Reformes politiques au Mali : Le RPM et l’EPM absents du débat L’Opposition occupe le terrain vide

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Le second mandat du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, démarre avec la pression forte de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali qui engage le pays sur la voie de grandes réformes politiques et institutionnelles. Mais, pour honorer cette promesse faite à la communauté internationale qui affiche, de plus en plus, un air impatient, il devra d’abord sauter la barricade formée par deux fronts de l’Opposition malienne. A savoir : le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) et la Coalition des Forces Patriotiques. Mais, pour cela, il ne peut véritablement compter que sur le soutien des membres du Gouvernement de Soumeylou Boubèye Maïga. Le manque d’engouement du Rassemblement pour le Mali (RPM) et de ses alliés de l’EPM (Ensemble pour le Mali) dans les débats autour de ces réformes est-il en train de conduire le régime dans la violence ? En tout cas le constat est là, palpable : IBK est une fois de plus abandonné à son sort, comme au (mauvais) vieux temps de la CMP (Convention de la Majorité présidentielle).

Sans doute, l’absence de sensibilisation de la part des partis de l’Ensemble pour le Mali (EPM) auprès des populations maliennes, indispensable pour la réussite des réformes initiées, semble pousser le régime à tomber dans la répression des marches pour tenter d’équilibrer les forces politiques sur le terrain. Qui ne se rappelle la répression à coup de matraques et gaz lacrymogène du rassemblement pacifique organisé contre les reformes en cours par le Front de sauvegarde de la démocratie (FSD) et la Coalition des forces patriotiques (COFOP), le vendredi 16 novembre 2018 sur l’Esplanade de la Bourse du Travail ? En tout cas, « tout ce qui est violent n’est pas désirable », disent les sages. Mais, le régime, de plus en plus, abandonné par les membres de la Majorité présidentielle, a-t-il vraiment le choix après tant d’efforts fournis pour la stabilisation du pays? Certes, le pouvoir a été conquis grâce à la bénédiction de l’ensemble des partis qui composent l’EPM, mais les soutiens des responsables de ces partis alliés ont remarquablement baissé depuis la constitution du 1er Gouvernement de ce second mandat du président IBK. Le RPM et ses alliés refusent d’aller au charbon. Et leur soutien au régime se réduit, aujourd’hui, au strict vote de ses députés en faveur des projets de loi préparés par le régime à l’Assemblée nationale. Bref, le président IBK et son Gouvernement sont laissés pour compte pour encaisser et amortir seuls les coups d’une Opposition coalisée et bien organisée. Les rares soutiens du pouvoir se limitent à ceux qui sont dans le Gouvernement. Et ils taisent dès leur éviction. L’exemple de Tiéman Hubert Coulibaly illustre ce cas de figure. Très apprécié pour ses réactions promptes aux attaques de l’Opposition, le président de l’UDD s’est complètement effacé ces derniers temps sur la scène des débats politiques.

Les autres soutiens à la candidature du président IBK en attente de leur récompense donnent aussi la triste impression d’aller à l’affront seulement avec en main le prix de leurs efforts lors de la présidentielle 2018. Même, les défenseurs en chef du régime comme Moussa Timbiné, Mamadou Diarrassouba, très présents dans les débats politiques, apprennent aussi à ne plus hausser le ton pour défendre les initiatives du pouvoir depuis la formation du 1er Gouvernement de ce second mandat d’IBK.

Quant au président du RPM et l’EPM, Bokary Tréta, non moins Directeur de campagne d’IBK à l’élection présidentielle 2018, l’on juge sa participation au débat largement en deçà de ce qui est attendu de lui. Cette attitude jugée amorphe du président du parti au pouvoir encouragerait-elle les autres alliés politiques à assister en spectateurs à la gestion des affaires de la cité notamment le combat pour l’aboutissement des réformes envisagées. Conséquence : c’est un pouvoir désarmé qui se bat contre de farouches adversaires politiques du FSD (opposition pro Soumaïla Cissé) et de la COFOP (farouchement opposée au report des législatives).

La Majorité présidentielle, à défaut d’organiser des marches, est même incapable d’initier des conférences ou meeting en guise de soutien au pouvoir. Seuls les partis de l’Opposition règnent, actuellement, en maître absolus sur la scène politique. Et le résultat est là ! IBK est aujourd’hui abandonné par ses alliés, et le Gouvernement vient à la rescousse par des tentatives de répression dont on n’est plus habitué depuis belle lurette.

Youssouf Z KEITA

Source : aBamako

aBamako

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