Application de la CDE: les vérités du Parlement des enfants

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Le Mali a célébré la journée mondiale de l’enfant, le lundi dernier, à la Maison de la femme sous le thème « Aller au Bleu pour chaque Enfant ». Cette célébration a été l’occasion, pour la faitière des enfants du Mali, de demander aux acteurs responsables d’être pragmatiques et d’agir en faveur des intérêts de la promotion de l’enfance.

Célébrée tous les 20 novembre, la journée mondiale de l’enfant commémore la signature de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Coïncidant avec la fête religieuse du Maouloud, elle a été fêtée au Mali, le lundi 19 novembre sous la présidence de la ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme DIAKITE Aïssata TRAORE. C’était en présence de la représentante de l’UNCEF au Mali, Lucia ELMI et de la Présidente du Parlement des enfants du Mali, Bassan Badiallo SOW.
Le thème « Aller au Bleu pour chaque Enfant » est un concept qui invite à plus d’espérance pour les enfants, de prendre des engagements concrets pour les enfants, en respect de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), signée par notre pays en 1990. Ce document juridique détermine une liste de droits de l’enfant, comme le droit à la santé, à l’éducation et le droit à être protégé de la violence et de la discrimination, et de faire entendre sa voix.
En violation à la CDE, selon Lucia ELMI, il y a plus de deux millions d’enfants, dont une majorité de filles, qui sont toujours en dehors du système scolaire et une fille sur deux est mariée avant 18 ans. De plus, ajoute-t-elle, un enfant sur quatre souffre de malnutrition chronique. Cette situation peu reluisante hypothèse non seulement l’avenir des enfants, mais constitue un sérieux handicap pour le développement durable du Mali.
Malgré ces faits, Lucia ELMI ne perd pas l’espoir qu’avec « un leadership fort et continu du gouvernement en faveur des droits contenus dans la CDE, l’on pourra réaliser le plein potentiel des filles et des garçons au Mali.» Auparavant, elle avait invité tous les acteurs à ‘’aller au Bleu pour les enfants’’, en imaginant notamment un Mali où chaque enfant est bien nourri, où chaque enfant a une école ouverte avec des enseignants bien formés.
Pour sa part, la présidente du Parlement des enfants du Mali ne cache pas son indignation malgré les efforts fournis dans le cadre de l’application de la CDE. Selon l’adolescente, le plein épanouissement de l’enfant, par le respect de ses droits comme promis, souffre de beaucoup de difficultés et de contraintes. Elle estime que celles-ci sont connues de tous.
« Un cadre juridique fourni mais peu efficace, une information et des données quantitatives insuffisantes, une volonté politique insuffisamment concrétisée, une coordination des actions peu efficace, une insuffisante participation du secteur privé dans la promotion et la protection des enfants, etc. », sont, entre autres incriminations de la présidente du Parlement des enfants sur le respect de leurs droits fondamentaux.
Par ailleurs, elle a également interpellé chaque acteur sur sa responsabilité en vue de matérialiser ses droits pour chaque Enfant. Alors, il est sans doute primordial que des mesures urgentes et inclusives soient prises pour assurer un avenir radieux aux enfants, a-t-elle indiqué. « C’est pourquoi je pense qu’il est grand temps, au-delà de ces célébrations traditionnelles, de nous pencher plutôt sur des actions plus participatives et inclusives où chaque Enfant sans distinction aucune puisse exprimer son plein potentiel », a-t-elle martelé.
La journée a été marquée également par l’illumination en bleu de l’ancien « Mur de la santé », sur la route de l’aéroport baptisé désormais « Mur bleu des enfants au Mali» par la ministre et les autres partenaires.

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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