Crime contre les albinos : Salif Kéita accuse ouvertement Bakary Togola et le ministre Zoumana Mory d’être les principaux instigateurs de l’assassinat de la petite Ramata Diarra

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Lors de la conférence de presse tenue à la Maison des journalistes, le 18 septembre 2018, par les albinos avec, à leur tête, Salif Kéita le conférencier, les différents crimes récemment commis contre eux, ont été vigoureusement dénoncés aussi bien que « l’incurie des autorités locales et le manque de sévérité des instances onusiennes » contre, notamment, les crimes rituels dont est constamment victime, la minorité albinos. Cela, sans que la moindre justice ne leur soit rendue.

Salif Kéita, artiste malien et musicien interplanétaire, lui-même, atteint d’albinisme, accuse, à travers son organisation caritative « Global Foundation », de n’avoir pas mis suffisamment de mesures en place pour assurer aux albinos, une meilleure protection physique et sociale. Il se plaint du fait que les albinos fasse incessamment l’objet, non seulement, de persécution sociale, mais aussi, de crimes rituels à la veille des élections au Mali. « Ce qui doive absolument cesser, plus jamais ça ! », insiste-il. C’est pourquoi, il a d’abord invité les instances compétentes à agir plus furieusement contre les auteurs de ces actes sans nom et adopter des mesures plus efficaces en vue de mieux protéger la vie des albinos.

« Les propos de Bakary Togola et Zoumana Mory concernant des sacrifices humains pour faire réélire IBK, ont forcément un rapport avec la mort de Ramata Diarra.»

« A la veille de chaque élection, il y a des crimes horribles commis contre les albinos et rien n’a concrètement jamais été fait pour que cela cesse. Nous sommes les cibles de malfaiteurs en tous genres qui nous sacrifient pour des besoins rituels pour soi-disant devenir riches ou puissants. Nous ne resterons plus les bras croisés, car, nous aussi sommes des humains normaux qui veulent vivre quiètement comme les autres », a dit Salif Kéita, visiblement remonté contre les inhumanités quotidiennement perpétrées contre les albinos dans « l’indifférence quasi-totale des décideurs nationaux et internationaux.»

Pour renchérir, Salif Kéita qui n’a jamais eu sa langue dans poche, n’ira pas avec le dos de la cuillère pour indexer le régime d’être le principal instigateur de l’assassinat odieusement commis contre la petite albinos Ramata Diarra, le 13 mai 2018 à Fana. Selon lui, c’est ce qui explique, sans nul doute, la lenteur des procédures judicaires engagées contre le suspect arrêté quelques semaines plus tard.

Outre cela, il exige, au nom de tous les albinos, que les commanditaires dudit crime, soient clairement identifiés et traduits devant les tribunaux dans toute la rigueur de la loi. Mais dans la même logique, Salif Kéita incrimine les propos tenus lors de la campagne présidentielle par Bakary Togola, président de l’Apecam et le Ministre des Transport, Zoumana Mory, faisant allusion à des « sacrifices humains » qui seraient déjà mis en exécution pour réussir à faire élire IBK pour un second mandat. L’artiste insinue que ces propos d’une gravité rare, ont forcément quelque chose à avoir avec l’assassinat de la petite Ramata Diarra.

« Nous n’avons besoin d’aucun avocat malien pour défendre notre cause judicaire, mais plutôt, ceux mandatés par les Nations Unies. »

A l’approche de la présidentielle du 29 juillet 2018, dans la nuit du 12 au 13 mai, dans la localité de Fana située à 125 kilomètres du nord de Bamako, la petite albinos Ramata Diarra, âgée seulement de 5 ans, avait été enlevée, arrachée aux bras de sa mère jusque dans leur chambre à coucher pour être ensuite égorgée, éventrée puis décapitée. Son cerveau et plusieurs autres parties de son corps, ont été emportés par le tueur. Cela avait suscité une profonde indignation en Afrique et dans le monde et poussé les défenseurs des droits de l’homme à exiger du Gouvernement malien que toute la lumière fût faite sur l’affaire et que justice soit rendue aux parents des victimes.

Le seul suspect arrêté, quelques jours plus tard, peine jusque-là à être jugé, d’où, l’exaspération des autres albinos qui craignent d’être d’éventuelles victimes si aucun plan coercitif ou dissuasif n’est urgemment adopté. Cependant, Salif Kéita dit n’avoir besoin d’aucun avocat malien pour défendre le procès et demande aux nations Unies de leur en envoyer pour une meilleures transparence de la bataille judicaire.

« Global Foundation » dont Salif Kéita est le président, est une institution caritative dédiée au bien-être des albinos et vient en aide à des milliers de personnes atteintes d’albinisme au Mali et en Afrique. En cette veille des législatives maliennes prévues le 25 novembre 2018, les albinos sont très inquiets et expriment leur vive crainte pour d’autres crimes susceptibles d’être organisés à leurs dépens et appellent les autorités compétentes aussi bien que les Nations Unies à plus de mesures protectives pour « épargner leurs vies ».

C’est pourquoi, le conférencier a informé les médias, de la tenue, à Bamako, le 15 novembre prochain, d’un grand forum qui enregistrera la participation de 16 pays africains ainsi que la présence d’une experte des Nations Unies spécialisée sur les questions d’albinisme et au sortir de laquelle rencontre, de grandes résolutions seront adoptées et déposées auprès des instances appropriées. Cela sera suivi d’un concert géant et gratuit, le 17 novembre 2018 à Fana en la mémoire de la petite Ramata Diarra cruellement arrachée à l’affection de sa mère. Ce qui mettra définitivement fin à la carrière internationale de Salif Kéita, le Rossignol de la musique mandingue.

Modibo Kane Diallo

Source : aBamako

aBamako

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