Mali : orpaillages traditionnels, au Mandé, on ne compte plus les morts des Mines traditionnels

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L’orpaillage traditionnel constitue un réel danger public de nos jours. Une des plus grandes insécurités de l’heure, les morts des mines traditionnelles ne comptent plus dans le Mandé et sur d’autres sites.

Dans le cercle de Kolokani à 130 km de Bamako, dans le village de Massantola, une famille de plus pleure son fils à peine âgé d’une vingtaine d’année qu’une mine a enseveli. La mère du jeune homme est gardée à une chambre dans un état comateux, le jeune frère du défunt quant à lui les pieds dans le plâtre pleure doublement il a mal à cause de ses blessures mais surtout la perte de son frère qu’il a vu partir violemment et brusquement. Car ils étaient tous deux dans la mine avant l’instant fatidique où la terre s’est effondrée sur son frère, lui comme il le conte lui-même, par chance a été ‘emporté par une force mystérieuse’ à des mètres plus loin, ce qui d’ailleurs lui a sauvé la vie. Il s’en est sorti avec deux jambes cassées, son grand-frère qui venait d’avoir son bac et qui avait décidé le temps des vacances d’aller se faire un peu d’argent pour couvrir ses frais durant l’ année scolaire, également se faire une petite bourse qu’il désirait laisser à leurs parents vivant dans une situation d’extrême précarité dans leur village.

Le sort en avait décidé autrement pour cette famille Diarra, le Moussa a perdu la vie sous l’écroulement de cette mine traditionnelle, son corps sous les décombres lui ont servi de linceul et de tombe, sa famille avisée continue de pleurer sa mort.

Le cas de Moussa Diarra n’est pas isolé aux dires des habitants de cette localité, ils soutiennent perdre de plus en plus leurs fils sur les sites d’orpaillage. « En moins de 6 mois c’est notre 5ème fils que nous venons d’enterrer, ils refusent d’aller aux champs, ils préfèrent se rendre dans les mines en dépit des risques c’est une question de défi pour eux ils ont eu leurs camarades revenir avec beaucoup de l’or aussi ils pensent que s’ils ne font pas pareil, ils ne seront digne de leurs parents qu’ils veulent sortir de la pauvreté. Moussa était le seul soutien de son père mon frère. Il est le seul à avoir continué l’école il allait commencer ses études supérieure, vous avez-vous sa mère couchée, elle est ainsi depuis l’annonce de la nouvelle. Le père il est également dans un état de désespoir profond c’est toute une famille qui vient d’être détruite par la mine, on n’a même pas eu son corps … » une lamentation faite en pleure par Fanta Diarra, la jeune sœur du père du défunt. Remontée contre les autorités et les jeunes de son village, Fanta estime qu’on devrait interdire l’accès à ces jeunes aux mines traditionnelles.

Dans le Mandé au village de Farabana, la famille Camara a également vécu sa période de deuil, leur fils Amadou âgé de 36 ans et son ami d’enfance Fallaye ont tous deux perdu la vie à la suite d’un écroulement. Le premier est décédé sur le trajet allant du site (situé à la frontière Mali-Guinée) au centre de santé le plus proche, son ami Fallaye est mort sur place, il a eu le coup brisé par l’effondrement.

Nonobstant ces morts, les jeunes de ces localités ne changent point d’avis, une grande majorité se jure de faire fortune à se rendant dans les mines. D’aucun économise pour se munir de machines détecteurs d’or, d’autres avec juste un sac à dos contenant deux ensembles complets empruntent le chemin conduisant à un site d’orpaillage.

Quand la superstition domine la raison !

« L’or est mystérieux, c’est pour les Djinn et ils réclament très souvent du sang. C’est du sacrifice, le prix à payer pour que la moisson soit bonne. Vous allez constater qu’à chaque fois il y a un ou deux morts, on trouve beaucoup d’or. Nous tous qui fréquentons les mines nous le savons c’est pour ça que l’on ne se rend pas sur nos sites sans préparation mystique » témoigne Sidi un jeune orpailleur d’une trentaine d’année, il est soutenu dans ses propos par d’autres orpailleurs qui déjà se font petit à petit de l’argent grâce à quelques petites trouvées.

Quant à la gestion des autorités de tutelles des mines et celles chargées de la protection et de la sécurité des personnes sur ces mines, nous y reviendrons.

Par: KHADYDJATOU SANOGO

Source : aBamako

aBamako

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