Soumaila Cissé, après la dispersion de la marche de l’opposition : « C’est l’occasion d’interpeller IBK »

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La marche organisée par le Front pur la Sauvegarde de la Démocratie et la Convergence des Forces Patriotiques, a été dispersée, samedi dernier, à Bamako. La police a interpellé plusieurs personnes, dont certains ont été incarcérés à la police du 1er arrondissement. Des organisations des Droits de l’Homme s’étaient déjà inquiétées de cette marche, vendredi dernier, condamnant la décision du gouverneur de Bamako, qui avait interdit « une manifestation publique ». Après avoir tenu une réunion, samedi soir, l’opposition a décidé de continuer la mobilisation et de durcir sa position.

Très tôt le matin, la police a bouclé la place de la liberté, lieu retenu pour le départ des marcheurs. Toutes les entrées de ladite place étaient interdites aux véhicules et aux piétons. Les organisateurs ont alors décidé de regrouper les marcheurs par commune, pour ensuite converger vers la Bourse du Travail. Certains se sont dirigés vers la Place de la Liberté. Aussitôt, ils ont été accueillis par des grenades lacrymogènes. La police ne voulait pas leur donner la possibilité de se rassembler à cette place. Ils ont riposté par des jets de pierres. La police les a acculés vers le grand marché où ils étaient pris au piège entre les étals des commerçants, dont certains ont plié leurs bagages, pour se mettre en sécurité. On voyait la fumée des pneus brûlés entre les kiosques et dans des endroits très fréquentés du marché de Bamako. Les autorités disent avoir interdit la marche, à cause de l’état d’urgence en cours. Aussi bien les leaders de l’opposition, que la foule provenant des communes, n’ont pu se regrouper, en un lieu précis. Parlant de l’objet de la marche, Soumaila Cissé du FSD, a indiqué : « Notre pays traverse quatre grandes crises, il y a la crise sécuritaire, aujourd’hui, dans le nord du pays, dans le centre du pays, les tueries sont monnaie courante, les coupures d’eau sont monnaie courante, les attentats, les assassinats sont monnaie courante, dans notre pays, c’est inacceptable. Ceci, d’ailleurs, conforté après, par une tentative de division du pays, de découpage qui n’a pas l’assentiment des populations. La deuxième crise, c’est une crise sociale. Aujourd’hui, les entreprises se meurent les corporations prospèrent, les préavis de grèves sont nombreux. La troisième crise, c’est une crise économique, une crise financière. Les entreprises aujourd’hui, se plaignent, les mandats ne sont pas payés, la situation économique est délétère, il n’y a pas d’investissement dans notre pays, il n’y a plus d’entretien des routes, il y a énormément de choses aujourd’hui, qui font que la crise financière est de notoriété publique. La dernière crise, c’est la crise politique, la crise postélectorale. Il y a un déficit de dialogue dans le pays et chaque fois qu’on veut faire quelque chose, qu’est-ce qu’on on a en face ? C’est la répression et la mauvaise gouvernance, appuyées sur la corruption, sur le népotisme. Nous avons un pays qui est en train d’aller à vau-l’eau. Nos jeunes n’acceptent pas qu’on brigue leurs libertés, ils n’acceptent plus qu’on ne manifeste pas conformément à la constitution de notre pays. Ces jeunes sont sortis massivement, les forces de l’ordre, instrumentalisés, malheureusement, ont continué à charger. Il y a des blessés, il y a des blessés graves, c’est une occasion d’interpeller les autorités, d’interpeller IBK, parce que, c’est lui qui a donné les ordres à son gouvernement pour empêcher les Maliens de profiter des libertés qu’ils ont acquises, durement, chèrement et même au prix du sang. Nous n’accepterons pas cela. Nous avons saisi les associations des Droits de l’homme de ce qui est arrivé au député Doumbia de SADI, qui a été molesté publiquement, malgré les attributs de sa fonction, ce qui prouve à suffisance que nous sommes en train d’aller vers une dictature rampante. Je crois que les Maliens doivent se lever à temps. »
B.D/Canarddechaine.com

Source : aBamako

aBamako

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