Improvisation de l’indépendance de la Guinée Conakry : Quel bilan faut-il en tirer ?

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Soupçonnée d’avoir improvisé son indépendance arrachée en 1958 par l’amour et le patriotisme de son 1er président Sékou Touré, la Guinée Conakry célèbre la célébration du 60e anniversaire d’acquisition d’indépendance, ce mardi 2 octobre 2018. C’est dans ce cadre qu’une émission a été organisée par la radio RFI via son journaliste Juan Gomez qui était parti à la rencontre des Guinéens. Certes qu’elle est acquise il y a 60 ans de cela, mais le problème c’est que nombreux sont encore des Guinéens qui en souffrent de plus en plus. D’où la problématique d’en savoir sur le bilan de cette indépendance.

 

L’improvisation de l’indépendance guinéenne reste au cœur des débats en ce jour historique de la cérémonie d’anniversaire de joie et de tristesse où la Guinée a volontairement décidé de rompre avec la politique qui lui était infligée par son maître colon (la France).

Interrogé sur la question par le journaliste de la radio RFI, Boubacar, un assistant au débat, estime que les dirigeants guinéens ont été mis dans devant des faits qui les ont poussés à choisir l’indépendance. Abordant le sujet dans ce sens, il précise aussi, qu’avant l’indépendance, il y avait des supermarchés qui existaient où tout le monde allait, qui ne sont d’ailleurs, selon lui, pratiquement plus aujourd’hui. Aussi, ajoute-il, après l’acquisition de l’indépendance guinéenne en date du 2 octobre 1958, le rêve de Sékou Touré, bien vrai que les Français avaient enlevé des simples fils de courants lors de leur rentrée au bercail, était de construire le barrage d’eau qui a été malheureusement empêché, suite à la prise de son bâton de pèlerin, par le général De Gaulle.

Du côté de l’historien Mamadou D. Diallo, tous les projets qui existaient entre la France et la Guinée ont été arrêtés dès le lendemain du 2 octobre 1958. S’exprimant ainsi sur les faits historiques de son pays, il estime que l’indépendance guinéenne a été arrachée par le fait que, depuis 1946, la Guinée était dans la logique de s’octroyer sa libération du joug colonial. Et comme preuve, le PDG-RDA, fondé à partir de ladite date à Bamako, était un exemple qui militait dans ce sens, même si le référendum ayant abouti à cette indépendance a été, pour le peuple guinéen, une opportunité. Poursuivant toujours ses argumentaires, l’historien dévoile que le franc guinéen a vu le jour en 1960 suite au boycott de la France de toutes ses relations avec la Guinée, sans oublier qu’au lendemain de la création de cette monnaie, il y a eu l’injection, dit-il, de fausses monnaies pour tenter de bloquer l’économie guinéenne. Chose qui, selon lui, exprime les souffrances vécues par les Guinéens durant cette période.

Prenant la parole, le politologue Salif Sylla ajoute, à son tour, qu’au lendemain du referendum, lorsque la Guinée a décidé de signer un accord avec la France, cette dernière a refusé. Suite auquel refus, des Etats comme l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, la Chine, voire les intellectuels africains, ont décidé d’apporter leur concours au peuple qui était isolé par son ancien colon.

À en entendre Emmanuel, arrivé au pouvoir en 1984 accompagné de l’armée suite à la mort de Sékou Touré, Lassana Konté a pu avoir la volonté d’instaurer au sein du pays l’avènement de la démocratie par le multipartisme, contrairement au régime de Sékou Touré où il n’existait que le parti-Etat. Et comme effet, le peuple a assisté à l’avènement des médias et de la société civile.

Si la célébration de cette date demeure joviale pour certains, elle ne l’est pas pour d’autres dans la mesure où 60 ans après cette indépendance, les Guinéens vivent à présent dans une situation très difficile en matière sanitaire parce que pour une population de plus de 10 millions d’habitants, les constats s’avèrent que ce pays n’a pas, à présent, plus de 10 scanners pour donner plus de soins au peuple. Raison pour laquelle, pour des simples contrôles médicaux, les Guinéens qui en ont actuellement des moyens, quittent le pays pour se soigner à l’étranger et les pauvres s’en remettent à Dieu.

À titre d’exemple, Mohamed, interrogé par Juan Gomez, estime que certaines femmes guinéennes n’ont jamais connu les visites prénatales en Guinée dans certaines contrées du pays. Certes, cette indépendance est acquise, mais nombreux sont encore des citoyens qui critiquent aussi la mise en cause de la liberté d’expression guinéenne par le régime de Alpha Condé.

Cette commémoration de la date d’indépendance a constitué pour beaucoup le lieu de faire le bilan des acquis de la démocratie guinéenne.

Mamadou Diarra, stagiaire

 

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Source : Maliweb

Maliweb

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