Meeting du 10 février : Président jikan !

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Un, voire des messages (jikan) ! C’est bien ce que les organisateurs du meeting d’hier 10 Février ont envoyé hier au régime politique en place, tant par la mobilisation que par les propos tenus !

On peut estimer à plus d’un million le nombre de participants, hommes et femmes. L’on notera qu’il y avait beaucoup plus de monde hors que dans l’enceinte du Stade 26 Mars de 60.000 places assises !

Un détail : la quasi-totalité des partis d’oppositions étaient présents. Y compris leaders membres de la société civile hostiles au pouvoir en Place dont l’Inévitable Ras-Bath.

L’histoire retiendra qu’aucun incident majeur n’a été signalé et que les organisateurs ont eux-mêmes assuré la sécurité de l’évènement. Bien entendu sous le regard vigilent de la police laquelle, soit dit en passant, a joué sa partition !

Les Discours tenus par les organisateurs n’étaient nullement tendres avec le régime en place. «Démission du Président IBK, Haute trahison ; révolte, honte», étaient entre autres mots d’ordre.

Prenant la parole, l’Imam MahamoudDicko a indiqué que le Chéfir de Nioro a remis 50 millions en vue de l’organisation dudit meeting. L’essentiel, dit-il reste le Mali… «Ils cherchent à nous distraire pour s’octroyer l’essentiel : notre pays». «Le Président de la République, poursuit-il, nous entendra d’une manière ou d’une autre… ».

Une chose est sûre : les messages distillés au cours de ce rassemblement sont à prendre très au sérieux. Au demeurant, « la déclaration solennelle » rendue publique peut servir de source d’inspiration.

Nous y reviendrons !

B.S. Diarra

Autour de «l’appui financier du gouvernement» :

Et pourtant, le PM avait annoncé 100 et non 50 millions FCFA !

Dans son communiqué, le Gouvernement parle pudiquement «d’appui» et «d’assistance financière» et ne précise nullement le montant. Pourtant, quelques heures auparavant, Mahmoud Dicko précisait que le PM lui avait annoncé 100 millions et non 50. L’on constate donc un gap de 50 millions entre le montant annoncé et celui effectivement parvenu au H.C.I.M et par la suite rejeté. Que s’est donc passé ?

C’est dans le souci «d’apporter son soutien» à l’organisation du meeting du Haut Conseil Islamique que le gouvernement a justifié son «l’appui financier» sans précisé le montant exact mis à disposition.

Dans sa démarche visant à refuser l’offre, Mahmoud Dicko, image vidéo à l’appui, a évoqué la somme de 50 millions F CFA le vendredi 8 février. S’en est suivi quelques heures plus tard, le communiqué du gouvernement relatif à «l’appui financier» en question.

Mais à l’origine, il ne s’agissait pas de 50 millions F CFA, en tout cas, à en croire, Mahmoud Dicko. L’imam a en effet déclaré que Premier ministre lui avait annoncé en personne un don de 100 millions FCFA en guise de l’organisation du meeting du dimanche 10 Février.

Qu’est-il donc advenu des 50 autres millions ? Le donateur s’est-il rebiffé et a ramené le montant promis à sa moitié, ou le montant a été dégraissé chemin faisant ? Une éventualité qui n’est pas sans rappeler cette autre affaire des présumés 100 millions F CFA destinés au prêcheur Haïdara et censés provenir de la tendance Soumaïla Cissé.

B.S. Diarra

Encadré

Un gros déficit de confiance !
Un «appui financier» du gouvernement au Haut Conseil Islamique ne date pas d’aujourd’hui. Il aurait cependant été imprudent de la part de Mahmoud Dicko d’accepter le cadeau dans un contexte très particulier.

Que serait-il advenu si l’Imam avait accepté «l’assistance financière» du gouvernement ? Il est évident que dans les minutes qui auraient suivi, l’information serait disponible sur les réseaux sociaux avec toutes les interprétations imaginables. L’Imam aurait tout simplement perdu sa renommée et son prestige.

