Répression de manifestations d’opposants : Ces plaintes pour juste amuser la galerie ?

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Porter plainte contre un Premier ministre, un ministre de la Sécurité et son Directeur régional de la Police, tous en fonction dans nos démocraties… tropicales et en espérer une quelconque suite fait simplement sourire. De deux choses l’une : une naïveté déconcertante ou une simple opération de com

-Maliweb.net- Au plan judiciaire, annoncent les opposants après la récente répression du meeting du 16 novembre, des plaintes, avec constitution de parties civiles, seront lancées contre le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, le ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, le général Salif Traoré, le commissaire divisionnaire Siaka B Sidibé, directeur de la Police du District et le commissaire principal Siriman dit Bah Tangara, commissaire du 1er arrondissement de Bamako. L’opposition FSD et COFOP accusent ces personnalités de « violations de la Constitution et de la loi, coups et blessures volontaires ayant entraîné de graves lésions ».

Il est plus que certain que, malgré l’indépendance de la justice, cette plainte va être soigneusement rangée dans les tiroirs de juge, « classée sans suite ». Aurait-elle servi simplement à amuser la galerie ? Les conseils des opposants ignorent-ils que cette plainte ne peut pas prospérer ? En pensant à cette invocation de la justice, l’on doit rappeler que des faits constitutifs de crimes portés devant le juge étaient restés lettres mortes.

En novembre 2014, plusieurs organisations de victimes, principalement des femmes ont déposé, auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de première instance de la Commune III de Bamako, une plainte avec constitution de partie civile pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. C’était au nom de 80 femmes et filles victimes de viols et d’autres formes de violences sexuelles commis lors de l’occupation du Nord Mali par les groupes armés, en 2012 et 2013. « La justice malienne doit ouvrir au plus vite une information judiciaire pour enquêter sur ces crimes commis à l’encontre des femmes et filles lors du conflit au nord du pays », avaient déclaré ces organisations. « Cela doit constituer une priorité pour les autorités judiciaires et politiques maliennes » ont-elles ajoutées. Puis, plus rien, à par quelques cas épars de crimes jugés lors des assises à Bamako ou à Mopti…. Faut-il rappeler qu’en janvier 2012, des groupes armés indépendantistes et djihadistes lancent une grande offensive au Nord du Mali. Au cours de leur offensive et de l’occupation des territoires conquis, des organisations de victimes ont pu établir que des membres de tous les groupes armés, sans exception, avaient perpétré des crimes sexuels en masse en ciblant particulièrement les femmes et filles de certaines communautés.

Le lundi 20 mai 2013, une association, le Bloc d’intervention populaire pour la réunification entière du Mali (Biprem) avait annoncé avoir porté plainte devant le Procureur général près la Cour d’Appel de Bamako contre l’ancien Président de la République, ATT, pour haute trahison et crimes contre le Mali. L’information a été donnée lors d’une conférence de presse, le mardi 21 mai à la Maison de la presse. Le BIPREM avait estimé que le président déchu, Amadou Toumani Touré, était le premier responsable de la descente aux enfers du pays… Mais, cette plainte aussi n’a été qu’une opération de communication. Sans aucune suite. La même association avait ensuite attiré l’attention en annonçant porter plainte contre le président de la République IBK pour disait-elle « haute trahison » sans aucune suite…

Auparavant, après les douloureux événements de 2012, le parti SADI d’un certain Oumar Mariko a porté plainte, le 1er août, devant la Cour de justice de la CEDEAO, contre la transition malienne. « Pour le parti Sadi, les autorités d’alors, notamment le président Dioncounda Traoré, ne sont pas légales ni légitimes, de même les organes qu’il envisage de créer et qu’il a annoncés dans un discours à la nation ne seront non plus légaux, car n’émanent pas ou ne sont pas prévus par la Constitution du Mali ».

Les avocats Mes Philipe Zadi, Mariam Diawara, Mamadou Gakou de SADI avaient tenu dans la foulée une conférence de presse au CICB pour dénoncer, avec véhémence, « les mesures de transition imposées le 26 avril par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO », avant de « soumettre le litige à la procédure accélérée compte tenu de l’urgence de la crise politique et institutionnelle » et « solliciter des mesures conservatoires pour interdire aux Etats membres et aux institutions de la CEDEAO toutes actions susceptibles d’entraver le règlement judiciaire du conflit élevé devant la Cour ».

Cette plainte d’une formation politique, alors bien audible au sein de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), le soutien sociopolitique de la junte de 2012, n’avait pu prospérer. Comment alors la répression à travers « coups et blessures » d’une manifestation interdite pourrait faire condamner les présumés auteurs, les gouvernants ? Une belle plaisanterie !

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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