Gouvernance et sortie de crise : Quand IBK« laisse » le pays à son Premier ministre Boubèye

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Ayant été le principal véritable artisan de la réélection du président de la République, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga s’octroie des coudées franches jamais accordées à un chef du gouvernement au Mali.
– Maliweb.net – Au four et au moulin, avec méthode et force de persuasion, le cinquième Premier ministre d’IBK a la baraka. Après le bref recul du ministère de la Défense aux côtés d’un Premier ministre Moussa Mara, qui a voulu le griller dans le dossier de la visite aventureuse de Kidal de main 2014, Boubèye parvient à sauter plus haut que l’establishment politique national. Pour atterrir comme chef du gouvernement et véritable vice-président sous un président plutôt en méforme politique. IBK a pris de l’âge et a en effet quelques soucis de santé. Le président doit se ménager mais il a dû déployer de l’énergie pour se faire réélire grâce, dit-on, au lobbying de poids de Soumeylou Boubèye Maïga. Celui-ci a mis les bouchées doubles tant diplomatiquement que politiquement pour que IBK parvienne à gagner l’élection présidentielle dans des conditions plutôt « difficiles»…
Et, à peine investi pour le second mandat, le locataire du palais de Koulouba trouve en son Premier ministre sécurocratie et stratège politique hors pair devant l’Eternel, l’accoudoir nécessaire pour « gérer » le pays. Un pays surtout traversé par diverses secousses de contestations et de déceptions. Qui d’autre qu’un homme de trempe et de rigueur pour étouffer les différentes velléités centrifuges ?
Le Premier ministre n’est pas aussi demandeur mais se plait à confier qu’il tient à « redresser le pays ». Il prend donc des galons et séduit les hommes en uniformes. On le voit régulièrement sur le terrain : à Mopti, à Kidal, Bandiagara, Koro, Téninkou, Gao, Ménaka, Tombouctou… le chef du gouvernement se fait respecter au point que par lapsus, ‘monsieur le président » lui est adressé….Il parvient vaille que vaille à engranger un léger mieux -être sur le plan sécuritaire. Et sous les instructions, le dispositif sécuritaire se voit en confiance et parvient à neutraliser le chef terroriste Amadou Kouffa. Une victoire non négligeable grâce à son engagement « nous irons chercher nos ennemis jusqu’au dans leurs dernier retranchement ». IBK peut à présent souffler surtout si sa santé lui cause quelques soucis….
Comme on le voit, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga aura tout obtenu durant ces trois dernières années d’un parcours politique anormalement rectiligne depuis l’avènement du président IBK au pouvoir. Il a été ministre de la Défense dans un gouvernement IBK I, avant d’être éjecté de son poste, et revenir en force en tant que chef du gouvernement. Comme un recul pour mieux sauter ?
Depuis, tout est allé très vite pour ce journaliste à la silhouette longiligne, grand sportif, au verbe haut, qui adore les effets de manche et les figures anaphoriques. Sous l’effet magique de la politique ! Sa nomination en tant que Premier ministre, un poste qui semblait lui être destiné de par son passé d’opposant au régime de Moussa Traoré, et sa formation de journaliste de haut niveau. Et, lorsque son gouvernement s’est installé après cette campagne au pas de charge de la présidentielle, qu’il a animée de bout en bout, avec et pour le compte de son candidat, c’est tout aussi naturellement qu’il a été reconduit à son poste. Voici donc l’homme qui est, malgré les difficultés, en passe de redonner espoir aux Maliens, après de nombreux soubresauts depuis le déclenchement de la crise de 2012.
Le Premier ministre apparaît donc aujourd’hui, comme un stratège chanceux qui doit son ascension à la volonté d’un homme : Ibrahim Boubacar Kéita. Et l’homme que l’on surnomme le tigre de Badala le lui rend bien, par des phrases stéréotypées du genre «il aime son pays ». C’est à Boubèye qu’on doit la boutade fétiche « surgir, agir et disparaître », agité pendant la campagne pour caractériser son candidat, présenté alors comme un homme qui peut sauver le pays.
Une phrase qui lui revient à la bouche, tel un leitmotiv, chaque fois qu’il montre ses muscles, est « J’assume !», prononcée avec douceur et conviction de celui qui est convaincu de son invulnérabilité, de la toute-puissance de son pouvoir, que rien ne peut ébranler. A travers la Primature qu’il dirige « avec la ruse et la rage », il est allé plus loin que tous ses prédécesseurs pour mettre le train sur les rails.

Comment craindre pour l’avenir de notre démocratie, quand on voit que l’homme est au four et au moulin, malgré les bourdes et critiques très acerbes de l’opposition ? N’est-ce pas pour ancrer le Mali dans concert des nations à travers des réformes majeures ? Le chemin de l’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions ! Boubèye se dit prêt à faire bouger les lignes, pour que les Maliens puissent se réconcilier entre eux, afin de faire face aux défis du développement tant économique que social.
Un arbitre dans un match de football, c’est fait pour être neutre, pour ne pas prendre partie. La crédibilité d’un arbitre tient à sa capacité à rester à égale distance entre les parties en conflit.
Boubou SIDIBE/Maliweb.net


Source : Maliweb

Maliweb

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