N. SUKALA-SA : une société esclavagiste à surveiller de près

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La nouvelle société Sukala (N.Sukala) est devenue un véritable enfer pour les employés y travaillent. Cette société sucrière est dirigée par des cadres aux allures d’esclavagistes qui infligent un traitement inhumain aux travailleurs. Une situation qui interpelle les autorités maliennes et surtout les défenseurs des droits de l’homme.

Spécialisée dans la production du sucre au Mali, la Nouvelle société Sukala située à Bewani dans la région de Ségou, est une société anonyme dont 60% du capital sont détenus par les Chinois et les 40% par l’Etat malien. La société emploie environ 10 000 saisonniers et plus d’une centaine de travailleurs permanents. Sa production avoisine les 90 000 tonnes de sucre par campagne. Derrière ces chiffres qui suscitent l’espoir, se cache une situation dramatique. La N Sukala fait partie des sociétés au Mali où le Travail rime avec esclavage. Et ce ne sont pas les employés de cette boite qui nous diront le contraire, encore moins les autorités maliennes. Même si ces dernières refusent de voir la réalité en face.

Depuis l’ouverture de cette société dans des circonstances restées jusque-là floues, les droits des travailleurs y sont foulés aux pieds par ses responsables, en complicité avec le département de tutelle et l’inspection du travail, lesquels refusent de prendre leurs responsabilités.

A l’issue de nos investigations nous sommes parvenus à un constat amer: les travailleurs de N Sukala sont ceux qui subissent le plus mauvais traitement au Mali. A N. Sukala les travailleurs ne sont pas seulement payés au rabais, mais c’est également une société où le droit d’expression est banni. Les travailleurs maliens, à l’exception des Chinois, y sont muselés et maltraités. C’est aussi une boite où le travailleur doit accepter de subir sans se plaindre pour espérer y rester. Il nous est revenu également que le travailleur qui ouvre la bouche pour réclamer un quelconque droit est simplement licencié, sans motif et sans droit.

Deux poids, deux mesures

Suite à la pression des travailleurs, le Conseil d’Administration de la société a élaboré une nouvelle grille salariale en 2012. Depuis cette date, cette grille salariale n’est appliquée que sur les travailleurs chinois. Coté malien, la nouvelle grille salariale n’est appliquée que sur le DGA et DRH. Les autres travailleurs maliens, quant à eux, sont abandonnés à leur triste sort. Plus grave, évoquer cette question de grille salariale à N. Sukala est consideré comme un crime de lèse-majesté.

Non prise en charge des accidents du travail, absence de sécurité sociale pour les employés maliens, non-respect du droit syndical sont, entre autres, des cas de violation récurrents des droits des travailleurs à N. Sukala. Sous la menace des cadres maliens (DGA et Directeur des ressources humaines), les membres du comité syndical de la société sont tenus de se taire sur tous les cas de violations des droits des travailleurs au risque de se voir virer. En bref, à N. Sukala, tout est entrepris au mépris de la législation malienne.

«Les autorités de tutelle et les inspecteurs du travail se rangent toujours du côté des patrons de la société sans se soucier des conditions des travailleurs. Lors de leur visite de courtoisie et de prise contact des autorités, tout est fait pour empêcher le syndicalistes et les travailleur de prendre la parole pour parler de leur situation. Ce qui n’est pas normal. Ce qui est plus grave et inadmissible, ce sont des Maliens qui maltraitent leurs compatriotes à N SUKALA» nous confie un travailleur sous anonymat.

Tant que les autorités maliennes ou les inspecteurs du travail acceptent de monnayer leur silence contre l’espèce sonnante et trébuchante, les travailleurs Maliens seront toujours traités et réduits en esclaves sur leur propre terre. C’est qui se passe à N. SUKALA.

N. Sukala n’est pas seulement championne en matière de violation des droits des travailleurs, elle est également connue pour ses irrégularités en matière du fisc. Ce qui constitue un manque à gagner pour le trésor public.

Nous y reviendrons

Aboubacar Berthé

Source: Le Serment du Mali

Source : aBamako

aBamako

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