Nouveau plateforme de l’opposition: la convergence de la divergence

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La Plateforme politique dénommée Coalition des forces patriotiques (COFOP) a lancé ses activités le dimanche 21 octobre, à la Maison de la presse. Composée de plusieurs responsables politiques, cette nouvelle plateforme s’inscrit contre le report des législatives estimant que cela est une violation de la Constitution du Mali et du Code électoral.

Les initiateurs de la Plateforme ‘’Coalition des forces patriotiques’’, en occurrence Moussa MARA, Moussa Sinko COULIBALY, Housseiny Amion GUINDO, Oumar MARIKO et Abdoulaye Amadou SY étaient face à la presse hier dimanche. C’était en présence des militants des Partis et Mouvements politiques concernés.
La création de ce front est justifiée, selon ses initiateurs, par l’intention des autorités de reporter les élections législatives initialement prévues en novembre et décembre prochain. Pour eux, il n’y a ni la forme ni le fond dans la démarche du pouvoir de remettre ces élections à une autre date.
Une démarche
solitaire
Dans leur déclaration commune, ils estiment que la tentative du Gouvernement de proroger le mandat de l’Assemblée nationale est « solitaire et méprisante » en plus d’être « une violation majeure » de la Constitution malienne. L’approche en vue pourrait entacher, de manière significative, la démocratie et la crédibilité du pays, ont-ils estimé.
« Cette manœuvre politicienne doit être dénoncée et combattue par tous les citoyens souhaitant préserver l’un des biens les plus précieux du Mali : sa démocratie et le respect de son texte fondamental », ont-ils précisé dans leur document politique.
Pour son caractère illégal, ont-ils martelé, l’idée du report des législatives par les autorités doit interpeller le peuple malien parce qu’il est également susceptible d’entraîner le pays dans des dérives menaçant la stabilité des institutions. Ainsi, en créant ce rassemblement politique, ses initiateurs se fixent comme mission principale de s’opposer à ce report tout en exigeant le respect de la Constitution et de défendre la Patrie.
Selon le président de la Codem, les avis contradictoires des neuf sages sur ce sujet, en l’espace d’un mois, sont la preuve qu’il y a une complicité flagrante entre le Gouvernement, la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale. La décision de report des législatives donne l’impression que le pays est géré par un clan qui prend ses décisions et les impose aux autres.
Quant à Moussa MARA, il estime que l’approche est un coup d’État déguisé contre la démocratie et contre le peuple malien. Aussi, a-t-il ajouté, c’est une forfaiture que les députés prennent la décision de proroger leur mandat. Ainsi, il s’inquiète que l’avis de la Cour Constitutionnelle ne fasse pas une jurisprudence dans le pays.
« Nous avons beaucoup de divergences. Nous avons mis de côté nos différences pour faire barrage contre la violation des textes de la république. Nous disons non à la décision du report des élections législatives qui est une tentative de déstabilisation du Mali », a déclaré l’ancien Premier ministre. Selon lui, tous ceux qui aspirent à la démocratie doivent soutenir les visions et les missions de ce Front. Pour lui, il faut être avec eux ou contre la démocratie dans le pays.
L’ancien Premier ministre Moussa MARA a également précisé que la COFOP n’a pas vocation de conquérir le pouvoir et n’est pas non plus un front anti-IBK.
Des problèmes de fond
En plus de partager les objectifs de la Coalition, la conférence de presse a été l’occasion d’exposer les divisions de ses initiateurs sur les élections législatives et bien d’autres sujets.
Dans leurs interventions, ils se sont beaucoup interpellés et contredits. En effet, contrairement à la principale mission de la COFOP de s’opposer au report des législatives, Dr Oumar MARIKO a exprimé publiquement son désir de repousser la tenue des législatives. Il a soutenu qu’il y a des choses à corriger après la présidentielle entachée, selon lui, par des irrégularités.
« J’avais écrit à l’époque au Premier ministre et au ministre de l’Administration territoriale de revoir la date des législatives pour que le pays puisse tirer les leçons de la présidentielle bâclée. Je ne veux pas que les législatives soient organisées dans les mêmes conditions que la présidentielle », a rappelé l’honorable Oumar MARIKO. Ainsi, ce qui est considéré par Housseiny Amion GUINDO et Moussa MARA comme une violation flagrante de la Constitution est cautionnée par Oumar MARIKO dans le souci de mieux faire.
Deuxième point de divergence, Dr MARIKO a affirmé également, lors de la conférence de presse, qu’il ne reconnaissait pas Ibrahim Boubacar KEITA comme Président de la République du Mali. Il a expliqué que son élection n’est pas le choix des Maliens. Ainsi, a-t-il déduit : IBK n’est pas le président des Maliens. A cet effet, il est de ceux qui veulent qu’IBK quitte le pouvoir.
Moussa MARA tout comme Housseini Amion GUINDO ne partage pas cet avis. Sans lui répondre directement, ils ont aussi ont été fermes : « la Coalition n’est pas un front contre IBK. Le Président Ibrahim Boubacar KEITA a été mal élu, mais il a été élu».
Moussa MARA a ajouté qu’il ne sera associé à aucune action pour faire chuter IBK.

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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