Culture du maïs en baisse dans certaines zones céréalières : Un calvaire pour certains producteurs et marchands!

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La culture du maïs est sollicitée par plusieurs agriculteurs au Mali mais cette année beaucoup d’agriculteurs ont été confrontés à un certain nombre de difficultés lors de la semence d’où la baisse de cette culture céréalière dans certaines zones. Face à ces difficultés, agriculteurs et marchands de maïs appellent à plus d’implication des autorités pour palier ce fléau.

Le maïs est la première céréale cultivée dans le monde en termes de quantité et de surface, devant le blé et le riz. Durant la saison 2012/2013 ce sont 160 millions d’hectares de maïs grain qui ont été cultivés à travers le monde.

Il constitue une céréale très productive s’adaptant parfaitement aux conditions climatiques du Mali. Pour preuve au compte de la campagne 2017 notre pays a produit 3 millions de tonnes de maïs. Cependant les techniciens s’accordent sur le fait que le besoin en engrais dans la culture du maïs est assez important. Cela est-il la raison de pertes constatées cette année dans la culture et la production de maïs dans certaines zones céréalières ? En tout de nos jours, cette situation a touché tous les segments des acteurs de cette filière : de la culture à la production en passant par la commercialisation. Au marché de Sébénikoro, où chaque année ce produit inondait les étales et les magasins, cela n’est pas encore le cas. Mohamed Koureïchi, cultivateur, producteur et vendeur de maïs au marché de Sébénikoro, explique cette situation du fait que la semence de cette année n’a pas assez donné par rapport à l’année précédente. « Les vers ont détruit presque la moitié de notre production cette année » a – t-il affirmé sans occulter le coût élevé des engrais. Et la subvention de l’Etat ?

« L’Etat n’a rien subventionné c’est pourquoi nous partons acheter nos produits dans les marchés. C’est au milieu de l’hivernage que nous avons pu avoir nos produits pour la semence. Chose que nous devons avoir dès le début de l’hivernage pour commencer nos travaux » a expliqué M. Koureichi. Qui dira par la suite que cet état de fait a été source d’incompréhensions entre eux et leurs clients qui viennent s’approvisionner dans leurs champs. « Elles doivent savoir que malgré les pertes nous devons tout faire pour récupérer au moins 70% de l’argent que nous avons investi pour pouvoir faire la récolte de l’année prochaine » a-t-il laissé entendre. Et d’appeler les plus hautes autorités à s’intéresser davantage aux paysans : « les gens ne prennent pas au sérieux les problèmes des autres, le sens du patriotisme est bafoué. Ceux qui viennent superviser nos champs, partent dire ce qui les arrange sinon les réalités dans nos champs sont tout autre ».

Pour lui comme d’autres pour assurer un approvisionnement adéquat du marché et booster la production du maïs pour le rendre accessible sur le marché à des coûts relativement abordables, l’Etat doit redoubler d’efforts pour rendre disponible et à temps des produits pesticides et engrais.

Même son de cloche chez les grossistes et détaillants !

Mme Saran Diarra connue sous le nom de Batoma Diarra, vendeuse grossiste de maïs depuis plus de 35 ans au marché de Sébénikoro affirme vivre les mêmes difficultés que leurs clients cultivateurs de maïs.

« Auparavant nous achetions les maïs dans les champs pour un tas de 5 ou 6 maïs à 200F et maintenant c’est le même coût pour 4 ou 5 tas de maïs » déplore-t-elle avant d’ajouter qu’une fois dans les marchés de la ville, elles cèdent aux petits détaillants à 3 ou 4 tas de maïs à 200f. « Je peux souvent investir 100.000f ou plus dans le maïs aux champs, sans compter d’autres frais supplémentaires dont le carburant à 10.000f si c’est en mototaxi et 17.500f ou 30.000f si c’est en Sotrama pour les transporter vers la ville et après la vente je ne tire que 3.000f ou 3.700f de bénéfice, dès fois même c’est pire » a-t-elle confié. Et d’expliquer que si jamais elles n’arrivent pas à tout liquider le même jour le lendemain, elles se trouvent obliger de s’en débarrasser en les vendant à de très bas prix.

« Nous ne savons plus quoi faire et nous ne pouvons pas laisser tomber nos clients (cultivateurs) en des moments pareils pour aller nous approvisionner ailleurs » confie Batoma Diarra. C’est pourquoi elle demande à l’Etat de diminuer les produits pour la semence et de redoubler d’efforts dans la lutte contre les vers qui détruisent les maïs dans les champs.

Quant à Mme Fatoumata Diarra, aussi vendeuse de maïs dans le même marché, elle dira qu’au début elle tirait énormément de profit après ses ventes mais maintenant tout est au point mort. Pour elle, le commerce de maïs est devenu un calvaire. « Nous n’arrivons plus à assurer les petites dépenses de nos enfants surtout à cette approche de la rentrée scolaire » lance-t-elle la gorge nouée.

A noter que ces femmes vendeuses de maïs quittent leurs maisons dès l’aube pour aller dans les champs avant même que le soleil ne se lève. Exposées à tous les dangers, avec le risque de se faire mordre par des serpents juste pour pouvoir subvenir à leurs besoins quotidiens, avant de passer tout le reste de la journée au marché. Elles ne regagnent leur domicile que tard dans la nuit, très épuisées.

« J’appelle nos dirigeants à soulager nos peines », a-t-elle conclu. Chez les petits détaillants qui vendent les maïs braisés le constat est le même. A signaler qu’avant le début de la récolte, les quelques rares vendeurs qui amenaient les maïs aux marchés les vendaient à 3 maïs à 200f soit 5 maïs à 500f.

Maïmouna Sidibé

Source : aBamako

aBamako

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