Mali: nouveaux rassemblements dans le calme à Gao, au lendemain de violences

Bamako - Des jeunes de Gao, dans le nord du Mali, ont organisé mercredi des rassemblements sans incident signalé, au lendemain d'une manifestation violente marquée par trois morts contre une disposition de l'accord de paix de 2015, selon des habitants joints par l'AFP depuis Bamako.

"A Gao, ce (mercredi) matin, de petits groupes de jeunes ont organisé des mouvements sporadiques de protestation pour dénoncer les violences d'hier (mardi) contre les manifestants.

Mais il n'y a pas eu d'incidents, même si la police est intervenue dans un quartier pour disperser les manifestants", a affirmé Hama Diallo, un étudiant.

Mardi, selon une source hospitalière et les autorités, trois civils ont été tués et une trentaine de personnes blessées lors d'une manifestation de jeunes dénonçant la création d'autorités intérimaires dans les régions administratives du nord du Mali, une disposition prévue par l'accord signé en 2015 et censée ramener la paix dans le pays en proie à des troubles.

Selon plusieurs témoins, les violences ont éclaté lorsque des forces de sécurité sont intervenues pour disperser les manifestants, arguant de la non-autorisation du rassemblement. Certains témoins ont mis en cause des militaires, d'autres des policiers dans les tirs mortels. De source
hospitalière, les civils tués l'ont été par balle.

Un enseignant résidant à Gao a fait état de tirs de sommation entendus mercredi matin dans la ville et de rassemblements d'ampleur moindre par rapport à la veille. "Le calme revient, mais les jeunes sont toujours en colère", a-t-il dit sous couvert d'anonymat.

"Les autorités régionales font tout pour que la situation redevienne calme, pour qu'elle ne dégénère pas. Mais ce n'est pas facile", a de son côté déclaré un élu de Gao ayant requis l'anonymat.

"Des messages sont lancés sur les radios locales pour éviter de nouvelles manifestations. Pour le moment, nous pouvons avancer que ça va ", a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Dans un communiqué commun publié mercredi, 19 organisations maliennes et internationales de défense des droits de l'Homme ont dénoncé "la répression violente" de la manifestation de mardi à Gao, évoquant un bilan de "quatre morts et une trentaine de blessés, dont au moins trois cas graves".

Elles demandent "l'ouverture rapide d'une enquête afin de faire la lumière sur les faits et responsabilités et en sanctionner les auteurs et
responsables".

Une telle enquête est "impérative pour le maintien d'un climat de confiance entre les populations et les forces de défense et de sécurité maliennes", estiment ces ONG, incluant l'Association malienne des droits de l'Homme (AMDH) et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH).

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aBamako

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