Les syndicats de la magistrature statuant sur la réquisition du PM : Le pouvoir judiciaire réfute cette dérive dictatoriale et exige la démission du Premier ministre

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Suite à la décision du gouvernement de réquisitionner les magistrats en grève illimitée il y a plus de 2 mois, les deux syndicats de la magistrature (SAM et SYLIMA) ont, ce mercredi 10 octobre 2018, organisé au sein de la salle d’audience de la Cour d’appel de Bamako, une assemblée générale à l’issue de laquelle des résolutions ont été adoptées à l’unanimité par les magistrats. Ils exigent, entre autres, la démission du Premier ministre, des ministres de la Justice et de la Fonction publique….

Après la décision récemment communiquée par le Premier ministre Soumeylou Boubye Maiga, portant sur la réquisition des magistrats grévistes, le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) ont pris, à l’issue d’une assemblée générale qui a enregistré la présence des présidents de SYLIMA, Hady Macky Sall, et de SAM, Aliou Badra Nanakasse, et de plusieurs magistrats, une résolution ayant fait l’objet d’unanimité de la part de l’ensemble des magistrats grévistes maliens.

Les syndicats de la magistrature statuant sur la réquisition du PM
Hady Macky Sall
En effet, après un bref rappel des mobiles de ladite grève par Hady Macky Sall, lesquels ont trait à la sécurisation des juridictions ainsi qu’aux personnels judiciaires et l’amélioration des conditions de travail des magistrats par la revue du statut de la magistrature, Diakaridia Bakayoko lira, dans le communiqué conjoint des deux syndicats, qu’après avoir constaté la violation gravissime du principe de la séparation des pouvoirs prévu dans la constitution malienne, l’indépendance du pouvoir judiciaire par l’article 81 et le droit de grève inclus dans ladite constitution, les syndicats, estimant que le pouvoir exécutif ne peut prendre une telle mesure de réquisitionner le judiciaire, appellent l’ensemble des magistrats à faire bloc contre ces mesures attentatoires aux valeurs républicaines et démocratiques.

C’est pourquoi, suite à une large concertation des membres participants, les magistrats, ainsi méprisés par la partie gouvernementale via une retenue sur leur salaire, ont, entre autres, adopté à l’issue de cette assemblée générale, certains points: la demande à l’ensemble des magistrats requis de refuser de se soumettre aux décisions illégalement prises par le gouvernement, l’engagement d’une part des deux syndicats à la saisine de l’OIT contre l’actuel gouvernement face aux scandales graves et intolérables qu’il s’est livré dans le cadre de l’exercice des libertés syndicales et du droit de grève, et d’autre part, à saisir aussi les instances juridictionnelles nationales et internationales pour non seulement récuser le président de la Cour suprême du Mali, dans la conduite des procédures à venir opposant les magistrats au gouvernement, mais aussi de surseoir à l’exécution du décret du gouvernement portant sur la réquisition des magistrats, avant de poursuivre l’annulation dudit décret.

La résolution de la présente assemblée générale a également exigé la démission du Premier ministre, Soumeylou B. Maiga, du ministre de la Justice, Tiénan Coulibaly, et du ministre de la Fonction publique, Mme Diarra Raky Talla, tout en portant des griefs à leur encontre, pour haute trahison et pour complot contre la sureté de l’Etat.

Aussi, l’assemblée générale exige-t-elle la démission de M. Nouhoum Tapily de ses fonctions de président de la Cour Suprême, tout en engageant les syndicalistes à porter plainte contre lui pour forfaiture, sans oublier, qu’enfin, la résolution a aussi décidé de ne pas lâcher son chemin. C’est pourquoi, elle a décidé de maintenir son mot d’ordre de grève illimité jusqu’à ce que l’intégralité des doléances soumises au gouvernement soit peaufinée.

Mamadou Diarra, stagiaire

Source : aBamako

aBamako

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