Les religieux à l’assaut de la scène politique : Le bateau « démocratie » prend de l’eau de toutes parts

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Certains leaders religieux ont décidé de combattre les tenants du pouvoir actuel. Le Premier ministre est voué aux gémonies et le chef de l’Etat est mis sous pressions intenses, qui pourraient plomber le chantier des futures réformes et échéances électorales.

 -Maliweb.net- L’Etat de droit a en aversion toute influence des religieux dans la sphère publique. Et Machiavel insiste sur la nécessité de « séparer le spirituel du temporel ». Et l’on note aujourd’hui la démocratie malienne est  en constant processus de dévoiement par une forme dangereuse d’intrusion des leaders religieux dans la sphère étatique. Des meetings et rencontres sont organisés pour exposer les « lacunes » et les difficultés de la gouvernance. Comme ce fut le cas lors du meeting du dimanche dernier au stade du 26 mars. Une rencontre qui était au départ qualifiée de « réunion de prière pour la paix et la réconciliation » qui s’est transformée en tribune de désaveu du pouvoir.

En effet, après la lecture du saint Coran, marquant l’ouverture des travaux,  l’honneur est revenu au président de l’IMAMA, Fodé Cissé,  du groupement des imams du Mali, de saluer les représentants des familles fondatrices de Bamako. Il a  déploré la situation sécuritaire déplorable que connaît le pays, avant de plaider pour la tolérance, justifiant des retrouvailles d’une paix durable pour notre chère patrie. Pour le vice-président du HCI, Mohamed Traoré, les retrouvailles du genre, s’expliquent, selon lui, par l’insécurité grandissante que vit actuellement notre pays. Tirant ces origines depuis la crise de 2012, cette insécurité a progressée pour atteindre aujourd’hui le Centre du pays. Occasionnant du coup un conflit intercommunautaire entre les différents peuples de cette aire géographique, qui vivaient ensemble depuis des siècles. Et l’Imam Traoré d’ajouter que l’insécurité a atteint aujourd’hui la capitale et menace tous les citoyens dans leur existence.

Compte tenu de cette situation, les musulmans sont interpellés. C’est pourquoi, ce grand meeting de prière et de bénédictions, a été organisé pour implorer le pardon de Dieu. Il a averti que désormais, « les musulmans vont s’impliquer dans la gestion des affaires publiques et même dans la politique ». Pour sa part, le président de la plateforme des jeunes musulmans et patriotes du Mali, Boubacar Doucouré, a mis l’accent sur la perte des valeurs islamiques chez les jeunes. Avant de lancer un appel aux plus hautes autorités du pays à tenir compte des aspirations des religieux

Le président du HCIM, Mahmoud Dicko, a remercié le chérif de Nioro, qui n’a pas finalement fait le déplacement, mais, a dépêché une délégation qui a annoncé son message. L’imam a saisi l’occasion pour demander aux communautés vivant au Centre et qui sont en conflit, de déposer les armes et de s’unir autour de notre destin commun, de la patrie commune.

Comme on le voit, avec de telles prises de positions, les religieux semblent décidés à choisir ceux et celles qui doivent diriger le pays. Car, en réclamant publiquement le limogeage du Premier ministre, c’est au fait un désaveu du chef de l’Etat qu’expriment ces milliers de musulmans. Au nom de quoi ? Ces acteurs ne peuvent-ils pas se constituer en parti politique d’opposition pour rentrer dans les formes classiques du débat démocratique ? Lequel trouve sa sève nourricière dans les urnes. Car, fait-il le rappeler, de la même manière que la prise des armes pour des revendications politique est universellement condamnée, les rodomontades de religieux sur des questions politiques constituent des violations flagrantes des principes démocratiques. En le faisant, comme on l’observe depuis plusieurs années au Mali, notre navire « démocratie », est en train de prendre de l’eau de toutes parts.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Source : Maliweb

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