Mot de la semaine : Clash

Le  mot clash, ou confrontation verbale violente,  est souvent utilisé par les rappeurs pour  se rendre justice après avoir  fait l’objet  d’une insulte ou une critique acerbe. Ce mot s’invite désormais sur la scène politico-médiatique malienne. Pour preuve, la semaine dernière le tonitruant et désormais adversaire  politique clairement déclaré  d’IBK, l’ex Premier ministre Moussa Mara n’est pas passé par mille chemins. Le dimanche  26 juin 2016, il a clashé son ex mentor dans l’affaire dite de la visite de Kidal. Son interview, en prélude à la sortie du rapport de la commission d’enquête parlementaire, est une réplique aux allégations qui s’y trouvent et qui le culpabilisent sans ambages. Notre confrère Anthony Lattier  de RFI, en lui posant la question de savoir s’il est responsable de la débâcle de l’armée à Kidal le 21 Mai 2014, Moussa Mara a été on ne peut plus clair. Il n’est pas allé de son propre chef à Kidal, mais avec le quitus et l’aval du Président de la République.  Son accueil par le chef de l’Etat et son discours à la nation au retour du PM le 17 Mai l’attestent éloquemment. Pour la débâcle de l’armée, il dit n’avoir pas donné d’ordre et que cela ne relevait même   pas de ses prérogatives. Comme pour dire que la boîte à pandore est désormais ouverte entre les deux complices de l’exécutif qu’étaient IBK et Moussa Mara.

Le second clash qui  défraie la chronique  depuis trois semaines est le combat fratricide à mort entre l’intrépide et le téméraire Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath et le tapageur prêcheur Bandiougou Doumbia connu pour ses diatribes vexatoires et insultantes. La pomme de discorde entre ces deux « célébrités » semble venir des critiques de l’animateur vedette de Maliba Info et de Renouveau FM qui ont dénoncé les prêches commerciaux de certains marabouts au point de rendre les jeunes en général et les  candidats aux différents examens en particulier fatalistes et partisans du moindre effort. Ras Bath a clashé ces méthodes d’un autre âge de Bandiougou et de bien d’autres marabouts en les qualifiant de vendeurs d’illusions. Il allégua que ces genres de pratique relevaient de l’escroquerie et de l’arnaque. Des infractions qui sont, du reste, passibles de 6 mois à 2 ans d’emprisonnement selon le code pénal malien. Bandiougou Doumbia, comme une réponse du berger à la bergère, a lui aussi clashé Ras Bath par des propos dépassant les limites de la décence et de la civilité, et tout cela venant d’un prêcheur musulman en plein mois de Carême. Ses propos sont d’une rare violence et d’une telle immoralité que Ras Bath, pour permettre à l’opinion nationale et même internationale de se faire une idée de qui est réellement le prêcheur Bandjougou Doumbia. On se rappelle qu’il fut celui qui humilia ATT, Dioncounda Traoré, Modibo Sidibé et bien d’autres hautes personnalités de l’époque. Le jeune Ras Bath, dans une élégance qui l’élève, se contentera de déballer tous les petits secrets et comportements indécents frisant la déviance et qui sont aux antipodes des valeurs islamiques dont le prêcheur Bandiougou Doumbia se voudrait l’incarnation. Comme pour dire que ce combat est loin d’être terminé. Où est l’Etat et qu’attend la Justice pour déclencher l’action publique ? L’éducation de nos enfants en dépend et avec elle, l’image du Mali aussi. Le ministre Choguel et la HAC sont attendus pour retirer les fréquences à ces radios des « mille collines ».

Le Troisième CLASH est venu de l’hémicycle. Les honorables députés ont aussi clashé « saint- Isaac » pour des supposés malversations financières en boycottant d’abord la plénière et en voulant en découdre totalement avec celui qui passe être le plus mauvais président de l’hémicycle du Mali indépendant. La République sous IBK est vraiment bananière.

Youssouf Sissoko

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Maliweb

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