Affaire Ousmane Christian Diarra: le SYNAC et le SYLIMAT sur le pied de guerre

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Malgré le calme apparent qui prévaut après la démission, jusque-là non acceptée du secrétaire général du Syndicat autonome des administrateurs civils (SYNAC), la méfiance semble encore grande entre pouvoirs publics et administrateurs civils et les travailleurs du ministère de l’Administration territoriale. En tout cas, la gestion faite par les plus hautes autorités du dossier Ousmane Christian DIARRA apparaît de plus en plus comme une autre menace sérieuse sur ce front.

Alors qu’il est déjà sur des braises ardentes, le gouvernement Soumeylou Boubèye MAIGA ou du moins certains de ses membres sont prêts à pactiser avec le diable pourvu que leurs intérêts personnels soient sauvegardés. Qui a intérêt à réveiller un vieux lion qui dort ? Face à ce qu’ils qualifient de harcèlement d’un des leurs, en l’occurrence Ousmane Christian DIARRA, le SYNAC et le SYLIMAT sont prêts à déterrer la hache de guerre. Selon une source syndicale, depuis quelque temps, l’Administration est en train de faire pression sur M. DIARRA pour qu’il regagne son poste à Kayes duquel il a démissionné en fin janvier 2019.

Les mêmes sources rapportent que la démission de l’administrateur civil dûment adressée à sa hiérarchie n’a pas été acceptée. « Non seulement sa démission n’est pas acceptée, mais aussi, l’administrateur civil est contraint par sa hiérarchie à regagner son poste sous peine de sanction », nous rapporte-t-on. Un « harcèlement » que le Syndicat autonome des Administrateurs civils dénonce et entend combattre.

Le SYNAC rappelle que la démission est un « droit » reconnu en République du Mali. Par conséquent, les administrateurs civils considèrent cet acte de l’autorité de tutelle comme une « volonté manifeste d’affaiblir » la direction du SYNAC. Dans un communiqué rendu public, ce mercredi 06 mars, les administrateurs civils, aussi bien du Syndicat autonome des Administrateurs civils (SYNAC) que du Syndicat libre des Travailleurs du ministère de l’Administration territoriale (SYLIMAT), expriment leur soutien ‘’total et entier au camarade Ousmane Christian DIARRA’’ et lui donnent l’assurance de faire ‘’obstacle, par les moyens légaux, à toute tentative de déstabilisation du SYNAC’’. Aussi, les deux syndicats appellent leurs militants à rester ‘’unis et mobilisés’’ pour des actions communes à venir.

‘’Considérant que les objectifs du SYLIMAT et du SYNAC sont la défense des intérêts matériels, moraux et professionnels de leurs militants ; considérant les résolutions issues du 5e congrès du SYNAC des 5 et 6 janvier 2019 relatives à la valorisation du corps des administrateurs civils ; considérant la démission du camarade Ousmane Christian DIARRA, secrétaire général du SYNAC, de son poste de conseiller administratif du gouverneur de la région de Kayes, le 24 janvier 2019 et les harcèlements administratifs dont il fait l’objet ; considérant que le droit de démissionner d’un poste de nomination est reconnu à tout agent de la fonction publique ; considérant la volonté manifeste de l’autorité de tutelle d’affaiblir la direction du SYNAC ; considérant la confiance placée par les militantes et militants au camarade Ousmane Christian DIARRA, lors des assises du 5e congrès des 5 et 6 janvier 2019 : exprimons solennellement notre soutien total et entier au camarade Ousmane Christian DIARRA et lui donnons l’assurance de faire obstacle, par tous les moyens légaux, à toute tentative de déstabilisation du SYNAC », indique la motion de soutien des deux syndicats.

Conseiller aux Affaires administratives et juridiques au Gouvernorat de Kayes, Ousmane Christian DIARRA avait remis sa démission, la veille de la nomination du Contrôleur général de Police Mahamadou Zoumana SIDIBE au poste du Gouverneur de la région de Kayes. Une démission conforme aux recommandations du 5e congrès du SYNAC.

Au cours également de ce rendez-vous, les admirateurs civils avaient dénoncé la ‘’militarisation’’ de la fonction de Gouverneur au Mali.

Par Sidi DAO

Source : aBamako

aBamako

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