ont dévié de leurs chemins. Certains ont dit que dans le saint Coran, Allah a dit que là où le mensonge domine il n’y aura pas de paix, que partout où on fait pleurer les pauvres il y’ aura pas de bonheur. L’élection a été truquée, les mêmes personnes sont sorties pour nous demander de suivre le mensonge. Bouyé a dit qu’il soutient IBK en 2013 et il a dit pourquoi : la tolérance, le bonheur du peuple malien ; il a aussi dit pourquoi ils ne le soutiennent plus, lui et Mahmoud Dicko. Il a dit qu’ils se sont séparés sans être en conflit… Bouyé n’a pas besoin des 4x4, il n’a pas besoin des Hummers, il a besoin d’hommes de parole. Notre sœur, saches que Paul n’est pas en prison, Paul est comme Mandela. Paul, il est comme Martin Luther King, il est comme Thomas Sankara. Paul, il est comme Malcolm X, comme Modibo Keïta. L’arrestation extrajudiciaire, la torture, la violence sont les faits d’un homme en décadence, d’un homme faible qui cache son ignorance, sa malhonnêteté derrière la barbarie. En arrêtant Paul, ils pensaient qu’ils allaient nous pervertir. Nous sommes là pour rappeler au peuple malien que l’heure est grave. Il y a aussi l’espoir. La grève illimitée déclenchée par les magistrats a été un indicateur suffisant pour les plus sceptiques que ce régime n’a rien à foutre de nous. Bou et Karim sont libre, mais un chef de famille est en prison, il devrait être libéré mais ne l’a pas été faute de jugement… Comme l’a dit Tiébilé, il ne s’agit pas d’aujourd’hui, mais de l’avenir du Mali. Choguel l’a bien dit, si l’argent peut nommer un préfet, si le Premier ministre eut mentir à cause de l’argent, si l’argent pousse le magistrat à fermer les yeux sur le mensonge, cela veut dire que tous les riches peuvent devenir président. Le pays où tous les riches peuvent devenir le président, tout peut advenir de ce pays… Le Mali a été abandonné à la veille du second tour. L’Union Européenne a abandonné le Mali, l’Union Africaine a abandonné le Mali à travers leurs représentants. Mais à l’intérieur du Mali, on n’a pas dit notre dernier mot. Nous sommes des républicains, nous sommes des démocrates. Nous n’allons pas prendre les armes. Désormais, la stratégie de Rasta, c’est la stratégie de Mounoumou Mounoumou. Les gens pensent que c’est une plaisanterie. Ce ne sera pas dit sur les radios, ce ne sera pas dit sur Facebook…
Propos recueillis par Soumaila T. Diarra

Source : aBamako

aBamako

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