Procès Manassa/Yalcoué : Pour mon pays, mon âme meurtrie de journaliste

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Le devoir de mémoire m’impose de rappeler la lutte entreprise par la presse pour la justice et la vérité. Ainsi, comme le souligne Emile Zola dans ” J’accuse “, est-il possible de garder le silence sur cette femme et ces hommes acharnés à la ruine d’un journaliste innocent pour n’avoir fait que son travail et qui, se sentant perdus s’il était sauvé, l’accablent avec l’audace désespérée de la peur ?

Comment les écarter de votre vue, alors que je dois vous montrer Yalcoué se dressant, faible et désarmé devant eux ?

Puis-je taire leur mensonge ?

Ce serait taire sa droiture héroïque.

Puis-je taire leur crime?

Ce serait taire sa vertu.

Puis-je taire la calomnie dont ils l’ont poursuivi ?

Ce serait taire sa récompense et ses honneurs.

Puis-je taire leur honte?

Ce serait taire sa gloire de journaliste fouineur.

Non, je parlerai.

Pour dire que Yalcoué n’a diffamé personne.

Sans les révélations de la presse

Jamais les casseroles des fossoyeurs de la République ne seront découvertes.

Et ils le savent mieux que quiconque.

Ils le savent tellement, qu’en tant que faiseurs des lois, ils les font en leur faveur.

La diffamation est ce bouclier créé à la mesure des fossoyeurs pour museler la presse chaque fois que l’épée de Damoclès plane sur leur tête.

Ouvrons les yeux pour imposer que les présumés coupables de détournements, de violations des droits, d’abus de toutes sortes, répondent de leurs actes ignobles.

Il n’y a pas lieu que les délinquants continuent d’arnaquer la presse et les populations par le concours aux lois scélérates.

Yalcoué a dénoncé des faits. C’est son devoir de journaliste d’informer les populations. Au cas où une personnalité publique ne serait pas d’accord avec lui, il est prévu des voies honorables comme le droit de réponse, le démenti dans son journal ou même à travers une conférence de presse. C’est la meilleure et de surcroît le seul moyen pour de se blanchir en toute vérité. La voie judiciaire, lorsqu’elle est particulièrement empruntée par un magistrat, qui dans ce cas dirige la Cour constitutionnelle, est inappropriée à convaincre.

Après tout, comment Manassa Dagnoko compte-t-elle nous convaincre qu’elle est blanche comme neige ?

Et comment la Justice, s’il y en a au Mali, n’ouvre pas d’enquête sur cette affaire ?

Bref, chers lecteurs, la liberté d’expression chèrement acquise en 1991 est mise à rude épreuve. Tenez-vous bien ! La loi sur les délits de presse au Mali stipule que le délai est de 20 jours entre la date de la plainte et celle du procès. Ce qui veut dire que la loi n’autorise pas que l’on tarde à rendre les jugements concernant la presse. Tarder avec le jugement, c’est maintenir plus longtemps la presse dans une situation inconfortable qui l’empêche de travailler dans la quiétude requise. C’est pourquoi la loi fixe ce délai que le juge devrait respecter. Or en ce qui concerne le procès d’hier, il y a plus de 20 jours entre le 29 octobre 2018 (date de la plainte) et le 29 novembre (date du procès). Autrement, le procès d’hier est frappé de nullité par la loi. Il ne devait pas se tenir, sauf pour libérer Yalcoué de toute poursuite. Attendons la fin de la procédure !

Mamadou DABO

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Source : Maliweb

Maliweb

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