En refusant, il gagne du coup la bataille de la légitimité auprès de l’opinion publique nationale et prend le donateur dans son propre jeu. Dans son propre jeu ? Bien entendu ! Souvenez donc de ce proche du régime politique en place qui invitait le Premier Ministre SoumeylouBoubèye Maïga à acheter le silence des opposants Politiques ! Bien sûr, l’orateur cherchait à faire rire en invitant le PM à étancher la faim et la soif de ces opposants, selon lui, motivés par le seul appât du gain et du profit. Mais du coup, il a laissé paraître le système en vigueur.

Alors aux yeux de l’Imam, il ne s’agissait, ni plus ni moins que d’un piège. Autant le déjouer et le retourner contre son auteur. C’est bien ce qu’il a fait. Autrement, il (l’Imam Dicko) pouvait poliment rejeter l’offre au moment où le PM lui annonçait son intention de lui envoyer son appui financier «de 100 millions F CFA». Question de lui dire de ne même pas essayer !

Pour autant, le PM pouvait être de bonne foi dans la mesure où un éventuel appui financier était susceptible d’apaiser les rancœurs ainsi que la méfiance. Mais l’accepter pouvait comporter des risques pour un Mahmoud Dicko qui n’ignore rien non plus du différend opposant le donateur SBM à son Maître spirituel à lui, le Chérif de Nioro. Ce dernier n’a-t-il d’ailleurs «restitué» les 50 millions refusés ? Un message fort !

Un déficit de confiance combiné à des rancœurs politiques, c’est peut-être cela le problème !

B.S. Diarra

DÉCLARATION SOLENNELLE

RASSEMBLEMENT DE PRIÈRE ET DE RÉCONCILIATION POUR LA RECONCILIATION ET LE RETOUR DE LA PAIX AU MALI

Nous, Musulmans du Mali, rassemblés ce jour 10 Février 2019, au Stade du 26 Mars à Bamako

CONSIDERANT la gravité de la situation sécuritaire depuis un certain temps dans notre pays

RAPPELANT que la protection des personnes et de leurs biens fait parties des grandes missions régaliennes de l’Etat

CONSTATANT avec beaucoup d’amertumes la dégradation duclimat de coexistence qui a toujours prévalu entre différentes communautés partageant le même espace géographique, dégradation marquée, entre autres, par la multiplication des foyers de conflits intercommunautaires avec leur quotidien de pertes en vies humaines.

CONVAINCUS de la nécessité du pardon dans tout processus de réconciliation post-crise

CONVAINCU EGALEMENT du mérite du repentir en situation difficile, tant individuelle que collective

Déplorons que l’Etat, en dépit du soutien de la communauté internationale, peine à apporter une réponse appropriée à la question sécuritaire dans notre pays
Dénonçons avec la dernière énergie, tous ceux qui, de près ou de loin, portent une responsabilité, si minime soit-elle, dans la survenance et/ou l’activation des conflits intercommunautaires
Demandons ici et maintenant, aux communautés en conflit de privilégier le mécanisme de résolution de crises défini par nos valeurs sociétales et religieuses
Lançons un appel à toutes les Maliennes et à tous les Maliens, de l’intérieur comme de l’extérieur, à pardonner, se repentir et à prier pour le Mali.
Fais à Bamako le 10 Février 2019

LE RASSEMBLEMENT

Communiqué du gouvernement : Suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux
Suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux relative à l’appui financier proposé par le Gouvernement pour la tenue de la journée de prière pour la paix et la cohésion sociale

Comme cela a toujours été, le Gouvernement tient à réaffirmer sa solidarité et son soutien constant à toutes actions, à toutes manifestations, de toutes les confessions religieuses œuvrant pour le renforcement de la paix au Mali.

C’est dans cet esprit qu’une contribution financière a été octroyée au Président du Haut Conseil Islamique.

L’Etat ne saurait rester en marge de l’organisation d’un tel événement s’inscrivant dans la consolidation de la paix.

Le Gouvernement prend acte du fait que la rencontre ne requiert pas d’assistance financière et formule ses vœux de réussite à cette rencontre dédiée à la prière pour la paix au Mali.

Bamako le 8 février 2019

Source : aBamako

aBamako

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