Déclaration commune du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), convergence des forces patriotiques (CoFop) et Adema Asociation

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Le rassemblement pacifique organisé par le Front de sauvegarde de la démocratie (FSD) et la Coalition des forces patriotiques (CoFoP) le vendredi 16 novembre 2018 a été violemment réprimé par les forces de sécurité qui ont délibérément jeté des grenades lacrymogènes sur les dirigeants de l’opposition à peine arrivés sur l’Esplanade de la Bourse du Travail. Sans sommation et sans chercher à parlementer contrairement à toutes les règles du maintien d’ordre. L’intention était claire : tuer ou blesser pour l’exemple, faire peur et dissuader l’opposition à organiser d’autres manifestations. Ainsi, avec une rage inexplicable, plusieurs dizaines d’agents se sont acharnés, entre autres, sur Amadou Araba Doumbia, député à l’Assemblée Nationale et membre du Bureau Politique du parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance).

L’honorable Doumbia sortait d’une rencontre avec Soumeylou Boubèye Maïga. Son macaron d’élu national était accroché sur son boubou blanc.

Il a été violemment frappé à coup de bâtons et de matraques.

Admis à la Polyclinique Pasteur après un passage aux urgences du CHU Gabriel Touré, le sang coulait de son nez et de sa bouche suite aux coups de matraques et de pieds qui lui ont été assénés.
Le député Doumbia souffrait de contusions sur tout le corps avec des ecchymoses au niveau de la tête et de nombreuses boursouflures. Il présentait une plaie béante à la face intérieure de la lèvre inférieure ayant nécessité quelques points de suture. Il saignait abondamment.
Les examens radiologiques ont révélé une fracture de la côte du côté gauche sans atteinte du poumon. Sa sortie de la clinique est prévue pour ce lundi.

D’autres participants au rassemblement ont été blessés. Quelques-uns ont été interpellés et au moins deux militants sont détenus au commissariat du premier arrondissement de Bamako. Il s’agit de Sadou Touré, 38 ans et de BassidiHaidara, 28 ans. Dans son obsession à étouffer par la violence toute contestation même pacifique, le régime n’a pas hésité à ordonner à sa police de gazer des personnalités de dimension nationale et internationale comme Ali Nouhoun Diallo, Soumaïla Cissé, Mme Sy Kadiatou Sow, Djibril Tangara, Mohamed Ali Bathily, Choguel Kokalla Maïga, Housseinou Amion Guindo, Maître Mountaga Tall et Hassane Barry, Djiguiba Keïta, Oumar Mariko ou Coulibaly Kadiatou Samaké.

Nous condamnons avec la dernière énergie la répression barbare planifiée par les plus hauts responsables du régime. Cette agression barbare ne restera pas sans conséquences. D’ores et déjà, les responsables des organisations signataires tiennent Ibrahim Boubacar Keïta, Soumeylou Boubèye Maïga et le général Salif Traoré (ministre de la sécurité du régime) pour responsables de cette violence que rien ne justifie. En s’en prenant au droit de manifestation pacifique garanti par la constitution, le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta veut intimider et terroriser l’opposition, les forces vives et l’ensemble du peuple malien.

Ce faisant, il espère faire passer par la terreur ses réformes dont la finalité est la déstabilisation du Mali. Nous lançons un vibrant appel à toutes les forces démocratiques de l’intérieur et de l’extérieur afin qu’elles se mobilisent pour mettre en échec le fascisme rampant et les plans machiavéliques du régime.

Face à l’arrogance d’État et aux velléités autocratiques du régime, nous ne resterons pas les bras croisés. Aussi allons-nous initier dans les heures et jours qui suivent les actions suivantes:

Au plan judiciaire :

1- des plaintes, avec constitution de parties civiles, seront lancées contre SBM, le général Salif Traoré, le commissaire divisionnaire Siaka D. Sidibé, directeur de la Police du District et le commissaire principal Siriman dit Bah Tangara, commissaire du 1er arrondissement de Bamako pour violations de la constitution et de la loi, coups et blessures volontaires ayant entraîné de graves lésions ;

Au plan politique :

1- les partis membres du FSD et de CoFoP boycotteront les séances d’écoute programmées par l’Assemblée Nationale sur le projet de loi organique relative à la prolongation du mandat des députés ;

2- des députés des deux regroupements d’opposition interpelleront devant l’Assemblée Nationale le Gouvernement de fait et notamment les ministres de la Sécurité, de la Justice et de la Santé ;

3- Nous demanderons une enquête parlementaire internationale : le Comité interparlementaire de l’UEMOA, le parlement de la CEDEAO, et de l’Union Africaine, l’Union interparlementaire (UIP) et l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) seront invités à envoyer des missions d’information/d’enquête sur les violences policières du 16 novembre notamment les coups et blessures délibérément infligés au député Amadou Araba Doumbia ;

4- Nous rencontrerons les ONG de droits de l’homme ainsi que les représentants de la communauté internationale ;

Au plan de la mobilisation :

Par respect pour l’Islam et les musulmans du Mali, nous observerons une trêve pendant la période du Maouloud.vUne grande marche populaire de protestation et de résistance contre la répression, la violation de la constitution, les dérives anti-démocratiques et autocratiques, les projets de découpage territorial et de déstabilisation du Mali et l’insécurité sera organisée après la semaine du Maouloud. Précisément le mardi 4 décembre.

L’itinéraire sera communiqué ultérieurement.

Nous vous remercions »

Bamako, le 19 novembre 2018

Source : aBamako

aBamako

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