AGOA: le Mali revisite sa stratégie nationale

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La Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) a organisé, hier mercredi, un atelier d’information et de sensibilisation sur la stratégie nationale AGOA (Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique). La cérémonie d’ouverture était présidée par le président de la CCIM, Youssouf BATHILY ; en présence du président du Comité national AGOA, Lanfia CAMARA ; de la Conseillère économique et commerciale de l’Ambassade des USA, Hannah AHINBYI…

Le président du Comité national AGOA, Lanfia CAMARA, a affirmé que suite au constat que le Mali peine à tirer profit des opportunités offertes par la loi AGOA, il a été décidé d’organiser le présent atelier pour revisiter la stratégie AGOA de notre pays. Une occasion pour enseigner aux participants comment bénéficier de la loi sur l’AGOA.
La Conseillère économique et commerciale de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, Hannah AKINBIYI, a affirmé que l’objectif principal de l’AGOA est de stimuler la création d’emplois et le développement économique en Afrique subsaharienne, augmentant ainsi la stabilité et la prospérité pour toute la région.
« Le Mali a beaucoup à offrir aux États Unis. Nous explorons comment nous pouvons tous travailler ensemble pour accroître les investissements américains au Mali et créer des opportunités commerciales durables pour permettre aux Maliens d’exporter aux États Unis », a indiqué la Conseillère économique et commerciale. Elle a informé que grâce à l’AGOA, les exportations des hydrocarbures de l’Afrique subsaharienne vers les États Unis ont presque doublé et les types d’exportation ont triplé.
Comme opportunités pour les exportateurs maliens sur le marché américain, Mme Hannah AKINBIYI a cité, entre autres, la gomme arabique, le beurre de karité, les noix de cajou, les céréales transformées, la mangue séchée, l’artisanat textile…
Elle a noté que deux principaux facteurs expliquent cette sous-utilisation de l’AGOA par les opérateurs économiques maliens. Il s’agit du fait que le secteur privé de notre pays n’a pas une connaissance suffisante du marché américain et le fait que le Mali n’a pas encore commencé à mettre en œuvre sa stratégie d’utilisation de l’AGOA.
Hannah AHINBYI soutient que l’utilisation efficiente de l’AGOA ne saurait être la responsabilité d’une seule corporation. Pour elle, les gouvernements des pays africains doivent adopter et mettre en œuvre les stratégies d’utilisation de l’AGOA, y compris la promotion et l’amélioration d’un environnement propice au développement des exportations.
Elle estime que les organisations du secteur privé et les entreprises exportatrices doivent également se munir de véritables plans stratégiques en matière de marketing et export, afin de mieux cibler leur clientèle et s’assurer de leur fournir des produits de qualité respectant les standards. Aussi, soutient-elle que le gouvernement américain devrait continuer son appui technique à travers les agences spécialisées comme les Trade Hub de USAID.
Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf BATHILY, a affirmé que cet atelier permettra aux participants de se familiariser davantage avec le contenu de la loi AGOA que les États Unis ont promulguée en 2000 avec comme objectif d’accroître le commerce et les investissements américains avec l’Afrique sub-saharienne. Selon lui, la mise en œuvre de cette loi permet de stimuler la croissance, encourager l’intégration économique et faciliter l’intégration de l’Afrique sub-saharienne à l’économie mondiale.
« Arrivée à terme en 2015, cette loi a été prorogée jusqu’en 2025 avec le même objectif. L’AGOA permet aux produits originaires des pays éligibles de l’Afrique sub-saharienne un accès préférentiel au marché américain. En plus des 4 600 produits bénéficiant du système généralisé de préférence (GSP) l’AGOA permet à plus de 1 800 produits supplémentaires d’entrer sur le marché américain en franchise de droits de Douanes », a expliqué le président Youssouf BATHILY.
Il a noté avec amertume que jusqu’à présent les opérateurs économiques maliens n’ont pas tiré tous les avantages attendus de l’AGOA en termes de volume d’exportation des produits concernés vers le marché américain. C’est pourquoi, dit-il, cet atelier sera l’occasion d’informer le plus largement possible tous les opérateurs économiques intéressés, afin qu’ils puissent tirer le maximum de profit de l’AGOA. Cela, afin de permettre à la balance commerciale du Mali de ressentir les retombées.
M. BATHILY a rappelé qu’en 2015 le Mali n’a exporté que pour 4,5 millions de dollars vers les États-Unis d’Amérique, dont seulement 4,17 millions de dollars sont entrés en franchise de Douanes dans le cadre de l’AGOA.
Face à cette situation, il a insisté sur la nécessité d’outiller davantage les opérateurs économiques pour porter le volume des exportations dans le cadre de l’AGOA à un niveau confortable. Cela, précise Youssouf BATHILY, au moment où tous les efforts sont en train d’être déployés par le ministère en charge du Commerce pour booster les exportations du pays.

PAR MODIBO KONE

Source : aBamako

aBamako

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