Résolution 2295 du Conseil de sécurité : Ce qu’il faut savoir

La porte-parole de la Minusma, Radhia Achouri, était face à la presse, hier, au siège de la mission onusienne à Bamako. Au cours de son traditionnel point de presse hebdomadaire, elle a longuement échangé avec les journalistes sur la Résolution 2295 (2016) du Conseil de sécurité, portant sur le renouvellement du mandat de la Minusma, et adoptée avant-hier, à l’unanimité de ses membres.
Brièvement, a-t-elle expliqué, dans cette résolution, le Conseil de sécurité décide de deux orientations majeures. La première porte sur le processus de paix et dans ce cadre, la résolution appelle le gouvernement et les groupes armés signataires à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paix, en particulier les aspects politiques et institutionnels et ceux portant sur la défense et à la sécurité ; établit la restauration de l’autorité de l’Etat comme la finalité recherchée du processus de paix et souligne l’importance du redéploiement progressif des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées pour, entre autres, dissuader la menace terroriste. La résolution demande au Comité de suivi de l’Accord (CSA) et aux autres acteurs internationaux de maintenir leur soutien à la mise en œuvre de l’Accord, y compris par la nomination d’un observateur indépendant, tel que prévu dans l’Accord.
La deuxième porte sur le mandat de la Minusma et à cet égard, le Conseil de sécurité « renouvelle le mandat de la Minusma pour un an dans le cadre des recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général publié le 31 mai (S / 2016/498). Le Conseil rappelle que l’Accord pour la paix et la réconciliation est la pierre angulaire du mandat de la Mission et « réaffirme le rôle de bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général et établit le soutien à la mise en œuvre de l’Accord, notamment le rétablissement de l’autorité étatique, comme la priorité stratégique de la mission ».
Il prescrit à la Minusma de soutenir le redéploiement des Forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées, compte tenu de la détérioration de la situation sécuritaire et en vue de renforcer l’autorité de l’Etat. Il est question de renforcer les effectifs et la posture de la Mission en lui demandant de « prendre des mesures robustes et actives pour contrer les attaques asymétriques contre les civils ou le personnel des Nations Unies » ; d’autoriser une augmentation du nombre de personnel en uniforme : 2.049 soldats supplémentaires pour un effectif total autorisé de 13.289 militaires ; et 480 policiers supplémentaires pour un total de 1.920 policiers. Le Secrétariat travaillera en étroite collaboration avec la Minusma et les États membres pour générer les nouveaux effectifs aussi rapidement que possible.
Cette nouvelle résolution approuve la proposition du Secrétaire général de transférer la Force de réaction rapide et l’unité d’aviation associée de l’Onuci à la Minusma, après leur retrait de la Côte d’Ivoire au plus tard le 31 mars 2017. Elle exhorte également les pays contributeurs de troupes et de polices de la Minusma d’accélérer l’acquisition et le déploiement de tous les équipements nécessaires aux contingents et salue l’assistance aux pays contributeurs de troupes à la Minusma.
« Ce qui a changé dans le mandat c’est le langage explicite : c’est-à-dire, prendre des mesures robustes contre toute attaque asymétrique », a dit Radhia Achouri. Quant à la lutte contre le terrorisme, qui reste la principale menace et qui fait de la Minusma la mission la plus meurtrière déployée par les Nations Unies, elle reste sous la responsabilité de l’Armée malienne avec l’appui de la force française Barkhane, selon la porte-parole de la Minusma. Elle ajoutera que le partage de renseignements militaires continuera sur le terrain entre les forces armées maliennes, françaises et onusiennes.
Les pays contributeurs de troupes dont la majorité vient du continent africain bénéficieront de l’encadrement et un certain nombre d’équipements. Il convient de rappeler que les pays africains envoient leurs troupes sans avoir les moyens adéquats qu’il faut pour répondre à la menace asymétrique, tels que les hélicoptères de combats, les véhicules blindés, les drones et autres appareils pouvant détecter les engins explosifs. Avec la nouvelle résolution, ce sera « le personnel qu’il faut avec l’équipement qu’il faut », a annoncé Radhia Achouri.
Par ailleurs, la conférencière a relevé que le 29 juin, une ambulance blindée participant à un convoi de la Mnusma a heurté un engin improvisé ou une mine près de Bambara Maoudé, à 100 kilomètres au nord de Tombouctou. L’explosion n’a fait aucun dégât ni blessés. Des mesures de sécurité ont été mises en place dans le secteur et une enquête est en cours.
On apprend également que les 22 et 23 juin, le commandant de la Force de la Minusma, le général de division Michael Lollesgaard, a effectué une visite à Gao où il a rencontré un groupe de travail du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) qui s’est réuni pour mettre en place, dans les meilleurs délais, les conditions nécessaires pour rendre opérationnelles les premières patrouilles mixtes.
Rappelons que les bataillons mixtes seront composés de 600 combattants soit 200 de la Plateforme, 200 de la CMA et 200 des Famas par région (Kidal, Gao et Tombouctou). Le général Lollesgaard également visité les camps de la Minusma à Gao où il a rencontré les nouveaux contingents militaires chinois et bangladeshi.
A. DIARRA

aBamako

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