Grève des magistrats : l’UIM désapprouve

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« Obéir aux règles du droit de grève et se conformer à l’avis de la Cour Suprême du Mali », telle est la principale résolution de l’Union internationale des magistrats (UIM) lors de sa 61e réunion de tenue à Marrakech au Maroc, du 14 au 18 octobre 2018, au sujet précis de la grève illimitée sans service minimum des magistrats du Mali, depuis trois mois.

Le Mali était représenté à ce rendez-vous par Cheick Mohamed Chérif KONE, membre du Conseil Central de l’Union internationale des Magistrats, président du Syndicat autonome de la magistrature du Mali (SAM).

Selon M KONE, l’Union Internationale des Magistrats refuse toute caution ou solidarité aux magistrats grévistes du Mali.
L’UIM, rapporte Cheick Mohamed Chérif KONE, demande aux magistrats grévistes, sans autre forme, « à obéir aux règles du droit de grève et à se conformer à l’avis de la Cour Suprême du Mali ».

Aussi, a-t-il souligné, aucune résolution contre le Gouvernement du Mali dont les efforts dans le sens de l’amélioration des salaires des magistrats en dépit de la situation du pays, n’a été prise. Au contraire, l’Union internationale a plutôt félicité l’exécutif malien pour cette volonté réaffirmée.
« Sur le plan salarial, les efforts des pouvoirs publics et du peuple du Mali ont été reconnus et salués. Les revendications de 2016 suivies des actions syndicales de 2017, dont la pertinence avait été reconnue par les plus hautes autorités avaient été soutenues par le peuple malien dans toutes ses composantes, de même que par l’Union Internationale des Magistrats », a-t-il rappelé. Et de préciser que depuis le 9 février 2017, le salaire du magistrat débutant au Mali, reflète la position du pays au sein de l’espace UEMOA.

Par contre, dira Chérif KONE, pour la première fois dans l’histoire de l’UIM, une Résolution du Groupe africain de l’Union concernant la grève « illimitée » et « sans service minimum » déclenchée par un groupe de magistrats est adoptée à l’unanimité et traduite dans toutes les langues de travail de l’UIM.

Comme pour réaffirmer son refus de donner sa caution à tout mouvement illicite, de la part du magistrat ou de groupes de magistrats, conformément aux principes de l’UIM, le Groupe africain, avant de souligner que le Mali est un pays « régi par des règles de démocratie et que tout le monde doit obéir à ces règles y compris et surtout les magistrats », a déploré, entre autres, le caractère illégal de la grève illimitée déclenchée au Mali par certains magistrats ; ses conséquences néfastes sur les droits de l’Homme et des justiciables, comme « causant beaucoup de tort » ; l’attitude excessive incompatible avec la retenue et la réserve qui doit caractériser toute démarche du magistrat ; les dérives langagières auxquelles certains magistrats se sont adonnés au travers des réseaux sociaux.

Loin d’apporter un quelconque soutien, les associations membres de l’UIM ont en toute responsabilité, « demandé, unanimement aux magistrats grévistes d’obéir aux règles du droit de grève et de se conformer à l’avis de la Cour Suprême du Mali ».

Ne soutenant pas par principe une grève illimitée, notamment pour des revendications d’ordre matériel ou financier, l’Union Internationale des Magistrats reste formelle qu’aucun motif ni aucune raison ne devrait conduire des magistrats à méconnaitre l’obligation d’assurer le service minimum.
Si le groupe a décidé de sortir de sa réserve pour se prononcer, à travers une résolution officielle, c’est parce qu’il désapprouve le mouvement qui n’est pas conforme à la loi et aux règlements régissant la grève en République du Mali comme spécifié dans l’avis de la Cour Suprême qui s’impose au magistrat.

« Si cette résolution est claire, son caractère péremptoire est sans équivoque pour tout juriste. Voulue concise, mais complète, elle est la quintessence des débats prenant en compte des paramètres liés à la qualité des commanditaires de la grève illimitée qui restent avant tout des magistrats. Tout en optant à l’unanimité pour la désapprobation de ladite grève, des préoccupations, inquiétudes et soucis exprimés ont été pris en compte.

Par Sékou CAMARA

Source : aBamako

aBamako

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