Cour pénale internationale : des menaces à répétition

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Si la CPI a beaucoup été contestée depuis sa création, en 2002, ses détracteurs sont de plus en plus menaçants. Et puissants. A commencer par l’administration Trump.

La légimité du tribunal de La Haye est régulièrement remise en question.

Septembre 2018 : l’Amérique hausse le ton

Cour pénale internationale : des menaces à répétition
Les déclarations de John Bolton, conseiller à la sécurité national, sur la CPI le 10 septembre. Crédits : Fabrice Coffrini/AFP

Donald Trump n’a jamais été favorable au moindre organisme supranational. Son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, vient de s’en faire l’écho avec éclat. Le 10 septembre, il a qualifié la Cour pénale internationale d’« illégitime » et « déjà morte », la menaçant même de sanctions, au motif que la juridiction n’exclut pas d’ouvrir une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis en Afghanistan.

Mars : Duterte tire sa révérence

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La CPI a décidé d’ouvrir un examen préliminaire sur les violences aux Philippines, en mars 2018. Crédits : Noel Celis/AFP

Le président philippin avait promis d’éradiquer le trafic de drogue de son archipel par tous les moyens. Sa « méthode » a fait au moins 4 000 morts chez les trafiquants présumés et convaincu la CPI d’ouvrir un examen préliminaire. Une initiative qui n’a pas plu à Rodrigo Duterte, qui a décidé de retirer son pays du traité fondateur de la juridiction internationale, le 14 mars.

Janvier 2017 : l’Afrique se rebiffe

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Omar Al-Bachir, président du Soudan depuis 1989, est sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour. Crédits : Tiksa Negeri/reuters

Réunis à Addis-Abeba en Ethiopie, le 30 et le 31 janvier 2017, les dirigeants de l’Union africaine entérinent le principe d’un « retrait collectif » du tribunal de La Haye. Cette résolution intervient alors que l’UA n’a pas réussi à obtenir du tribunal ni l’annulation du mandat d’arrêt visant le président soudanais Omar Al-Bachir (photo) pour crimes de guerre et contre l’humanité ni l’immunité pour les chefs d’Etat en exercice.

Novembre 2016 : Poutine joue l’obstruction

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La CPI a ouvert une enquête sur la guerre en Géorgie, en 2008. Crédits : Zviad Nikolaishvili/AFP

L’ouverture d’une enquête sur les crimes commis durant la guerre russo-géorgienne de l’été 2008 déplaît au président russe. Il retire sa signature du traité de Rome ayant donné naissance à la CPI (qu’il n’avait jamais ratifié). En 2014, la Russie avait déjà mis son veto pour empêcher la saisine de la CPI au sujet de la guerre en Syrie, et notamment de l’emploi présumé d’armes chimiques.

Octobre : le Burundi crie à l’injustice

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Le Burundi a quitté la CPI, le 27 octobre 2017. Crédits : Onesphore Nibigira/AFP

Suivi par la Gambie et l’Afrique du Sud, le Burundi annonce son retrait du traité de Rome, critiquant vertement une Cour « néocolonialiste » qui pratique le « deux poids, deux mesures ». Selon ces pays, la CPI ne juge quasi exclusivement que des dirigeants africains, soulignant que sur les dix affaires alors instruites par la Cour, neuf sont africaines. A ce jour, seul le Burundi a effectivement quitté la CPI, le 27 octobre 2017.

Par Laurent Telo

LE MONDE Le 20.09.2018 à 15h15

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Source : Maliweb

Maliweb

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