Douanes maliennes: Plus de 46 milliards FCFA de recettes mobilisés en juin

L’on a coutume de dire que les bonnes nouvelles ne tombent pas tous les jours. C’est pourquoi, lorsqu’elles arrivent, elles doivent être annoncées avec la manière. Aujourd’hui au Mali, la bonne nouvelle n’est pas seulement la formation du nouveau gouvernement. Elle s’annonce aussi à la Direction Générale des Douanes (DGD) où, pour une fois, elle réalise un record dans la mobilisation des recettes dans la branche des marchandises solides. Ainsi, oscillant habituellement dans la fourchette de 25 milliards FCFA, cette fois ci, elle s’est hissée au delà des 30 milliards FCFA en juin passé, plus exactement 30,691 milliards FCFA. Pour la première fois depuis environ deux ans, les recettes des produits pétroliers se contractent pour se limiter à seulement 15,390 milliards FCFA. Soit un total d’environ 46,114 milliards FCFA. Mais ce qui ne transparaît pas dans ce cumul, c’est la subvention accordée par les pouvoirs publics sur les produits pétroliers. En d’autres termes, chaque fois que les prix des hydrocarbures flambent sur le marché international, l’Etat du Mali renonce volontiers à une partie de ses revenus pour permettre aux consommateurs d’acheter moins cher le carburant à la pompe.
C’est dans ce cadre qu’en juin passé, l’Etat a du renoncer à 4 milliards FCFA de recettes, privant la DGD de cette coquette somme.Déjà, le directeur général de l’Office des Produits Pétroliers (ONAP), Zoumana Mory Coulibaly avait annoncé les couleurs sur les antennes de l’ORTM à l’issue du dernier conseil d’administration de l’ONAP. En sa qualité d’ancien patron du Bureau de pétrole des douanes maliennes, Zoumana Mory Coulibaly savait de quoi il parlait en annonçant la nouvelle en début du mois de juin. C’est dire qu’en comptabilisant les 4 milliards FCFA de recettes perdues sous forme de subvention sur les hydrocarbures, les recettes brutes de la DGD devraient normalement afficher les 50 milliards FCFA au compteur. Une première dans l’Administration des douanes du Mali.
Est-il besoin de rappeler que le Mali est le seul pays de la sous région où le carburant coûte le moins cher, au point que certains opérateurs économiques cupides se permettraient de réexporter ce produit subventionné en destination de certains pays voisins, notamment le Sénégal et la Côte-D’ivoire d’où le Mali importe son pétrole. Chacun de ces pays dispose d’une raffinerie. En principe, le carburant doit y revenir moins cher si leurs Etats fournissaient autant d’efforts pour leurs citoyens. Mais, tous les pays ne sont pas comme le Mali. Certains partenaires financiers, notamment le Fonds Monétaire International a tout fait pour le Mali applique la réalité du prix à la consommation. Les gouvernements successifs sont restés de marbre à cette exigence pour des raisons stratégiques et sécuritaires. Pourquoi le gouvernement actuel va se soustraire à cette mesure ? Encore qu’aucune urgence ne presse pour aller à cela. Mais, pour la réexportation, certains pays voisins, comme le Sénégal ont du montrer leurs muscles en vue de dissuader nos opérateurs véreux à poursuivre ces genres de négoce prohibé à bannir des pratiques commerciales. Surtout que, l’axe Mali-Sénégal était dominé par des camionneurs qui y transportaient du carburant sous forme de secours. En plus de leur réservoir normal, ils avaient aménagé plusieurs réservoirs de secours. Certains camions en comptaient plus de trois sur la remorque. Le pot-au-rose a été découvert par les revendeurs sénégalais qui ont attiré l’attention de leurs autorités, qui ont sévi contre les nôtres. Depuis lors, le circuit Sénégalais a été fermé à nos fraudeurs. Sur l’axe Mali-Guinée aussi, les nombreuses saisies de la Douane ont fini par décourager les trafiquants qui y renoncent de plus en plus.
Puis que le pétrole est produit fluctuant qui se meut selon les humeurs des grands du monde, la DGD a décidé d’axer davantage ses efforts sur les produits non pétroliers pour renflouer les caisses de l’Etat, qui en a réellement besoin. Selon des sources bien informées, les recettes des Impôts se contractent de plus en plus. Est-ce à cause de la crise qu’elle a de la peine à atteindre ses objectifs de recettes ou tout simplement la Direction générale actuelle a du mal à maîtriser les outils de mobilisation de recettes ? Difficile de répondre à cette question. Le moins qu’on puisse dire est qu’aujourd’hui, la DGD constitue une source sûre de rentrée de recettes, permettant à l’Etat de faire face à ses obligations. La réussite de ce challenge, comme aime le dire le DG Modibo Kane Kéita, lui-même est le résultat d’un travail collégial. Aujourd’hui, c’est une fierté pour les gabelous, à chaque niveau que ce soit, d’associer leurs noms au résultat engrangé. Le patron lui-même se cache derrière ses verres blancs pour passer inaperçu. Cet homme, qui fait même la fierté au delà de nos frontières, mérite un encouragement des plus hautes autorités du pays et même des opérateurs économiques vertueux pour lesquels, il se bat au quotidien pour les préserver de la concurrence déloyale de la part des importateurs fraudeurs.

M. A. Diakité

aBamako

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