Conférence de l’OCDE : où sont passés les 2 000 milliards ?

Neuf mois après les promesses des 64 pays et organismes d’apporter une aide financière au Mali pour son développement économique, notamment pour les régions du nord, nous avons voulu savoir où en étaient les décaissements…

« Ce qui a été possible pour le Mali en trois ans, doit être possible au-delà du Mali », déclarait le chef de l’État français, François Hollande, lors de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, qui s’est tenue en octobre dernier à Paris, au siège de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). Neuf mois plus tard, les 2 000 milliards de francs CFA (environ 3 milliards d’euros) promis au Mali par les 64 pays et organisations régionales et internationales partenaires tardent à tomber dans les caisses de l’État. C’est du moins le constat au niveau de la direction nationale du trésor et de la comptabilité publique. Selon nos sources, seul le Canada a pour l’instant effectué un Appui budgétaire sectoriel (ABS) à l’endroit du Mali, mais le montant exact de cette contribution n’a pas été divulgué pour le moment.

La conférence de Paris faisait suite à la signature, entre mai et juin 2015 à Bamako, de l’Accord pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et les groupes armés. L’objectif de la rencontre était donc de trouver les fonds à investir dans les projets de développement et dans la sécurité, notamment dans les régions du nord, où près de 400 milliards de francs CFA doivent y être consacrés. Quant à l’Appui budgétaire global (ABG) promis par les grandes puissances telles que la France, il faut attendre les conseils d’administration et assemblées générales des institutions financières, qui se déroulent généralement entre septembre et octobre. Pour Barema Bocoum, chargé de mission au ministère de l’Économie et des Finances, les premiers fonds de l’Agence française de développement (AFD), une promesse de 360 millions d’euros, seront bientôt disponibles.

Transparences des fonds

Dès le lendemain de la signature des accords entre le Mali et ses partenaires, des voix se sont levées, notamment celles des organisations de la société civile, pour réclamer que les 2 000 milliards soient investis de manière transparente et effective comme le prévoient les textes. Pour Moustapha Doumbia, chef de division contrôle à la direction nationale du trésor, un contrôle rigoureux est effectué sur chaque fonds hébergé au niveau de la direction, « le Mali et le pays donateur collaborent ensemble afin que rien n’échappe à personne », explique-t-il. Une affirmation qui ne rassure pas vraiment les Maliens, qui ne se souviennent pas de l’usage réservé aux 3 288 milliards de francs CFA offerts au Mali par les 56 pays et institutions, à Bruxelles en 2013…


Africatime

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