N’Tabacoro IV: les logements prêts, mais…

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Le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Mohamed Moustapha SIDIBE, à la tête d’une forte délégation, composée des membres de son cabinet, a visité, hier lundi, les logements sociaux de Ntabacoro réceptionnés ou en cours de réception, pour forger sa propre opinion sur le point de la situation.

La délégation ministérielle comprenait, entre autres Drissa COULIBALY, le directeur national de l’Urbanisme et de l’habitat ; le directeur général de l’Office malien de l’habitat (OMH), Yéhia HAIDARA ; des responsables des entreprises immobilières, à savoir le directeur général de CIRA-IMMO, Adama Moulaye SIDIBE ainsi que le PDG de Banga Immobilière, l’honorable Hady NIAGANDOU.

À l’issue de la visite qui a concerné plusieurs logements sociaux, notamment le programme des 500 logements sociaux, la cité des Maliens des États-Unis d’Amérique, etc., le ministre a dit regretter que les travaux de raccordement des voiries et réseaux divers (VRD) accusent un retard significatif, à cause de l’obstruction des voies d’accès et à des occupations illicites.
Pour le ministre, cette situation ne permet pas de livrer ces logements à l’État. Il a fait savoir que la Commission de libération des emprises des voies lui a fourni son rapport et que des dispositions conséquentes seront prises pour libérer ces domaines publics dans un bref délai.
Au niveau du chantier de l’entreprise CIRA-IMMO, devant réaliser 500 logements sociaux, les difficultés sont l’occupation de certaines emprises, le manque de main-d’œuvre, surtout en début d’hivernage, toute en voie de résolution avec la fin de la période hivernale.

Selon Adama Moulaye SIDIBE, le chantier a atteint un niveau d’avancement très satisfaisant. Il dit avoir bon espoir de livrer les maisons dans un délai très court (3 à 4 mois maximum).

Sur le site de Ntabacoro, l’entreprise CIRA-IMMO doit réaliser 110 villas. Mais le gros du contingent de son programme de construction, soit 390 logements, se trouve sur un autre site.
Selon le directeur général de l’OMH, sur le programme des 20 000 logements sociaux, initié par le Président IBK, 12 566 logements sont déjà réalisés. Sur ces 12 566, actuellement ce sont 3 743 logements (dont 2 520 de type F3 et 1223 de type F4) qui sont prêts pour la distribution à travers le Mali.

D’ores et déjà, a-t-il précisé, 1 200 logements ont fait l’objet d’une cession-vente directe pour générer des fonds pour l’OMH.

En ce qui concerne la distribution des logements, M HAIDARA s’est empressé de préciser que certains rapports des commissions régionales de distribution sont toujours attendus. C’est après que les documents seront soumis au ministre de l’Urbanisme et de l’habitat que celui-ci à son tour va saisir le Premier ministre, qui décidera de la date officielle de remise des clés.
À l’issue de la visite, le ministre a eu une rencontre technique avec les responsables immobiliers, de laquelle rencontre rien n’a filtré. Toutefois, tout porte à croire que le ministre a profité de l’occasion pour asséner certaines vérités aux services techniciens et aux promoteurs des sociétés immobilières.

En tout cas, face à la gravité de l’occupation illicite des sites par certains citoyens, à travers la construction de logements privés sur les emprises et les voies avec la complicité de certains responsables et gendarmes, pourtant rémunérés pour assurer la sécurité de la zone et empêcher les constructions illicites sur les sites, le gouvernement doit prendre ses responsabilités en ordonnant la démolition des logements illicites.

Sans quoi, il serait très difficile, voire impossible de distribuer les logements sociaux dont certains ont déjà des fissures.

Par ailleurs, rapporte-t-on, certains propriétaires expropriés pour cause d’utilité publique, après dédommagement, ont vendu leurs parcelles à de nouveaux acquéreurs qui sont en train de construire sur ces sites. En effet, lorsqu’on parle d’expropriation pour cause d’utilité publique, on est dans le domaine public de l’État. Ainsi, quels que soient les documents détenus par les personnes qui sont là, il ne s’agit que de documents d’une autorité administrative. Or l’expropriation pour cause d’utilité publique est un décret gouvernemental, signé par le Président de la république, le Premier ministre, le ministre des Finances, le ministre de l’Urbanisme et le ministre de l’Administration territoriale que la signature d’un préfet, sous-préfet, ou même gouverneur ne peut être au-dessus.

Et, quels que soient les documents que les occupants ont volontairement ou involontairement créés, ils sont nuls et de nul effet en droit, car ne pouvant produire aucun effet juridique.
Pour les spécialistes de droit, quand ces derniers prétendent s’installer sur ces sites sur la base de documents régulièrement obtenus, cette régularité n’existe plus, car anéantie par le décret gouvernemental.

En tout état de cause, force doit rester à la loi ! « Si on applique la loi, on ne les laissera pas construire. S’ils construisent, on doit démolir, car l’Etat ne doit pas laisser les vies humaines périr parce que certains pensent que leurs besoins de maison doivent faire courir des risques à toute une communauté, disait un ancien ministre.
Par Sékou CAMARA

Source : aBamako

aBamako

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