Amadou Ba : «Il n’y a jamais eu détournement dans la gestion du budget de la CNI »

1

La destitution du président et du premier questeur de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour «manquements, errements et indisciplines budgétaires» par une Assemblée générale extraordinaire tenue le 22 octobre continue de défrayer la chronique. Pour cause, le président Amadou Ba et le premier questeur n’ont pas tardé à réagir. La conférence de presse qu’ils ont tenté d’animer mardi dans les locaux de la CENI a tourné en un affrontement qui a fait quelques blessés légers.

Pour connaitre la version d’Amadou Ba, nous l’avons rencontré, hier, dans son bureau. La situation actuelle de la CENI est imputable aux comportements de certains commissaires nationaux, nous a d’emblée affirmé M. Ba ajoutant que beaucoup de ces commissaires ne sont pas surpris par ce qu’il a lui-même appellé une «fronde». Il a indiqué avoir, le 12 septembre dernier, reçu une mission d’audit du ministère des Finances sur la gestion du budget alloué à la CENI pour les deux tours de la présidentielle de 2018. «Après avoir visé leur ordre de mission, je l’ai transmis à la direction de la CENI et au 1er vice président, conformément aux dispositions de notre règlement intérieur, en instruisant au 1er questeur de se mettre à la disposition des auditeurs pour tout besoin »

A son retour de la France où il a passé un mois pour raison de santé, le président Ba dit avoir été saisi par le 2è vice-président de la CENI d’une prétendue commission ad-hoc mise en place pour statuer sur la gestion financière de la structure par rapport à la présidentielle et le paiement des reliquats concernant l’acquisition des véhicules achetés en 2017. «Surpris par leur démarche illégale, je leur ai rappelé l’existence d’une commission de contrôle interne qui avait été mise en place en plénière par la majorité des 2/3 des membres, en plus de la mission d’audit du ministère des Finances», a expliqué Amadou Ba. Avant d’enchainer : «Donc, je ne me reconnais pas en cette commission dite ad-hoc. Le clou de la situation, c’est quand j’ai reçu la Mission d’observation de l’UE que les frondeurs, avec à leur tête Me Moctar Mariko, ont fait irruption dans mon bureau en s’en prenant aux agents de sécurité qui voulaient leur en refuser l’accès. Du coup, ils (NDLR: les frondeurs) ont cassé la vitre de la porte en présence des observateurs de l’UE », a déploré notre interlocuteur. Amadou Ba informe qu’il a saisi le procureur du tribunal de la commune IV après constat d’huissier, pour exiger l’ouverture d’une enquête en vue de situer les responsabilités «dans cet incident malheureux qui ne peut que ternir l’image de notre pays».

Monsieur Ba s’est lui-même qualifié d’apolitique du fait de sa profession de magistrat. «Donc, qu’on arrête de dire que je défends les intérêts de l’opposition. Je dénonce cette violation du règlement intérieur et de notre manuel de procédure que j’ai fait concevoir à mon arrivée à la tête de la CENI », a-t-il dit, tout en précisant qu’aucun membre du bureau national au niveau de Bamako n’est lésé par rapport à ses droits. Cependant, il reconnait que certains de l’intérieur connaissent des retards par rapport au paiement de leurs indemnités. Pour lui, cela est dû au décaissement qu’ils avaient fait pour payer le reliquat du fournisseur des véhicules à la suite d’un ordre du Premier ministre.

«Il n’y a jamais eu de détournement dans la gestion du budget de la CENI, et nous appellons les frondeurs au sens de la responsabilité, du respect des principes d’administration et de gestion des institutions de notre République », a conclu Amadou Ba.

Aboubacar TRAORÉ

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here