A quoi ressemble le quotidien de l’armée allemande au Mali ?

9

Le danger est permanent. La Süddeutsche Zeitung a suivi une patrouille de l'armée allemande à Gao Mali. Il s'agit du plus important déploiement militaire allemand à l'étranger.

Le capitaine Sébastian K. est l'un des 800 soldats allemands présents au Mali. L'article ne révèle pas son nom de famille, "pour des raisons de sécurité". Sebastian K. était stationné à Gao lorsqu'il a reçu l'alerte : des islamistes radicaux attaquent un camp de la Minusma à Aguelhok, dans le nord-est du Mali. C'était mi-janvier. 10 soldats avaient perdu la vie dans l'offensive.

"La Minusma est depuis longtemps la mission des Nations Unies qui accuse le plus de pertes humaines. Près de 200 casques bleus sont morts au Mali, dont deux allemands". Il a fallu à peine deux heures à Sébastian K. et ses hommes pour arriver sur place à Aguelhok, à bord d'hélicoptères de l'armée de l'air canadienne. "Un drone allemand survolait la zone" pour analyser la situation. A côté des médecins allemands, "leurs collègues chinois, qui procurent les meilleurs soins médicaux sur la base d'Aguelhok, ont réussi à sauver presque tous les blessés graves parmi les soldats tchadiens." Cette coopération fascine Sebastian K. "Chaque pays apporte ses qualités pour la réussite de la mission."
"Nous devons être très attentifs"

Reste que le Mali est aujourd'hui "l'intervention militaire allemande la plus dangereuse. Il y a le risque d'attentats, des pièges d'explosifs."

Quand le sergent major Daniel K. part en patrouille à Gao, il explique : "nous voyons toujours des gens armés qui appartiennent à différents groupes, qu'on n'arrive pas à identifier au premier regard. Voilà pourquoi nous devons être très attentifs."

Daniel K. a été en Afghanistan. Gao lui rappelle d'ailleurs Kunduz, avec "la chaleur, le sable, les cours derrière des murs en argile." Mais quelque chose ici est différent. "Les habitants saluent amicalement, certains parlent allemand et nous interpellent 'Hallo Mister Bundeswehr'. Les enfants veulent leur faire des tope-là dans les mains."

La patrouille se fait à pied. "Cela ne servirait à rien de passer qu'avec des blindés dans les rues, explique le sergent major. La population doit savoir que nous sommes là pour leur protection et qu'elle peut nous faire confiance."

Les protéger des groupes radicaux, mais pas seulement, selon le commandant du contingent allemand, qui explique que "la masse des conflits armés au Mali n'est en ce moment pas due au terrorisme islamiste radical mais le résultat de tensions et de conflits entre les groupes ethniques du pays."

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here