Tiken Jah Fakoly retrouve les vibrations africaines

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Abidjan, 18 oct 2018 (AFP) - "Retrouver les vibes africains", c'est le
souhait de la star ivoirienne du reggae, Tiken Jah Fakoly, qui a réaffirmé son
"panafricanisme" en enregistrant son nouvel album dans le studio flambant neuf
qu'il vient d'installer dans le quartier populaire de Yopougon à Abidjan.
Une démarche musicale "panafricaniste": Tiken, qui vit entre le Mali et la
Côte d'Ivoire sans compter ses tournées européennes, a investi à Abidjan,
créant dans le même immeuble que le studio, une radio "Radio libre Fakoly" et
des salles de répétition. Il ambitionne aussi de monter la première
bibliothèque reggae d'Afrique.
"Mes deux premiers albums ont été enregistrés ici avec des musiciens
ivoiriens et après j'ai fait la Jamaïque quatre fois, la France une fois,
l'Angleterre une fois... J'ai envie de retrouver le son reggae africain, C'est
vraiment un choix artistique", explique le chanteur, âgé de 50 ans, dreadlocks
et regard toujours perçant.
"J'ai constaté à travers les petits concerts avec les groupes ivoiriens
qu'il y avait une vibration assez spéciale. Et donc, je voulais absolument
retrouver ça pour le prochain album", poursuit l'artiste
Méthode originale: Tiken a présélectionné cinq groupes locaux pour leur
faire passer un casting à Yopougon. Il a finalement enregistré ces dernières
semaines 11 titres avec le groupe R Light et quatre avec Simon Roots.
"Ca fait plaisir de jouer avec un grand nom. C'est une main tendue et c'est
bienvenu pour nous", explique Francis Ayo, le batteur de R Light, "fier de
pouvoir figurer sur un album +international+".
"Il y a un petit peu de stress, mais il est cool", confie-t-il à propos de
la star.
"Les autres groupes étaient bons. Chacun avait quelque chose de spécial.."
analyse Tiken qui dit vouloir aussi servir de marche-pied aux jeunes
générations.
"Si j'ai réussi, je peux dire que c'est d'abord grâce au premier public qui
m'a suivi au pays et donc il est important que je revienne pour donner quelque
chose", dit-il à propos du groupe choisi.
"C'est important d'investir en Afrique. Tous les Africains qui ont réussi
devraient investir en Afrique parce que l'Afrique a besoin de nous. Personne
ne viendra changer ce continent à notre place", insiste le chanteur.

- "Je chante l'Afrique" -

"Je veux contribuer au développement du continent. Je chante l'Afrique, je
défends l'Afrique et il est important que je pose des actes concrets",
souligne-t-il.
"Je suis un panafricaniste convaincu, répète Tiken. "Que je sois à Bamako,
en Guinée, au Burkina, je me sens chez moi. Je suis africain! Le jour où tous
les pays africains seront ensemble, alors nous allons gagner tous les combats.
Parce que nous avons toutes les matières premières dont les pays occidentaux
ont besoin".
"Nous sommes une force. Mais, malheureusement nous sommes désunis. Et donc
je pense que je chanterai cette unité jusqu'à la fin de ma carrière", dit-il.
Son prochain album continuera à être engagé dit l'auteur de "Balayeur" ou
"Plus rien ne m'étonne". Politique, corruption, néocolonialisme,
sous-développement... "Les thèmes abordés sont ceux de toujours", explique
Tiken qui révèle aussi avoir signé un texte sur l'immigration.
La création de sa radio, comme des studios et des salles de répétition
s'inscrivent dans cet engagement, indique Tiken, qui marche dans les pas de
son aîné reggaeman, Alpha Bondy, qui a lui aussi une radio à Abidjan.
"La radio est la radio des sans-voix. Notre souhait, c'est de donner la
parole à tout le monde: vendeur d'arachides, de galettes... Tout le monde!
S'il a des choses à dire!", explique Tiken Jah qui s'inscrit aussi dans une
démarche musicale.
"On va passer toutes les musiques. Pas seulement le reggae. Il faut donner
la chance à tous les jeunes qui ont envie de faire carrière, permettre à des
talents d'éclore et d'être entendus", dit-il accoudé à un des murs de son
bâtiment et d'un dessin de Marcus Garvey.
Sur les murs, cohabitent des figures politiques - Angela Davis, Thomas
Sankara - et musicales - Bob Marley, Ernesto Djédjé, Koko Dembelé.
"Ce sont des gens qu'il ne faut pas oublier", estime Tiken. "Les jeunes qui
passeront ici à la radio verront ces dessins, ils vont poser des questions et
ça sera l'occasion pour nous de leur expliquer ce que Marcus Garvey a fait
mais aussi ce que Salif Keïta représente..."
pgf/jh/jhd

Source : aBamako

aBamako

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