Conflit intercommunautaire au Centre : « IR GANDA » fait des propositions à la crise entre Peuls et Dogons

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Il y a de cela plus d’un an qu’est née dans la région de Mopti, une crise opposant les communautés Dogon et Peul. Dans le but de résoudre le conflit, plusieurs actions ont été entreprises, mais presque la quasi-totalité est restée vaines. Une triste réalité qui a incité l’Association des Communautés de Culture Songhay, mouvement « IR GANDA » à s’impliquer davantage.

C’est dans ce cadre que le mouvement IR-GANDA a initié une série de rencontres avec le Collectif pour le Développement du sahel Occidental (CADSO), le 15 août, Ginna Dogon, le 06 Septembre et Tabital Pulaaku, le 11 Septembre 2018. L’objectif de ces rencontres est, pour IR-GANDA, d’exprimer ses vives inquiétudes devant les drames qui se déroulent dans la région de Mopti. Il s’agit aussi de suggérer une action commune afin de venir en appui à l’Etat dans sa mission régalienne de rétablir la paix et la sécurité des personnes ainsi que la protection de leurs biens sur l’ensemble du territorial national.

A l’issue desdites rencontres, un mémorandum de propositions de solutions en vue de résoudre les conflits intercommunautaires entre les belligérants, a été élaboré. Pour donner corps au document, il a été organisé jeudi dernier au siège d’IR- GANDA sis à Baco-Djicoroni ACI, une cérémonie de signature entre les trois présidents d’associations. La commission tripartite composée de quinze membres, dont cinq pour chaque association, a fait l’examen des causes du conflit. Selon le document, il s’agit à la base d’un conflit foncier entre agriculteurs et éleveurs, qui a été exacerbé par les phénomènes climatiques. L’accroissement de la démographie, le manque d’exploitation rationnelle et l’aménagement du terroir dans ses aspects concernant l’agriculture, l’élevage et les parcours de transhumance sont également cités. Les causes résident aussi, selon les auteurs du mémorandum, dans la gouvernance, l’absence de l’Etat, l’amalgame et le sous-développement.

Au terme des travaux, des recommandations ont été faites par la commission, en vue de résoudre le conflit. L’on peut citer entre autres, la mise en place des comités consultatifs par zone, la sécurisation des foires hebdomadaires, la création des conditions de retour des déplacés, l’application de la loi foncière, le recrutement de certains jeunes dans l’armée. Après la lecture des recommandations, ce fut la signature du document par les trois présidents, dont Mamadou Togo, président de Ginna Dogon, Abdoulaye Yoro Diallo, 1er vice-président de Tabital Pulaaku et Ousmane Issoufi Maiga, président du mouvement IR GANDA.

Pour Mamadou Togo, la signature constitue un grand pas dans la résolution du conflit, fruit d’une instrumentalisation, selon lui. « Le Dogon n’a rien contre le peul et vice versa, car nous sommes entremêlés sur un espace commun », a rappelé M.Togo.

Abdoulaye Yoro Diallo de Tabital Pulaaku a affirmé que son frère Dogon a déjà tout dit, qualifiant d’inacceptable le fait de coller l’étiquette « Djihadiste » aux « Peuls ». Ce qui, selon lui, ne résoudra pas le problème . Pour terminer, M.Diallo a longuement salué l’initiative d’IR GANDA, avant d’affirmer que la solution est dans les mains des autorités.

Pour sa part, le président d’IR GANDA, Ousmane Issoufi Maiga a déclaré : « cette fois-ci, c’est entre nous cousins et frère et nous avons la ferme conviction que c’est la solution définitive, parce que, nous-nous sommes concertés avec nos cousins et frères Dogons et Peuls ainsi qu’avec d’autres associations du Sud.» Parce que, a-t-il poursuivi « si nous ne réglions pas ce problème, ce qui se passe au nord dépassera le Centre pour atteindre le Sud, L’Est et L’Ouest du Mali.» Pour une sortie de la crise, au grand bonheur de l’ensemble des Maliens, un plan d’actions a été dégagé.

Le gouvernement doit poursuivre plus vigoureusement en justice les auteurs de meurtres, multiplier les patrouilles des forces de sécurité pour protéger les populations vulnérables, créer une ligne d’assistance téléphonique spéciale pour permettre d’alerter sur l’imminence d’une attaque et s’assurer que les forces de sécurité répondent aux violences rapidement et de manière impartiale. Le gouvernement Malien et ses alliés doivent affronter de front ce conflit avant que davantage de sang malien ne soit versé.

Seydou Diarra

Source : aBamako

aBamako

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