Nord du Mali : Rupture entre Gamou et IBK

Rien ne va plus entre le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et le général El Hadj Gamou, officier de l’armée malienne et leader de la communauté Imghad et du Groupe d’autodéfense Gatia. Conséquence : une rupture entre Bamako et le chef du mouvement qui a toujours affiché sa fidélité à la République et à ses principes. Autre conséquence : une montée vertigineuse de tension à Kidal entre les éléments de Gamou et ceux de la CMA.

Une certitude : El Hadj Gamou est un homme à la fois frustré et déçu. Et pour cause, cet officier, patriote, estime qu’il n’a bénéficié d’aucun égard de la part des autorités actuelles du Mali, précisément du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta. Dans l’entourage de Gamou, l’on va plus loin : « IBK a toujours affiché son hostilité à Gamou. Il pense que Gamou est l’homme d’ATT. Voilà pourquoi, le président a toujours refusé de recevoir le général… ».

En somme, depuis des mois, une grande frustration (colère ?) règne au sein de la communauté Imghad dont la fidélité et l’engagement à servir la nation n’ont jamais été pris à défaut. « Aujourd’hui, nous représentons la première force militaire au nord. Et pourtant, nous ne bénéficions d’aucune considération de la part des autorités. Mais tout ce que nous faisons ici à Bamako et à Kidal, nous ne le faisons pas pour quelqu’un, mais pour le Mali. Et personne ne peut remettre en cause notre patriotisme… Aussi, nous sommes rentrés à Kidal (ndlr : au mois de février 2016) par ce que nous y avons nos parents. C’est notre terre », ce sont là des propos que Gamou nous confiait au mois de février dernier, lors de son dernier séjour à Bamako.

Depuis cette date, le leader de la communauté Imghad a quitté la capitale pour se retrancher dans son fief à Takalot, à une trentaine de kilomètre de Kidal. Mais, ce qui en rajoute à la frustration de Gamou, c’est le fait que le président IBK aurait jusqu’ici refusé de le recevoir, contrairement aux membres de la rébellion de Kidal. Ceux-ci sont régulièrement invités à la table du président à Koulouba. Au même moment, plusieurs demandes d’audience de Gamou et de ses partisans demeurent sans réponse.

Dès lors, Gamou et ses partisans ont eu la conviction que pour être pris au sérieux par les autorités maliennes, il faut appartenir à la CMA. Pour ce faire entendre, il faut aller s’exprimer à Kidal et non à Bamako. Ce qui aujourd’hui peut expliquer l’attitude d’El Hadj Gamou.

Tension à Kidal

Conséquence ? Depuis quelques jours, la tension ne cesse de monter à Kidal. La raison ? Le 19 juin dernier, les combattants du Gatia auraient érigé deux check-points aux entrées nord et sud de la ville. En réponse, les combattants du Hcua répliquent avec des tirs d’armes automatiques. Panique dans la ville. Les combattants des deux côtés prennent positions en divers endroits de la ville. Ceux du Hcua tentent de démanteler les check-points. En vain.

Après des pourparlers, le Gatia accepte de lever le check-point du sud, mais garde celui du nord.

Face à cette tension, Bamako tente d’intervenir afin d’éviter le pire. Mais El Hadj Gamou est injoignable. Selon certaines sources, depuis des semaines, il refuserait de prendre tous appels téléphoniques en provenance de la capitale. Depuis des semaines, le chef de l’Etat lui demande de rejoindre Bamako. Mais il refuse. « Il faut craindre le pire de son côté », nous indique une source.

En définitive, pour décanter la situation à Kidal et surtout éviter que Gamou aussi n’entre dans une nouvelle rébellion, les autorités maliennes ont sollicité le concours du Niger. Aussi, le week-end dernier, une rencontre s’est tenue à Niamey. Elle regroupait les représentants de la CMA, du Gatia et d’autres acteurs de la crise. Le nouveau Haut représentant de l’Etat dans le processus de paix, l’inspecteur général de police Mahamadou Diagouraga était présent.

La Rédaction

aBamako

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