Grève des magistrats : Face à la position intransigeante des grévistes, l’Etat montre ses muscles

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Un bras de fer oppose le gouvernement aux magistrats en grève depuis le 25 juillet dernier. Une grève pourtant jugée illégale par la Cour Suprême. Ce qui a contraint le gouvernement à prendre un décret permettant de réquisitionner temporairement les magistrats grévistes. Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, en visite le week-end dernier dans le Delta Central du Niger, s’est, pour la première fois, prononcé ouvertement sur la position de l’Etat sur cette grève illimitée des magistrats déclenchée conjointement par le SAM et le SYLIMA.

«Dès la semaine prochaine, nous procéderons à la vérification dans les tribunaux, du respect ou du non-respect de l’effectivité de la réquisition des magistrats », a déclaré le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga

En effet, s’exprimant publiquement pour la première fois sur la grève des magistrats depuis la prise du décret de réquisition par le Gouvernement, Soumeylou Boubèye Maïga essaye de faire comprendre aux grévistes que les défis auxquels le pays est confronté exigent de chacun, un don de soi et du sacrifice.

Sans ambages, ces propos sonnent comme un message valable pour toutes les corporations à cause de la situation difficile dont se relève peu à peu le Mali.

Selon le Premier ministre, le droit de grève n’exclut pas l’obligation de service minimum et le décret de réquisition vise à assurer le droit constitutionnel d’assurer la continuité du service public de la justice.

D’après le chef de l’exécutif, l’Etat d’urgence autorise pleinement le recours qui a été fait à la réquisition des grévistes à partir du moment que leur objectif était de prendre l’Assemblée Nationale en otage. Il a par ailleurs indiqué que l’Etat respectera tous ses engagements y compris l’augmentation de 10% des salaires des magistrats.

Dans les prochains jours promet-il, l’Etat procédera à une évaluation de la réquisition faite aux magistrats. Mieux, il n’exclut pas de saisir, le cas échéant, le Conseil Supérieur de la Magistrature pour toutes les conséquences de droit qui pourraient en découler, notamment en termes de mobilité du personnel.

« L’effort national déjà consenti au profit des magistrats ne permet pas au Gouvernement dans l'immédiat d’envisager des mesures financières supplémentaires, par souci de ne pas porter atteinte à l’équilibre global sur lequel reposent les finances publiques. En outre, dans le souci d’une gestion globale des rémunérations, le Gouvernement se propose de convoquer une conférence sociale entre décembre 2018 et janvier 2019 sur la question des salaires pour des solutions durables, équitables et soutenables », a-t-il laissé entendre.

Le Procureur de la commune IV M. Dramane Diarra, dans une interview accordée à un confrère du journal ‘’Aujourd’hui’’, a déclaré que les grévistes sont des personnes astreintes à l’observation du service minimum et que la loi exige qu’il soit exécuté par le président, le vice-président, le Procureur de la République, le Greffier en chef et le service de l’information du tribunal.

Parlant de l’aspect financier dans les revendications des grévistes, il dira qu’il est pris en compte par le procès-verbal de conciliation du 9 février 2017 qui reconnaît que l’Etat a fait un effort de 10% d’augmentation sur la valeur indiciaire du salaire.

«La grille indiciaire étant annexée au statut de la magistrature devrait faire l’objet de relecture et c’est au moment de la relecture qu’on allait discuter sur l’augmentation à faire par rapport à la grille. À ce que je sache, cette relecture n’est pas encore faite. Ceux qui nous ont amenés dans cette crise-là ont agi par ego et par rapport à des questions strictement personnelles », a-t-il indiqué.

Moussa Sékou Diaby

Source : aBamako

aBamako

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