Politique et albinisme: grosse colère de Salif KEÏTA

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Depuis la fin de l’élection présidentielle qui a vu Salif KEÏTA prendre position pour un candidat de l’opposition, l’artiste international a comme l’impression que le régime on essaye de le museler. Pour preuve, à moins de 72 heures d’une rencontre internationale que sa fondation organise ce jeudi sur l’albinisme, l’artiste était très affecté par cette situation en raison du fait que le gouvernement n’a répondu à aucune de ses sollicitations. C’est donc un Salif KEÏTA très remonté contre le régime que nous avons rencontré ce lundi après-midi à l’espace culturel ‘‘Le Moffou’’ à Kalaban-Coro.

L’attitude du gouvernement n’est pas venue arranger les choses, quand on sait que Salif KEÏTA était inconsolable depuis un certain temps. Depuis que dans la nuit du 13 au 14 mai 2018, la petite Ramata DIARRA, âgée seulement de 5 ans, avait été enlevée et décapitée par son bourreau à Fan. Pour Salif, ce sont les hommes politiques qui sont dernière ce crime rituel.

Ainsi, lundi dernier, il n’a pas du fait dans la dentelle pour charger le pouvoir en place, coupable à ses yeux de complicité avec les assassins de Ramata.

«Ici de toute façon, les gens ont dit que Salif KEÏTA a eu des problèmes lors des élections, parce que je ne suis pas parti avec la majorité. Je ne savais pas qu’il fallait ne pas partir avec la majorité pour ne pas être un Malien. Là, je ne peux pas comprendre ça ; que parce que je ne suis pas parti avec lui, que je n’ai pas voté pour lui, je ne suis pas un Malien, je n’ai pas le droit de passer à la télé, dans les radios. Donc, je ne suis plus un Malien. Ça, c’est déplorable, c’est petit ça ; ça, c’est très petit ! Même dans une même famille, les gens peuvent voter différemment sans que cela n’amène des difficultés dans la famille. Mais ne je savais pas que c’était un délit de ne pas voter pour quelqu’un. Depuis que j’ai appelé à voter pour quelqu’un d’autre, j’ai renversé le monde, je ne suis plus un Malien. Moi je ne vois pas une personnalité ici qui est plus Malienne que moi. Je n’en vois pas, parce que j’aime ce pays, et j’ai donné ma vie à ce pays. Ce n’est pas démocratique.

Pourtant, après les élections, j’ai dit à mes gens : ‘’ on peut travailler avec le gouvernement parce que les élections sont finies maintenant’’. Je ne savais pas qu’il fallait que j’amène des escrocs comme HAÏADARA, comme Bayaya ; des imbéciles qui sont en train d’exploiter les Maliens au vu et su de tout le monde, il faut les envoyer au gouvernement pour que le gouvernement se calme. Nous ne sommes plus dans un Etat démocratique, nous sommes dans une mafia, c’est malheureux. Moi je n’irai pas voir ces gens-là ; parce que je suis plus Malien qu’eux».

De son côté, Mme Coumba MACALOU, présidente de la Fondation Salif KEÏTA, renchérit : «Nous sommes supposés être dans un pays démocratique, c’est pour cela qu’on organise des élections. Lors des élections présidentielles passées, on avait 24 candidats ; donc, ça veut dire qu’on avait un choix à faire. Ce n’est pas le comportement d’un gouvernement démocratique. C’est comme on nous dit : ‘’vous ne nous avez pas choisi, donc débrouillez-vous. Après les élections, Salif a fait une déclaration publique pour dire que les élections sont finies ; voilà le choix que le peuple Malien a fait, et c’est fini. Lui, il a été démocratique dans sa démarche, il a été mûr, il a été sage. Même avec le travail important qu’on fait pour la population malienne, car les albinos, c’est des Maliens, ils nous ignorent. C’est très évident que pour eux, c’est une question politique et personnelle. C’est dommage, c’est dommage pour le Mali. One ne dépend pas d’eux».

A la fin de cette intervention, Salif revient à la charge, «En cas d’insécurité, ils seront responsables. Ça, c’est certain». Avant de poursuivre : «Moi je souhaite tout simplement que l’opinion internationale se rende compte que les gens sont en train d’être sacrifiés ici au Mali. Et puis, ils font ça et ils sortent à la télé, ils s’en vantent. ‘‘Voilà, on fait tous les sacrifices’’», poursuit Salif KEÏTA très remonté.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : aBamako

aBamako

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