Problématique de l’emploi : Une des plus graves questions posées à nos gouvernants !

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Dans tous les pays du monde, la problématique de l’emploi des jeunes se pose de manière cruciale. C’est, en effet, l’une des plus graves questions posées à nos gouvernants de quelques niveaux qu’ils soient.

La conjoncture (nationale et internationale) ainsi que les mauvais choix de politiques publiques parfois accompagnés de démagogie, sont à l’origine des problèmes d’insertion que rencontrent les jeunes de notre pays. Les solutions devront être différentiées selon la nature des problèmes à résoudre. Évoquer la question de l’emploi des jeunes, revient à se poser 5 autres questions :

1-l’accompagnement des jeunes vers le premier emploi, 2-l’adéquation entre formation et emploi ; 3-le décrochage autrement dit « les laissés pour compte » qu’en faire d’eux ? 4-la cohérence politique et territoriale de nos choix,5-l’évaluation de ces choix (pertinence, efficacité et efficience).

Pour que les jeunes au chômage, « les opprimés » de notre société cessent de l’être, il est urgent de convoquer une grande conférence sociale sur l’emploi et/ou l’insertion des jeunes dès ce début du second quinquennat du président Ibrahim Boubacar Keita. Ce rendez-vous permettrait d’inaugurer une nouvelle façon de penser et d’agir ensemble, pour qu’enfin nous (société civile, organisations syndicales et patronales, associations, groupements) débattions d’un contrat social (sociétal) plus juste à bâtir avec nos énergies, nos initiatives et nos entreprises. Pour cela, il faudra l’effort de tous, de la constance et de la confiance en soi. La question de grandes missions territoriales autour de l’emploi des jeunes sur toute l’étendue du territoire sera au cœur de ce rendez-vous pour aider les jeunes dans leur parcours d’insertion sociale et professionnelle par l’information, l’orientation et l’accompagnement. La territorialisation de nos politiques publiques de l’emploi sera l’une des clés de réussite de notre combat contre le chômage et pour l’emploi des jeunes.

Propositions de solutions

Pour solutionner le problème crucial d’emploi des jeunes, il urge entre autres de favoriser plus la compétitivité de nos entreprises dans un environnement économique sain. L’Etat seul ne peut être l’employeur de tous les demandeurs d’emplois. Toutefois, il doit réunir, fournir et garantir les conditions de création d’emplois par une réforme du code du travail et par des mesures incitatives sociales et fiscales. De plus, l’Etat doit améliorer l’environnement des affaires, soutenir l’innovation et l’investissement qui sont tous facteurs de créations d’emplois. Il ne s’agit là pas d’un discours patronal ou libéral. « Pour tondre un mouton, il faut d’abord qu’il donne de la laine ».

Pour retrouver des emplois et du pouvoir d’achat, il faut d’abord rétablir la situation économique saine dans notre pays ; Reformer notre système éducatif en redonnant à nos universités tant publiques que privées leur rôle de carrefour de recherche et d’élaboration de modèles de développement. Rendons obligatoire, pour toute formation post bac, un stage intitulé « Entrée à la Vie Active (EVA) » d’une durée de six mois au minimum afin de préparer le jeune aux réalités du travail. Ce stage pourra être pris en compte pour l’obtention de son diplôme sous forme de validation d’Acquis ; Ouvrir aux jeunes en « décrochage » l’école de l’alphabétisation et de la deuxième chance pour ceux qui sont peu ou pas instruits afin de les remotiver à reprendre des études.

Les expériences française et danoise sont intéressantes à plus d’un titre. De ce fait, explorons les voies de l’alternance – l’apprentissage et la professionnalisation- pour une meilleure préparation à la vie active : « Il faut valoriser tous les talents, de manière à limiter les échecs scolaires et d’éviter, chez beaucoup trop d’adolescents, le sentiment d’être exclus, d’être sans avenir. Nécessité d’un melting-pot : voies classiques et alternance de manière à ce que puissent être corrigées de trop fréquentes erreurs d’orientation en assurant chaque adolescent que son sort n’est pas définitivement scellé entre14 et 20 ans ». Et si l’on s’inspirait de programmes et modèles tels que: le programme Pro-jeunes en Uruguay qui a offert une formation professionnelle courte pour les jeunes de bas niveaux avec une pédagogique basée sur la recherche-action et financée de façon tripartite ; l’apprentissage version allemande qui constitue la principale filière de formation des jeunes dans ce pays ; le programme-pilote Juakali au Kenya visant à améliorer les systèmes de formation de jeunes par le « système coupon » le jeune choisit sa formation et son organisme de formation ; le programme Jovenes en Amérique Latine et aux caraïbes alliant école et formation professionnelle ; l’initiative Commonwealth Youth Crédit (CYCI) qui vise à améliorer les opportunités pour les jeunes créateurs d’emplois via le microcrédit ; Faire de la mobilité un facteur d’insertion car elle est une nécessité. Favorisons-la! La méconnaissance des régions du Mali et de la sous-région constitue un facteur handicapant pour tout projet d’insertion. La problématique de l’accès à l’emploi chez les jeunes est aussi particulièrement liée à leurs conditions de mobilité. Traçons-leur des routes d’avenir ;

Explorer l’économie sociale et solidaire : Notre société a subi des mutations. Les inégalités se sont accrues et des Maliens qui souffraient ont vu leur misère grandir. Dans nos cités, aux abords de nos avenues, de nos rues et ruelles, nos sœurs, nos frères, nos enfants, des adultes, malvoyants, malentendants tendent la main parfois au péril de leurs vies. Les enfants trainent ; nos enfants ? Non, ceux des autres. Un spectacle horrible. Explorons ensemble les voies de l’économie sociale et solidaire qui allie utilité sociale, activité économique et/ou gouvernance démocratique et donnant la primauté aux personnes sur la recherche de profits.

Malgré une crise financière, il faut renforcer voire permettre l’accès aux services publics, à la protection sociale, au droit au travail jusque-là soustraits à la loi de la rentabilité et à l’obsession du profit. C’est ainsi que nous ferons du lien social et générerons des solidarités collectives ; réorganisons la production non marchande de notre économie : Réorganisons ensemble la production non marchande (l’économie domestique et la production non marchande des administrations privées et publiques qui fournissent des biens et des services dont certains sont collectifs). Le secteur non marchand recèle des gisements d’emplois : l’Agriculture, l’enseignement, les services non rendus par la puissance publique, l’environnement, la lutte contre toutes les formes d’exclusion, les TICs, les sports comme moyen d’éducation pour tous, le tourisme rural…

Sambou Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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