L’opposition s’essouffle au flanc de la colline

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Contrairement à ses ambitions de se faire investir président de la république du Mali, Soumaila Cissé, qui a du mal à digérer sa défaite, s’est contenté d’un meeting devant la Bourse de travail ce 4 septembre 2018. Ce jour, ni d’investiture ni de grogne populaire comme envisagée par le camp de la contestation, n’a eu lieu. Est à ce dire que le camp de Soumaila Cissé s’essouffle déjà ? Pourquoi Soumi a-t-il revu à la baisse ses ambitions ?
‘’Ensemble, restaurons l’espoir’’ et ses alliés n’ont pas chômé, depuis le second tour de l’élection présidentielle du 12 août dernier. Pour protester contre les résultats provisoires puis définitifs de la présidentielle proclamés par la Cour constitutionnelle, le 20 août dernier, Soumi et ses partisans ont multiplié les conférences de presse, les caravanes et les marches pacifiques. En rejetant ces résultats, ils ont développé et exposé des scénarios d’un complot électoral orchestré par le camp présidentiel et le gouvernement. Selon eux, l’élection a été entachée de fraudes massives, de bourrage d’urnes, etc. Or, à part quelques insuffisances organisationnelles des opérations de vote, les observateurs nationaux et internationaux, chargés de la supervision ont témoigné ne pas avoir constaté de fraude ni de bourrage d’urnes les 29 juillet et 12 août.
Malgré tout, l’opposition ne s’est pas contentée de rejeter les résultats de l’élection. Elle promet d’investir Soumaila Cissé président de la république le 4 septembre, le même jour où IBK réélu devait prêter serment. Lors de sa marche pacifique du samedi 1er septembre dernier, à l’instar des précédentes manifestations des contestataires, un responsable d’association de soutien à Soumi narguait : « Nous allons investir notre président, son Excellence Soumaila Cissé le 4 septembre. IBK n’est pas le président du Mali. Il est le président de la communauté internationale ». Aussi, sous la coupe du Soumaila Cissé, les marcheurs avaient brandi la menace de marcher sur Koulouba si IBK venait à prester serment.
Contrairement à ces engagements, le 4 septembre, date fatidique pour l’opposition, a été un autre événement. La fameuse investiture de Soumi Champion comme président du Mali n’a plus eu lieu. En lieu et place, Soumaila Cissé, le « mauvais perdant » et ses partisans se sont contentés d’un meeting à l’esplanade de la Bourse du travail de Bamako.
À défaut de s’autoproclamer président de la république, il a saisi ainsi l’occasion pour s’en prendre aux institutions de la république. S’adressant à ses militants qui se mobilisent de moins en moins, Soumaila Cissé pense que l’investiture d’IBK est une ‘’imposture’’. Et, selon l’opposant malien, la Cour Suprême a raté l’occasion de renter dans l’histoire démocratique du Mali, du seul fait que l’Institution n’a pas donné une suite favorable à la requête de ses avocats, en recevant le serment du président IBK.
Auparavant, M. Cissé et son clan ont traité également de tous les noms les membres de la Cour constitutionnelle. En tant que citoyen et de surcroit membre d’une institution du pays, le chef de file de l’opposition a manqué de réserve et de considération à nos institutions. Pourtant, être démocrate et républicain s’accommodent avec le respect des principes et des valeurs de la république.
En plus de manquer de courage et de volonté d’investir son président, l’opposition n’a pas réussi aussi sa grande mobilisation de faire « trembler Koulouba ». Ce 4 septembre, il n’y a eu ni l’investiture de Soumi ni tremblement de terre en république du Mali. Un signe fort que l’opposition a reculé, à la limite capitulé au point que le commun des Maliens s’interroge. « Pourquoi tout ça, pour ça » ?

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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