Bras de fer gouvernement/magistrats : Le mot d’ordre de grève illimitée levé

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Assemblée Générale extraordinaires des Magistrats à Wi clos, ce jour 1er novembre 2018, dans la salle annexe de la Cour d’Appel de Banankabougou pour mettre fin à la grève illimitée décidée, il y a 100 jours, jour pour jour.Fin de 100 jours de grève sur la base d’une simple promesse présidentielle, ce qui fait sourciller.

A la sortie de cette Assemblée Générale extraordinaires à huisclos, interdite à la presse, les visages étaient visiblement détendus. Aucun signe de colère ne transparaissait sur le visage des Magistrats. Enfin, à l’unanimité, ils ont décidé de lever le mot d’ordre de grève suite à la satisfaction en partie de leurs doléances et la promesse faite par le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita de se pencher prochainement sur leurs revendications salariales dans le cadre d’un dialogue social.

Le Président du SAM (Syndicat Autonome de la Magistrature), AliouBadaraNanacasséà sa sortie, a expliqué les biens fondés de la levée du mot d’ordre de grève illimitée.

« Aujourd’hui, nous avons convoqué l’ensemble des Magistrats de la République pour faire une évaluation du mouvement de grève que nous avons commencé, il y a aujourd’hui 100 jours. Nous avons fait le point de ce que nous avons obtenu et de ce que nous n’avons pas obtenu. C’est fort ce qui précède que nous avons demandé aux Magistrats de se prononcer là-dessus. A l’unanimité, ils ont décidé d’aller vers la suspension de cette grève. Donc, la grève est suspendue jusqu’à nouvel ordre », a dit le président Nanacassé, très soulagé.

 

Parlant des deux points à savoir : – le problème sécuritaire des magistrats sur le lieu de travail et la grille salariale, Nanacasséa dit qu’ils sont tombés d’accords sur« la proposition du gouvernement de déployer des forces de sécurité pour la protection des Magistrats.Après examen, le gouvernement a donné son accord de principe. Mais nous devons finaliser le tout dans un document, signé par les deux parties ».

Quant à la revendication salariale, « Nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas eu d’accord. Il est vrai que nous n’avons pas eu de suite favorable conformément à l’accord qui se trouvait entre le gouvernement et les Magistrats ; mais il y a un engagement du Président de la République à se pencher sur  la question salariale lors d’un dialogue social qui sera organisé par  le Premier Ministre. Il nous a demandé de lui faire confiance et qu’il aura une attention particulière pour la Magistrature. Une main tendue, que nous n’avons pas refusée. Et nous avons décidé de faire confiance au Président de la république. Donc, dans l’ensemble, nous sommes moralement satisfaits».

Quant à leur rapport avec le président de la Cour Suprême, Nanacassé a été on ne peut plus clair : « Nous avons eu un malentendu avec le Président de la Cour Suprême, celui-là même qui a été consulté par le Premier Ministre sur la légalité de la grève puisque La loi portant fonctionnement de la Cour Suprême, interdit au Premier Ministre de recourir à de telle consultation. Si le Premier Ministre vient consulter la Cour Suprême, c’est uniquement pour un projet de loi ou pour un projet de société. Mais en allant solliciter l’avis de la Cour Suprême sur la grève elle-même, le Président de la Cour Suprême devait dire tout simplement au Premier Ministre que votre demande est irrecevable. Ce qu’il n’a pas pu faire. Il a failli sur ce point. Donc, il n’a pas respecté la loi fixant la procédure devant la Cour Suprême. Donc, il a fait plaisir à un homme politique au détriment de sa corporation.C’est ce que nous Magistrats, nous avons reproché à cet homme-là. Non seulement, il a violé la loi, ensuite, il a trahi l’ensemble de la corporation. Si nous sommes-là à cette grève illimitée, c’est de sa faute. Si le Premier Ministre, a pu recourir à une réquisition, c’est de sa faute.Nous avons pris une résolution pour dire que la cérémonie qui sera organisée d’ici peu, les Magistrats ne seront pas côte-à-côte avec lui ».

Enfin, le Président Nanacassé retient de leur grève historique dans les annales de la justice malienne ceci : « Nous avons résisté à toutes les tentatives de sabotage de notre mouvement ; nous avons pu donner le message qu’il faut au peuple malien pour que chacun puisse se rendre compte de la place du juge dans la cité. Tout le monde a compris que sans la justice, tout s’arrête dans un pays. Tout est lié à cela. Au respect des droits de l’homme, à la mobilité des citoyens et même à la quiétude des citoyens dans leur foyer. Même les opérateurs économiques ont compris que si la justice est aux arrêts, il n’y a pas de nouveaux contrats, les bailleurs de fonds n’envoient pas un centime dans le pays. Ils ne peuvent pas faire confiance à un Etat sans justice.Chacun a compris que le juge, ce n’est pas du n’importe quoi que par contre, le juge, c’est une responsabilité, c’est un facteur de développement et de cohésion sociale.Moralement nous sommes satisfaits au sortir de cette grève. Nous allons partir rapidement pour soulager la population».

 

Pépin Narcisse LOTI

 

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Source : Maliweb

Maliweb

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