Vers un autre scandale de l’engrais frelate ?

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Considérés comme les plus aptes à fournir, aux paysans, de l’engrais en quantité et de bonne qualité, des industriels maliens ont été surpris de se voir privés d’une importante quantité de leurs commandes, au profit de simples importateurs. Notamment, ceux par lesquels le scandale de « l’engrais frelaté » a éclaté courant 2014. Chronique d’un second scandale annoncé.

La campagne agricole 2018-2019 suscite des inquiétudes. Tant au sein du monde paysan, que dans le cercle des fabricants d’engrais.
Lancé, récemment, l’appel d’offres pour la fourniture d’engrais serait émaillé d’irrégularités, de magouille. Le jeu de la saine concurrence ne serait pas respecté. Du moins, si l’on en croit nos sources, généralement, bien informées.
Ce sont, dit-on, les importateurs, notamment ceux par lesquels le scandale dit de « l’engrais frelaté » est arrivé, courant 2014, qui se seraient taillés la part du lion.
Pour permettre aux paysans maliens d’acquérir, pour la campagne agricole 2018-2019, de l’engrais de qualité et en quantité, le gouvernement a mis sur la table 226 milliards CFA.
Mais la magouille, qui a entouré le choix des fournisseurs, a faussé le jeu de la concurrence. Pire, elle a lésé les industriels au profit des importateurs.
Comment en 2014, les commandes les plus importantes ont été confiées par le trio, présidant l’ouverture des offres : Bakary Togola, président de l’APCAM et le ministère de l’Agriculture.
Et, curieusement, comme en 2014, c’est le même fournisseur de « l’engrais frelaté », qui se voit attribué le gros lot.
Mais va-t-on, comme en 2014, assister à un autre scandale de « l’engrais frelaté » ?
Pour les industriels maliens, dont la qualité du produit est reconnue dans la sous-région ouest-africaine, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Convaincus, qu’ils sont, que l’Etat malien n’a pas tiré leçon de ce scandale. Qui a causé, il y a quatre ans, une perte en rendements de 42 %. Soit, une production de 130.000 tonnes, l’équivalent de 40 milliards CFA, selon les experts.
« Que des gens puissent s’amuser à fournir, à nos paysans, des engrais frelatés ! Non ! Il s’agit d’une question de santé publique, de morale et d’éthique avec laquelle je serai intraitable », déclarait IBK, à l’époque, en recevant le rapport d’enquête sur l’engrais frelaté.
Engrais qui, selon ce rapport, « n’a aucune solubilité, ne répond en rien aux normes et ne pourrait que tuer la production nationale ».
Malgré tout, d’importantes commandes d’engrais viennent d’être attribuées aux fournisseurs d’engrais frelaté.
Considérés proches du RPM, ils se sont vu attribués la part du lion, par Bakary Togola et le ministre de l’Agriculture, non moins proches du RPM.
Guidés par le seul souci de faire du profit, disent les industriels, ces importateurs n’hésiteront pas à fourguer de l’engrais frelaté aux paysans maliens. Encouragés qu’ils sont par le fait qu’en 2014, ils n’ont écopé d’aucune sanction. En dépit de la déclaration d’IBK, qui se disait « intraitable » sur cette affaire.
Ayant eu vent de ce scandale annoncé, les paysans de la zone Office du Niger avait battu, en août dernier, le pavé pour dénoncer, d’une part, la crise d’engrais. Et, d’autre part, l’attribution du marché d’engrais à des importateurs controversés.
Oumar Babi / Canarddechaine.com

Source : aBamako

aBamako

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