Grève illimité des magistrats: Le manque de volonté du Gouvernement dénoncé

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Les deux syndicats du corps des magistrats à savoir le Syndicat autonome de la magistrature (Sam), et le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) ont animé le mercredi 29 août 2018, un point de presse dans la salle de conférence du SAM à Banakabougou. L’objectif était d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur les causes principales de cette grève illimitée, déclenchée le lundi passé. Il a été animé par Mamoutou Kassougué, Secrétaire général du SAM, assisté par son Président Nanakassé Badra Aliou et celui du SYLIMA.

D’entrée de jeu, le Secrétaire général du Syndicat autonome de la magistrature (SAM), Mamoutou Kassougué rappelle que c’est le 10 juillet que les magistrats ont déposé leur préavis de grève pour la grève du 25 juillet passé. « C’est le 24 juillet soit 24 heures que le Gouvernement a réagi pour entamer les processus de la négociation, ce qui veut dire qu’il n’a porté aucune importance à cette grève », dit-il. Après le 25 juillet les discussions ont été menées par les deux parties concernant les deux volets de revendication à savoir la sécurisation des juridictions et du personnel judiciaire, et la relecture de leur statut avec la revalorisation de la grille de salaire.

Pour le volet sécuritaire, dit-il, le Gouvernement avait pris l’engagement pour le tenir. Mais après nos constats, nous nous sommes rendus compte que la sécurité est entrain de se dégrader davantage, souligne le SG Kassougué. « Les magistrats sont dans l’insécurité et ils devraient être forcement sécurisés parce que ce sont des personnes qui tranchent les litiges en disant le Droit ce qui fait que leur vie est toujours en danger », estime-t-il. A titre de rappel, il indique le cas d’enlèvement du juge Soungalo Koné dans son domicile à Nioro depuis le novembre 2017 et ce dernier, jusqu’à présent, est sans nouvel. « C’est l’État qui a envoyé Soungalo Koné à Nioro pour le servir et c’est l’État qui doit impérativement le sécuriser », indique-t-il.

Quant au volet financier, le SG Mamoutou Kassougué soutient que les magistrats maliens n’ont demandé qu’un minimum comparativement aux autres pays de la sous-région afin qu’ils puissent mener à bien ses devoirs régaliens qui sont de rendre la justice pour le bonheur des maliens. « Nous avons demandé avoir l’indice de 3500, cela permettrait de nous rapprocher des autres pays. Le Gouvernement nous a dit qu’il ne pourra pas nous donner ce 3500 mais qu’il va augmenter de 10% les salaires et ramener l’indice à 2500 mais malheureusement il n’a pas tenu son engament », rappelle-t-il. Il évoque que cette grève est la suite des revendications de 2014 et 2015 avec beaucoup de points. Pour lui, c’est inacceptable pour un Gouvernement responsable de ne pas respecter un engagement qu’il a pris en bonne et du forme et refuse de le mettre en œuvre.

Pour le SG Kassougué, le Gouvernement doit tenir les engagements pris via le ministre de la Justice afin que les magistrats puissent reprendre leur travail dans un bref délai avec la détermination de rendre la justice saine. « Nous ne sommes pas allés en grève pour des fantaisies mais nous sommes allés en grève par nécessité. Aujourd’hui nous les magistrats, nous vivons dans l’insécurité et dans la précarité », fait-il savoir. Et de réaffirmer que la menace du Gouvernement ne pourra pas changer leur décision. « On ne nous intimide pas, on ne nous menace pas, nous sommes intacts. Nous attendons et sommes prêts à aller jusqu’à 3 mois même au delà. Aucune pression ne nous fera reculer et nous irons jusqu’au bout », insiste le SG Mamoutou Kassougué et de reconnaitre qu’ils sont conscients des désagréments causés à la population et à eux-mêmes mais ils mènent cette lutte pour une magistrature indépendante. « Nous sommes conscients des désagréments mais c’est le Gouvernement qui en est le responsable » dit le SG.

Rappelons que les points de revendication qui ont fait l’objet d’accord entre le gouvernement et les magistrats en 2016 sont entre autres l‘adoption du décret d’application de la Loi sur la Cour Suprême au plus tard le 30 mars 2017; la prise, avant le 30 avril 2017, d’un décret pour étendre aux magistrats les primes et indemnités octroyés aux autres agents de l’Etat; la relecture du statut de la magistrature ainsi que de la grille indiciaire ;l‘adoption d’un nouveau programme de formation de l’Institut de Formation Judiciaire avec, à l’appui, des vidéo conférences et la dotation du tribunal du commerce de Bamako et du tribunal de la commune 3 de Bamako de deux bibliothèques de 3000 ouvrages.

S.B. TRAORE

Source : aBamako

aBamako

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