Face à la hausse du prix de l’aliment-bétail : Les éleveurs n’excluent pas une insurrection des animaux contre l’Hôtel des Finances

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Depuis son accession à l’Hôtel des Finances en remplacement de Mamadou Igor Diarra, l’actuel ministre e Finance fait figure de locataire le plus rigoureux et le plus inflexible que le Mali n’ait pratiquement jamais connu. La fougue et le tempérament juvéniles sont sans doute passés par là pour le plus grand bonheur des adeptes d’une technicité robotique, sauf que ses semblables ne sont plus seuls à subir de plein-fouet sa raideur et ses méthodes totalitaristes par lesquelles il s’est d’ailleurs signalé dès son installation avec le rattachement de tous les DFM à son département. Si le cheptel malien pouvait s’exprimer plus réellement que dans les prosopopées, il allait probablement plaider pour des solutions au sevrage dont il souffre corps et biens avec la hausse vertigineuse et abrupte du prix de l’aliment-bétail depuis que l’hôtel des Finances est occupé par Dr Boubou Cissé. En effet, le prix de ce vivre essentiel et vital pour les animaux et les éleveurs est spectaculairement passé de 115 000 à 500 000 francs CFA la tonne selon que la zone soit éloignée ou proche de la source d’approvisionnement. Mais ce n’est pas le transport le facteur déterminant. En cause, une surprenante mesure de rétorsion du ministre des Finances qui a consisté à appliquer la TVA à une denrée animale abondant au Mali dans les mêmes proportions que la production cotonnière où notre pays occupe le peloton de tête sur continent. En une année d’application la mesure a eu pour conséquence une difficulté sans précédent pour les éleveurs maliens de se procurer l’aliment. Combiné à la malencontreuse disette de pâturage pendant la même période, il en résulté, sinon la famine, un déficit nutritionnel assez criant pour jouer sur l’embonpoint du bétail et partant sur l’approvisionnement régulier du marché en viande. Certaines indiscrétions confient du reste que pendant tout le mois de carême dernier la demande n’a été convenablement assurée que grâce au concours de la Côte d’Ivoire où le bétail malien est pourtant exporté avec ses quatre pattes. Nonobstant les sonnettes d’alerte, le ministre ne n’affiche pour l’heure aucune disposition à consentir un dégrèvement de la taxe qui affame le bétail, appauvrit les acteurs et affecté le secteur. Il est même arrivé, selon certains responsables de la faîtière des éleveurs, qu’il intervienne pour instruire des structures de cession de l’aliment-bétail des mesures de redressement après les concessions accordées faites aux acquéreurs du produit sans la TVA.

Face à la situation, les responsables associatifs ne comptent pas croiser les bras. Des tractations pourparlers très houleux sont actuellement en cours autour du président de la Fédération des éleveurs, le député élu à Macina Boubacar Bah. Objectif : répondre à l’intransigeance de l’Hôtel des Finances par des velléités de nuisance, quitte à bloquer le secteur. Parmi les actions envisageables, selon l’honorable député, pourrait figurer un déploiement inédit des troupeaux dans les rues de la capitale dans le cadre d’une marche de protestation contre le département.

A Keïta

Source : aBamako

aBamako

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