Mali: le président Keïta investi malgré l’opposition qui conteste toujours sa victoire

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Bamako, 4 sept 2018 (AFP) - Le président réélu du Mali, Ibrahim Boubacar
Keïta, investi mardi à Bamako pour un second mandat, a réaffirmé la paix comme
"priorité absolue", lors d'une cérémonie contrariée dans l'après-midi par un
rassemblement de l'opposition contestant sa victoire électorale.
Boubou et bonnet blancs, IBK, 73 ans, réélu au second tour pour cinq années
de plus à la tête de ce pays du Sahel, a lu le serment contenu dans la
Constitution malienne devant la Cour suprême, mardi
"Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le
régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la
loi, de remplir mes fonctions dans l'intérêt supérieur du peuple, de préserver
les acquis démocratiques, de garantir l'unité nationale, l'indépendance de la
patrie et l'intégrité du territoire national", a dit M. Keïta, avant d'être
installé dans ses fonctions de président de la République du Mali.
La Cour constitutionnelle l'a proclamé le 20 août vainqueur de la
présidentielle avec 67,16% des suffrages au second tour du 12 août, contre
32,84% à son rival, l'ancien ministre des Finances, Soumaïla Cissé.
"J'ai fait le choix de placer le retour de la paix et de la sécurité au
rang de priorité absolue", a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta, dans son premier
discours prononcé après son investiture.
"Beaucoup reste à faire" dans les efforts de l'Etat pour la sécurité et le
développement, a dit M. Keïta, lors de la cérémonie organisée en présence des
membres du gouvernement, de diplomates et du public.
"Je serai implacable avec tous ceux qui bafouent nos libertés et foulent
aux pieds nos valeurs de tolérance. Rien ne résistera plus à la volonté
suprême d'un peuple uni face au terrorisme", a-t-il poursuivi. M. Keïta
faisait allusion aux attaques jihadistes dont la dernière a ciblé mardi un
camp de l'ONU à Ménaka (nord) où un Casque bleu a été blessé à la suite de
tirs d'obus, selon des sources de sécurité et administrative.

- "Nous ne reconnaissons pas" le président investi -

M. Keïta a en priorité la tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015
avec l'ex-rébellion à dominante touareg. Sa mise en oeuvre accumule les
contretemps et n'a pas empêché les violences de se propager du nord vers le
centre du Mali et vers le Burkina Faso et le Niger voisins.
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes
jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une
intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui
se poursuit actuellement. Malgré l'accord de paix signé en mai-juin 2015, les
violences ont persisté.
M. Keïta a tendu "la main à tous ceux qui veulent que le Mali réussisse" et
"sans exclusive", en allusion à l'opposition dont le principal chef, son
adversaire au second tour Soumaïla Cissé, n'a pas reconnu sa défaite,
dénonçant "des fraudes" à la présidentielle.
Le camp de M. Cissé a tenu mardi un meeting à Bamako ayant réuni "des
milliers" de personnes, selon les organisateurs, pour réaffirmer qu'il ne
reconnaissait pas IBK comme président.
"Je ne trahirai jamais ces milliers de personnes qui ont fait encore
aujourd'hui le déplacement. Les élections frauduleuses n'ont jamais donné un
président démocratiquement élu. Nous ne reconnaissons l'élection de celui qui
a prêté aujourd'hui serment", a réaffirmé M. Cissé à la fin de la
manifestation, au nom de "la coalition pour restaurer l'espoir", formée d'une
une dizaine de candidats à l'élection présidentielle.
Le camp de M. Cissé a déposé plainte mardi auprès de la Cour suprême, de la
Cour d'Appel et d'un tribunal d'une commune de la capitale pour "nullité de la
proclamation des résultats par la Cour Constitutionnelle en raison de la
violation de la loi" par sa Présidente et de forfaiture des autres membres de
la Cour, selon un texte parvenu à l'AFP.
Selon leur avocat, cette plainte devait entraîner un sursis de
l'investiture d'IBK par la Cour suprême.
sd-mrb/jh

Source : aBamako

aBamako

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