51ème session du conseil des ministres du CILSS : L’équation de la réforme institutionnelle et du financement

Les ministres des Etats membres, réunis dans la capitale burkinabé, doivent plancher sur ces questions pour y apporter des solutions, afin de permettre à l’organisation régionale de faire face à ses missions
La 51ème session ordinaire du conseil des ministres du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) s’est ouverte hier à Ouagadougou dans la grande salle des conférences de l’hôtel Libya Laïco de Ouaga 2000. La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du ministre coordonnateur du CILSS, notre ministre de l’Agriculture, Kassoum Denon et de son homologue du Burkina Faso, Jacob Ouédraogo, en présence du chef de file des partenaires techniques et financiers, du directeur régional de l’USAID, Alex Dupez et du secrétaire exécutif du CILSS, le Dr Djimè Adoum du Tchad.
Etaient également présents bien évidemment plusieurs ministres des Etats membres de l’organisation et des représentants des partenaires techniques et financiers, des organisations sous-régionales comme la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), des organisations internationales.
A l’entame des travaux, le ministre burkinabé de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, a souhaité la bienvenue aux participants et rappelé que les Etats sahéliens ont connu ces dernières années des crises alimentaires qui ont été gérées de façon satisfaisante. Cela, grâce à la capacité d’anticipation développée par le CILSS à travers ses outils et ses instruments d’information et de gestion.
Selon lui, il s’agit à présent pour le CILSS d’accompagner les Etats pour renforcer la résilience des populations vulnérables à l’insécurité alimentaire grâce à des programmes structurants élaborés et en cours d’exécution dans nos différents pays.
Des progrès encourageants. A la suite du ministre burkinabé, tour à tour, les représentants de la CEDEAO, de l’UEMOA, de l’Union européenne, de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, du PNUD et d’autres organismes partenaires du CILSS ont témoigné de la pertinence et de l’efficacité de cette institution devenue un véritable instrument de lutte contre la sécheresse à travers le développement des projets et programmes de résilience.
Les représentants de la CEDEAO et l’UEMOA ont expliqué que le CILSS est devenu un allié clé dans plusieurs secteurs de la sécurité alimentaire. Ils ont rappelé, à ce propos, la concession directe par la Commission de la CEDEAO de la mise en œuvre de plusieurs projets de développement notamment du système régional d’information agricole (ECOAGRIS) doté d’un fonds de 18 millions d’euros soit 11,8 milliards de Fcfa. Ce projet est conçu comme un outil clé dans la construction de système d’informations agricoles intégrées crédibles dans les 17 Etats et est indispensable à la prise de décision et l’accompagnement de la réserve régionale de sécurité alimentaire.
Le chef de file des partenaires techniques et financiers, Alex Deprez, s’est réjoui des résultats et progrès accomplis sous la direction du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, président en exercice du CILSS. « Nous pouvons citer entre autres la poursuite de la mise en œuvre effective du Cadre harmonisé d’analyse de la vulnérabilité et de l’insécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Cet outil a permis de mettre à la disposition de la région et de ses décideurs des informations capitales sur la situation agricole et pastorale », a-t-il précisé avant d’évoquer la poursuite de l’élaboration des documents de Priorités résilience pays (PRP) et l’appropriation du processus par les pays membres. A ce jour, 6 pays ont déjà élaboré leurs PRP.
Mobilisation des ressources. Le ministre coordonnateur du CILSS, Kassoum Denon, a annoncé que la présente session se penchera sur plusieurs dossiers importants : la reconduction du mandat du secrétaire exécutif et de celui du directeur général du Centre régional AGRHYMET, la nouvelle organisation institutionnelle du CILSS, le renforcement de la coopération avec les Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA, la situation des arriérés de paiement des contributions des Etats membres mais aussi des dossiers importants comme le développement de la filière « gomme arabique » et de la filière « pomme de terre », la nouvelle politique « Genre » du CILSS et la construction du siège de l’Institut du Sahel, basé à Bamako, etc…
« S’investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et dans la lutte contre les effets de la sécheresse et de la désertification, pour un nouvel équilibre écologique au Sahel », telle est la nouvelle orientation du CILSS, a précisé le ministre Denon, qui invitera les pays membres à s’acquitter de leurs cotisations et arriérés de cotisations pour permettre à l’organisation d’avoir des ressources sures et durables indispensables à son développement.
Il faut noter qu’à ce jour, seuls le Mali et la Côte d’Ivoire sont effectivement à jour dans le paiement annuel de leurs cotisations d’où cet appel du chef de file des partenaires. « La question du financement du CILSS par ses Etats membres est devenu cruciale. A la date du 31 mars 2016, seuls deux pays sont à jour de leur cotisation. A cette même date, plus de la moitié des pays membres accumule des arriérés de paiement de plus de deux ans. Au total, les arriérés s’élèvent à près de 2 milliards de Fcfa », a déploré Alex Deprez, ajoutant que malgré les contraintes budgétaires, le financement du noyau dur destiné à mettre en œuvre les activités pérennes du CILSS, hors projets, doit être de la responsabilité des Etats membres.
Le ministre Kassoum Denon, insistera également sur le défi du renforcement de la gestion des projets au sein de l’organisation. « Le maintien et la prise en charge d’un personnel minimum par les Etats membres constituent le gage de la durabilité de notre institution », a-t-il précisé.
Cellule de Communication
Ministère de l’Agriculture

aBamako

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