Mot de la semaine : Souveraineté

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C’est ce samedi 22 septembre 2018 que le Mali fêtera le 58ème anniversaire de son accession à l’indépendance. Que de chemins parcourus et que de rendez-vous manqués pour mettre le Mali au diapason des nations émergentes, comme la Chine, la Corée du sud, l’Inde qui avaient, à la même époque, le même niveau de vie que le Mali.

Le pays de Modibo Keita, 58 ans après son accession à l’indépendance, est toujours à la traine. Pire, sa souveraineté est mise aujourd’hui à rude épreuve, en tout cas, si par souveraineté on entend « …. la qualité de l'État de n'être obligé ou déterminé que par sa propre volonté, dans les limites du principe supérieur du droit, et conformément au but collectif qu'il est appelé à réaliser ». A la lumière de cette définition, pourrait-on dire que le pays est souverain ? Le Mali fête son cinquante huitième anniversaire dans un contexte marqué par une crise socio-sécuritaire et politique. La première crise, à savoir celle liée à l’insécurité est consécutive à la présence d’une horde des djihadistes et de narco-trafiquants qui sèment la terreur au grand nord et au conflit entre peuls et dogons ayant l’allure d’une véritable guerre intercommunautaire au centre.

Toute chose qui a donné l’occasion aux Nations-Unies, de mettre non seulement la souveraineté du Mali entre parenthèses, mais aussi et surtout, sous haute surveillance avec la présence des forces étrangères stationnées depuis 2012. La seconde crise, à savoir politique, est relative à l’organisation de la présidentielle dont les résultats proclamés ont été contestés par l’Opposition.

Cette crise qui divise la classe politique et même la société civile, prend des proportions inquiétantes, avec des marches à n’en pas finir et un relatif grossissement des rangs de l’Opposition. Elle devrait être prise au sérieux surtout dans un pays en proie à de graves dissensions au nord et au centre. Il y a désormais péril en la demeure Mali et le risque d’une partition du pays n’est pas totalement éloigné. Il est fort à parier que si le Mali continue sur cette voie, son indépendance ne sera qu’un lointain souvenir. La superficie du Mali rend jaloux même certains de nos voisins a fortiori les puissances occidentales.

C’est pourquoi il y aurait un plan machiavélique de partition du pays comme au Soudan du Sud afin d’exploiter à satiété les immenses ressources minières et énergétiques.
Le cinquante huitième anniversaire, devrait permettre aux Maliens, toutes tendances confondues, de faire une introspection pour savoir ce qui a marché, ce qui reste à faire pour fonder une Nation, mais cela passe par un leadership affirmé, un sens élevé de l’Etat, un patriotisme hors du commun et une volonté politique de nos gouvernants.

Youssouf Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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