Spécial 22 septembre 2018, Basket-ball malien : La preuve par les trophées

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Avec 18 titres, toutes catégories confondues, le Mali est aujourd’hui l’une des nations les plus titrées du continent. Retour sur le parcours et l’ascension fulgurante d’une discipline qui ne cesse de faire résonner l’Hymne national partout et qui fait la fierté de notre pays

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. De 1996 à cette année, soit 22 ans, le Mali a remporté la bagatelle de 18 trophées sur l’échiquier continental. 18 couronnes en 2 décennies, c’est presque 1 trophée chaque année. Aucun pays sur le continent, ne peut se targuer d’avoir réalisé un tel exploit. Certes, 15 des 18 titres ont été remportés dans des compétitions de catégorie d’âge (Afrobaskets U17, U18, U20…), mais disons-le sans ambages et sans chauvinisme, c’est énorme ce qu’ont réalisé les sélections nationales de basket et les clubs du Mali ces deux dernières décennies. Les basketteurs et les basketteuses de notre pays ont fait résonner l’hymne national, Le Mali partout sur le continent et forcé l’admiration du monde de la balle au panier jusqu’au delà des frontières africaines, c’est-à-dire, dans les compétitions de FIBA-Monde et aux Jeux olympiques, le plus grand rendez-vous sportif de la planète. Exceptés l’Afrobasket masculin sénior et la coupe d’Afrique des clubs chez les Messieurs, le Mali a remporté tous les autres trophées mis en jeu sur le continent.

Dernier sacre en date d’une sélection malienne : la victoire de la sélection nationale junior à l’Afrobasket U18 Garçons, Bamako 2018. Au terme d’un tournoi maîtrisé de bout en bout, 8 succès, en autant de rencontres, le capitaine Martin Diakité et ses coéquipiers se sont hissés sur le toit du continent, face à l’un des pays les plus titrés d’Afrique, le Sénégal, défait 78-76. Ce sacre des Aiglons (surnom de la sélection nationale masculine junior) est intervenu deux semaines seulement après celui des Aiglonnes (surnom de la sélection nationale féminine junior) qui, elles sont allées chercher le titre continental jusqu’au Mozambique. Et entre les deux couronnes enlevées par les Aiglons et les Aiglonnes, l’internationale malienne, Nassira Traoré a remporté le non moins prestigieux titre de Reine du basket sénégalais 2018. Avant Nassira Traoré, trois autres Maliennes avaient été sacrées au Sénégal : Hamchétou Maïga «Tanty», Kankou Coulibaly et Sadio Sangaré. Tout un symbole.

Le basket-ball malien est donc sur un nuage, il collectionne les trophées dans les compétitions africaines, se vend bien hors de nos frontières et est aujourd’hui envié par toute l’Afrique. Mais quel est le secret de l’émergence ou plutôt de la suprématie du basket de notre pays ? «Le seul secret, si secret il y a c’est le travail. Il n y a pas de recette miracle, le Mali a tout simplement travaillé et il récolte, aujourd’hui, les fruits de ce travail», répond le ministre des Sports. Ancien basketteur et ancien président de la Fédération malienne de basket-ball (FMBB), Me Jean Claude Sidibé sait de quoi il parle. «Le Mali, explique-t-il, a compris que derrière tout succès se cache la formation à la base. Nous avons misé sur la formation à tous les niveaux, athlètes, encadreurs, administrateurs et en quelques années, nous avons obtenu des résultats. Il suffit de faire un tour de la ville de Bamako pour se convaincre des progrès réalisés par notre basket. Dans toutes les Communes, il y a au moins un terrain de basket. Même si les sélections masculines sont un peu à la traine, le basket-ball malien est aujourd’hui parmi les meilleurs du continent et n’a rien à envier aux nations comme le Nigeria, l’Angola ou encore le Sénégal», souligne le ministre des Sports.

Mais si la formation à la base et le sérieux des formateurs ont été l’élément déclencheur du renouveau de notre balle au panier, il est clair que le rôle joué par les autorités a également été déterminant dans la montée en puissance des différentes sélections nationales. «C’est grâce au soutien de l’Etat, notamment celui du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, que la dynamique est maintenue depuis plusieurs années», témoigne Me Jean Claude Sidibé. «Le président IBK, insistera-t-il, est un passionné de sport, un grand supporter des sélections nationales. Il ne rate jamais les finales des sélections maliennes et envoie toujours des messages à l’équipe, quelle que soit l’issue d’une finale. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, il y a un engagement sans faille de l’Etat vis-à-vis des équipes nationales», salue le ministre des Sports. «Rappelez-vous, lors de la cérémonie d’investiture du président de la République, les Aiglonnes et les Aiglons étaient les invités d’honneur d’IBK. Tout cela prouve l’attachement du chef de l’Etat au monde du sport et traduit la volonté politique des autorités de vulgariser notre sport», renchérira Me Jean Claude Sidibé, avant d’évoquer le projet de construction des salles polyvalentes, à travers le pays.

«Mon ambition est de construire une salle polyvalente dans toutes les Régions du Mali, annonce Me Jean Claude Sidibé. La capacité d’accueil de ces salles sera d’au moins 1000 places et l’avantage du projet est que les futurs sites pourront accueillir plusieurs disciplines à la fois. Le coup d’envoi du projet sera donné dès l’année prochaine, avec la construction de la première salle polyvalente à Koutiala. C’était une promesse du président IBK et ce choix s’explique par le fait que Koutiala a été le seul cercle du Mali (la capitale du coton a aujourd’hui le statut de Région, ndlr) à évoluer en première division pendant plus de deux décennies. Le basket-ball de Koutiala mérite ça et le projet sera financé à hauteur d’un milliard de F cfa par le budget national», précise le ministre des Sports.

Si tout se passe donc comme prévu, toutes les Régions du Mali seront dotées d’une salle polyvalente dans quelques années et les basketteurs, pratiquants d’arts martiaux, volleyeurs, joueurs de maracana, pour ne citer que ces quelques disciplines, pourront s’adonner à cœur joie à leur passion, c’est-à-dire, la pratique du sport.

Souleymane Bobo TOUNKARA

Source : aBamako

aBamako

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