Jus nutritifs: La start-up Zabbaan met les plantes sauvages du Mali en bouteille

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En 2016, Aïssata Diakité a lancé Zabbaan Holding, une entreprise qui produit des jus à base de plantes locales. La jeune entrepreneure, qui travaille avec 5 000 agriculteurs, partage son temps entre Paris et Bamako, la capitale malienne où est située son usine.

Mopti, la région natale d’Aïssata Diakité, 27 ans, occupe une place particulière dans son business : son entreprise de production de jus à base de produits de la brousse – Zabbaan Holding – tient son nom d’une plante locale, le zaban, qui ressemble au fruit de la passion. Le jus obtenu a un goût acide et sucré dont les enfants raffolent.

Aïssata Diakité s’est éloignée de cet univers paysan pour mener des études en agroalimentaire à Amiens, en France, après avoir obtenu son baccalauréat à Bamako. Mais son milieu d’enfance a été déterminant dans le choix de devenir ingénieure en agribusiness, puis entrepreneure dans l’agroalimentaire “équitable” : la jeune femme travaille avec un réseau de petits producteurs à qui elle garantit des revenus décents et un accès à un marché international à travers ses produits. “Mon entreprise est le fruit de mon parcours, de mon environnement et de ma passion”, commente-t-elle.

Après l’obtention de son diplôme en agribusiness, sa famille l’a encouragée à travailler dans une entreprise. Aïssata Diakité a donc commencé à travailler pendant neuf mois au sein de l’association française de certification AFNOR, qui atteste la conformité des produits aux normes réglementaires européennes et délivre le marquage CE, qui matérialise la conformité du produit aux exigences essentielles définies par l’UE et autorise la circulation du produit sur le territoire de l’Union européenne. Elle a ensuite décidé de tout quitter pour se mettre à son propre compte en mettant en valeur les recettes de jus qu’elle produisait déjà, à l’époque où elle était étudiante.

Lancée en 2016 avec un capital de départ de 200 000 euros constitué à partir d’économies personnelles et d’un apport du Fonds de garantie du secteur privé du Mali, Zabbaan Holding a d’abord placé sur le marché un nombre limité de jus. Elle a ensuite reçu le soutien financier d’un fonds d’investissement anglais et une aide du Fonds de garantie du secteur privé du Mali. C’est ainsi que Zabbaan Holding a pu développer des produits à base de fruits, de feuilles, de fleurs et de tiges. Ces produits s’appellent “Le secret du Prince” (kinkéliba, gingembre, hibiscus et baobab), “Le secret du Duc” (zaban et baobab) ou bien encore “Le secret de la Reine” (hibiscus, mangue et baobab). Pour l’heure, les jus Zabbaan sont essentiellement vendus à des restaurants et des supermarchés.

Tous ces jus sont issus des plantes sauvages de la savane africaine dont la plupart est utilisée dans la médecine traditionnelle africaine depuis des siècles. “Zabbaan Holding est positionnée sur toute la chaîne de valeur agricole : nous comptons plus de 5 000 agriculteurs membres de notre réseau d’approvisionnement à travers le Mali et l’entreprise emploie à ce jour 65 personnes dont 35 femmes à temps partiel pour renforcer nos effectifs durant les saisons des fruits”, détaille Aïssata Diakité.

Pour mieux se positionner sur le marché international, Zabbaan Holding est en train de travailler sur ses propres labels en collaboration avec AFNOR Certification. “Ce label s’intéresse à la traçabilité des produits, le respect de l’environnement, l’équité et la nutrition”, explique Aïssata Diakité. “Il reprend nos démarches, pratiques et méthodes avec tous les acteurs de notre chaîne de valeur.”

L’unité de production basée à Bamako produit entre 10 000 et 20 000 bouteilles par jour. Cette production est destinée au marché des pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Europe. “Nous collaborons avec des épiceries fines et restaurants en France”, indique la jeune entrepreneure.
Son succès ne va pas sans difficultés. Mis à part les fruits, Zabbaan Holding importe presque tout d’Europe – en particulier les bouteilles et les étiquettes. Il en faut plus pour la décourager : “La vie d’un entrepreneur est composée de difficultés, mais il faut savoir saisir les opportunités et bien s’entourer.”

Soumaila T. Diarra

Source : aBamako

aBamako

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